Deux flics à Miami (Miami Vice) – 1984
Deux flics à Miami (Miami Vice) est une série télévisée policière américaine créée par Anthony Yerkovich et produite par Michael Mann, dont le premier épisode fut diffusé sur NBC en 1984. Costumes pastel, Ferrari blanche, néons et synthétiseurs : Deux flics à Miami a fait entrer la télévision dans l’ère du clip et redéfini pour toute une décennie ce qu’une série policière pouvait ressembler.
Deux flics à Miami : fiche technique
Créateur : Anthony Yerkovich
Producteur exécutif : Michael Mann
Avec : Don Johnson, Philip Michael Thomas, Edward James Olmos, Saundra Santiago, Olivia Brown, Michael Talbott
Genre : Policier, action
Chaîne d’origine : NBC
Diffusion : aux États-Unis, du 16 septembre 1984 au 21 mai 1989 ; en France à partir de 1986 sur Antenne 2, puis sur La Cinq et M6
Format : 5 saisons, 111 épisodes d’environ 48 minutes
Musique : Jan Hammer
Production : Universal Television

Synopsis
James « Sonny » Crockett, inspecteur de la brigade des stupéfiants de Miami, vit sur un voilier avec un alligator pour compagnon et roule dans une voiture de sport saisie aux trafiquants. Son nouveau coéquipier, Ricardo Tubbs, débarque de New York sur la piste du baron de la drogue qui a tué son frère. Sous les ordres du taciturne lieutenant Martin Castillo, les deux hommes infiltrent le monde des cartels colombiens, des blanchisseurs d’argent et des marchands d’armes qui prospèrent sur les plages de Floride. Chaque enquête les oblige à jouer un rôle, et la frontière entre la couverture et l’homme finit régulièrement par se brouiller.
« MTV cops » : deux mots griffonnés sur un mémo
L’acte de naissance de la série tient en deux mots. Au début des années 80, Brandon Tartikoff, patron des programmes de NBC, aurait fait circuler un mémo portant la simple mention « MTV cops ». La chaîne cherchait une série policière capable de parler à la génération qui passait ses soirées devant les clips. Le projet atterrit entre les mains d’Anthony Yerkovich, ancien scénariste de Capitaine Furillo, fasciné par les chiffres qu’il avait lus sur les saisies d’avoirs en Floride : les policiers y roulaient dans les voitures des trafiquants. Michael Mann, futur réalisateur de Heat, prit la direction artistique du programme et imposa une méthode radicale, en traitant chaque épisode comme un long métrage.

Une palette pastel devenue une signature
La légende veut que Michael Mann ait interdit à ses décorateurs et costumiers tout ce qui relevait des tons terre : pas de marron, pas de rouge brique, pas d’ocre. À la place, du rose flamant, du turquoise, du bleu ciel, des blancs éclatants et des néons. Les équipes repeignirent des façades entières de Miami Beach pour obtenir les fonds voulus, contribuant à réhabiliter un quartier Art déco alors en déshérence.
Don Johnson y installa une silhouette copiée dans le monde entier : veste de lin aux manches retroussées sur un tee-shirt, mocassins portés sans chaussettes, barbe de trois jours et lunettes Ray-Ban, dont les ventes explosèrent. La Ferrari Daytona noire des débuts, en réalité une réplique, céda la place en 1986 à une Testarossa blanche fournie par le constructeur italien.
Jan Hammer, un générique numéro un au Billboard
L’autre coup de génie de Deux flics à Miami est musical. Le claviériste tchèque Jan Hammer, ancien du Mahavishnu Orchestra, composa un thème instrumental entièrement bâti sur des synthétiseurs et une guitare virtuelle. Le « Miami Vice Theme » atteignit la première place du Billboard Hot 100 à l’automne 1985 et resta le dernier morceau instrumental numéro un aux États-Unis jusqu’à « Harlem Shake » en 2013. Il valut à son auteur deux Grammy Awards en 1986. Porté par ce succès et par « You Belong to the City » de Glenn Frey, l’album de la bande originale trôna onze semaines en tête du classement américain des albums et demeura longtemps la bande originale de série la plus vendue de tous les temps.
La série ne se contentait pas d’illustrer : elle achetait les droits de tubes entiers, parfois pour des sommes considérables, et construisait des séquences comme de véritables clips. « In the Air Tonight » de Phil Collins, dans l’épisode pilote, reste l’exemple canonique de ce mariage entre télévision et pop, à une époque où la ville de Miami s’imposait aussi dans les hit-parades avec des formations comme Miami Sound Machine.

Un défilé d’invités et de futures vedettes
Passer devant la caméra de Deux flics à Miami devint rapidement un rite de passage. Miles Davis, James Brown, Leonard Cohen, Frank Zappa, Ted Nugent ou Willie Nelson y firent des apparitions remarquées, tout comme des acteurs alors inconnus : Bruce Willis, Julia Roberts, Liam Neeson, Chris Cooper ou Ben Stiller. Le vrai révélé de la série fut pourtant Edward James Olmos, dont le lieutenant Castillo, presque mutique, décrocha l’Emmy Award du meilleur acteur dans un second rôle en 1985, l’une des quatre statuettes remportées cette année-là par la production.
En France, Don Johnson fut doublé par Patrick Poivey, voix française de Bruce Willis, ce qui acheva d’ancrer le personnage dans la mémoire des téléspectateurs de l’Hexagone.
Un classique intemporel de la télévision des années 80
Après cinq saisons, la série s’acheva en mai 1989 sur un final désabusé, très éloigné du clinquant de ses débuts. Son influence, elle, ne s’est jamais démentie : sans Deux flics à Miami, il n’y aurait sans doute eu ni le soin cinématographique que les séries policières accordent depuis à l’image, ni la place centrale qu’y occupe la musique. La série a nourri toute l’esthétique synthwave des années 2010, inspiré un long métrage signé Michael Mann lui-même en 2006 avec Colin Farrell et Jamie Foxx, et continue d’incarner à elle seule une décennie.
Elle appartient à cette famille de fictions américaines des années 80 qui mêlaient action, glamour et décors ensoleillés, au même titre qu’Espion Modèle, lancée la même année. Pour en savoir plus sur la série, vous pouvez consulter sa fiche sur IMDb.
