Super Jaimie (The Bionic Woman) – 1976
Super Jaimie est la série américaine créée par Kenneth Johnson pour ABC, dérivée de L’Homme qui valait trois milliards, qui a fait de Lindsay Wagner une héroïne bionique au grand cœur. Une oreille capable d’entendre à des centaines de mètres, un bras qui tord l’acier et des jambes plus rapides qu’une voiture : Super Jaimie a fait son apparition sur les écrans américains en 1976.
Super Jaimie : fiche technique
Titre original : The Bionic Woman
Création : Kenneth Johnson, d’après l’univers du roman Cyborg de Martin Caidin
Production : Harve Bennett (producteur exécutif), pour Universal Television
Avec : Lindsay Wagner (Jaimie Sommers), Richard Anderson (Oscar Goldman), Martin E. Brooks (Dr Rudy Wells), Lee Majors (Steve Austin, en invité)
Format : 58 épisodes d’une cinquantaine de minutes, en trois saisons
Diffusion américaine : sur ABC du 14 janvier 1976 à mai 1977, puis sur NBC de septembre 1977 à mai 1978
Diffusion française : sur Antenne 2, à partir du 19 septembre 1976, avec Dominique MacAvoy pour voix française de Lindsay Wagner

Synopsis : Jaimie Sommers, l’institutrice bionique
Super Jaimie raconte l’histoire de Jaimie Sommers, joueuse de tennis professionnelle et amour de jeunesse de l’astronaute Steve Austin. Grièvement blessée dans un accident de parachute, elle reçoit à son tour des implants bioniques : les deux jambes, le bras droit et une oreille droite capable de capter une conversation à grande distance. Remise sur pied, Jaimie s’installe à Ojai, en Californie, dans une dépendance du ranch de la mère de Steve, et devient institutrice dans une école de la base aérienne voisine.
En échange de cette seconde vie, elle accepte des missions pour l’OSI, l’agence gouvernementale dirigée par Oscar Goldman. Chaque épisode de Super Jaimie mêle ainsi la vie paisible d’une maîtresse d’école et les missions d’espionnage, face à des savants fous, des trafiquants ou des agents étrangers. Jaimie préfère pourtant la ruse, l’humour et l’empathie à la force brute, ce qui la distingue nettement de son modèle masculin.

Super Jaimie, l’héroïne que le public a ressuscitée
Tout commence en mars 1975, dans un épisode en deux parties de L’Homme qui valait trois milliards intitulé The Bionic Woman. Le scénariste Kenneth Johnson y présente Jaimie, fiancée de Steve Austin, que l’OSI rend bionique après son accident. Mais son organisme rejette les implants et la jeune femme meurt à la fin du second épisode. L’histoire devait s’arrêter là. C’était sans compter les téléspectateurs : ABC reçoit un flot de lettres indignées, et les producteurs décident de ramener Jaimie à la vie.
À la rentrée 1975, un nouvel épisode double révèle qu’elle a été sauvée in extremis par une opération expérimentale, au prix d’une amnésie : elle a oublié son amour pour Steve. Cette astuce sépare les deux héros et ouvre la voie à une série indépendante. Super Jaimie démarre en janvier 1976 et s’installe aussitôt parmi les meilleures audiences de la saison. Kenneth Johnson signera ensuite une autre adaptation célèbre, L’Incroyable Hulk, avec Bill Bixby.

Un Emmy, les Fembots et le chien Max
En 1977, Lindsay Wagner remporte l’Emmy Award de la meilleure actrice dans une série dramatique, une récompense rare pour une série d’aventures fantastiques. Quelques mois plus tôt, à l’automne 1976, Super Jaimie avait offert à toute une génération ses plus beaux frissons avec les Fembots, des robots à l’apparence de jeunes femmes dont le visage s’ouvre pour dévoiler un enchevêtrement de circuits. Elles apparaissent dans l’épisode croisé Kill Oscar, face à un savant machiavélique joué par John Houseman.
Au printemps 1977, ABC renonce à une troisième saison et NBC récupère aussitôt la série. Richard Anderson se retrouve alors à incarner Oscar Goldman sur deux chaînes concurrentes à la fois, un cas presque unique dans l’histoire de la télévision américaine. Cette dernière saison accueille un nouveau compagnon, Max, un berger allemand bionique. Super Jaimie s’arrête en mai 1978, quelques semaines après la série mère.

Super Jaimie, un classique intemporel des séries des années 70
En France, Antenne 2 lance la série dès septembre 1976. Seuls vingt-six épisodes des deux premières saisons ont été doublés en France, les autres l’ont été au Québec, avant que La Cinq ne rediffuse Super Jaimie en 1986. Les fans retrouveront Jaimie et Steve dans trois téléfilms : Mission bionique en 1987, L’Espion bionique en 1989, avec une toute jeune Sandra Bullock, puis Mariage bionique en 1994, où les deux héros se disent enfin oui. Un remake tourné en 2007 pour NBC, avec Michelle Ryan, s’est arrêté au bout de huit épisodes.
Le succès de Super Jaimie tient beaucoup à son interprète. Lindsay Wagner refuse de jouer une simple copie féminine de Steve Austin et donne à Jaimie une fragilité, une curiosité et une chaleur qui tranchent avec les héros musclés de l’époque. Dans les cours de récréation, les petites filles imitent sa course au ralenti et tendent l’oreille comme elle, en guettant le fameux son bionique. À une époque où les femmes jouent surtout les faire-valoir dans les séries d’action, Super Jaimie prouve qu’une héroïne peut porter seule une série à succès.
Près de cinquante ans plus tard, Jaimie Sommers reste l’une des premières héroïnes d’action de la télévision, forte sans jamais cesser d’être douce. Revoir Super Jaimie, c’est retrouver le petit bruit métallique de son oreille bionique et le sourire de Lindsay Wagner, qui partage aujourd’hui son parcours et ses projets sur son site officiel.






