Heidi – 1978
Heidi est la série germano-suisse réalisée par Tony Flaadt d’après les romans de Johanna Spyri, qui raconte en images réelles l’histoire de la petite orpheline confiée à son grand-père sur les alpages des Grisons. Des montagnes de l’Engadine, un chalet de bois et une fillette aux joues rouges courant dans les prés fleuris : Heidi a fait son apparition sur les écrans suisses en 1978.
Heidi : fiche technique
Titre original : Heidi
D’après : les romans de Johanna Spyri (1880-1881)
Réalisation : Tony Flaadt
Scénario : Irene Rodrian, Helmut Kissel et Uta Geiger-Berlet
Production : John Sevastopulo et Stefan Zürcher, pour Intertel Television, la SSR et Telvétia (Suisse, Allemagne de l’Ouest)
Musique : Siegfried Franz
Avec : Katia Polletin (Heidi), René Deltgen (le grand-père), Stefan Arpagaus (Peter), Katharina Böhm (Clara Sesemann), Joachim Hansen (Monsieur Sesemann), Brigitte Horney (la grand-mère Sesemann), Sonja Sutter (Mademoiselle Rottenmeier), Henry van Lyck (Sebastian)
Format : 26 épisodes de 26 minutes
Diffusion d’origine : à partir du 13 septembre 1978 sur la télévision suisse alémanique, puis en 1979 sur la ZDF en Allemagne
Diffusion française : sur Antenne 2, à partir du 17 décembre 1978, en 13 épisodes de 52 minutes le dimanche après-midi, puis dans Récré A2 à partir de novembre 1982 ; Séverine Zeigler prête sa voix à Heidi, Raymond Meunier au grand-père et Alexandre Sterling à Peter

De Francfort aux alpages, une enfance entre deux mondes
Heidi commence par un départ. Orpheline, la fillette est conduite par sa tante Odette chez son grand-père, un vieil homme bourru qui vit seul dans un chalet au-dessus du village de Dörfli, fâché avec les habitants comme avec le monde entier. Contre toute attente, la gaieté de l’enfant fait fondre ce cœur de pierre. Heidi passe ses journées sur l’alpage avec Peter, le jeune chevrier, rend visite à sa grand-mère aveugle et apprend à aimer chaque saison de la montagne.
Ce bonheur est brisé lorsque Odette revient la chercher pour l’emmener à Francfort. Heidi doit y tenir compagnie à Clara Sesemann, une fillette riche qui ne peut pas marcher. Sous la surveillance glaciale de Mademoiselle Rottenmeier, la petite montagnarde découvre la grande ville, les bonnes manières et la lecture, mais dépérit loin de ses sommets. Son retour au chalet, puis la visite de Clara dans les Alpes, offrent à la série ses moments les plus émouvants.

Heidi : Katia Polletin, une fillette choisie parmi des centaines
Pour incarner Heidi, la production cherche longtemps. Elle retient finalement Katia Polletin, une jeune Autrichienne d’une dizaine d’années, choisie selon les passionnés de la série parmi quelque 650 candidates. Son naturel, ses tresses brunes et son sourire désarmant feront d’elle, le temps d’une saison, l’enfant la plus célèbre des écrans européens. Face à elle, Stefan Arpagaus, un garçon suisse du même âge, prête ses traits à Peter.
Le rôle du grand-père est confié au comédien luxembourgeois René Deltgen, figure du cinéma allemand depuis les années 1930. Heidi sera sa dernière grande composition : l’acteur s’éteint au début de l’année 1979, quelques mois à peine après la première diffusion. Quant à Clara, elle est jouée par Katharina Böhm, petite-fille du célèbre chef d’orchestre Karl Böhm, qui poursuivra une longue carrière d’actrice à la télévision allemande.
Heidi : un tournage au cœur de l’Engadine
Le tournage de Heidi s’étend sur environ cinq mois : quatre durant l’été 1977, puis un mois en hiver pour les scènes enneigées. Les séquences de montagne sont filmées autour de Saint-Moritz, et le hameau de Grevasalvas, perché à près de 1 950 mètres au-dessus du lac de Sils, devient le village de Dörfli. Les extérieurs de Francfort sont tournés sur place, tandis que les intérieurs de la maison Sesemann sont reconstitués à Zurich.
Le chalet du grand-père a lui-même une histoire digne d’un roman. Construit en 1792 dans le val Bregaglia, il est démonté et transporté en 1977 sur l’alpe Albana pour les besoins du tournage, avant d’être déplacé de nouveau à Salastrains, au-dessus de Saint-Moritz. Rebaptisé « cabane de Heidi », il accueille aujourd’hui les randonneurs, qui viennent y retrouver le décor de leur enfance à plus de 2 000 mètres d’altitude.

Un générique qui chante encore dans les mémoires
Impossible d’évoquer Heidi sans fredonner son générique. Sur la mélodie orchestrale de Siegfried Franz, le parolier Jean-Luc Morel signe un texte français, chanté par Alexandra pour la diffusion en France, et par Marie-France accompagnée des Petits Chanteurs d’Ursy en Suisse romande. Ces quelques notes bucoliques, associées aux images de prairies et de sommets, ont bercé les dimanches après-midi d’Antenne 2.
Les petits téléspectateurs français ont d’ailleurs connu deux Heidi presque en même temps. Un an plus tard, le 22 décembre 1979, TF1 lançait à son tour le dessin animé japonais d’Isao Takahata, dont nous avons retracé l’histoire dans notre article sur Heidi, la série animée de 1974. Deux adaptations très différentes, l’une dessinée, l’autre tournée en décors naturels, mais une même émotion.
Heidi, un classique intemporel des séries des années 70
Rediffusée dans Récré A2 au début des années 1980, puis éditée en DVD, la série Heidi n’a jamais vraiment quitté le cœur de ceux qui l’ont découverte enfants. Elle appartient à cette belle famille de feuilletons européens pour la jeunesse, tournés avec de vrais enfants dans de vrais paysages, aux côtés de Fifi Brindacier ou de La Pierre Blanche.
Sa force tient à sa simplicité : pas d’effets, pas de méchants spectaculaires, seulement la tendresse d’un vieil homme et d’une enfant, l’amitié, le mal du pays et la beauté des Alpes filmée sans artifice. Revoir Heidi aujourd’hui, c’est retrouver l’odeur de l’herbe coupée, le tintement des cloches des chèvres et la douceur des dimanches d’autrefois. Les passionnés entretiennent d’ailleurs sa mémoire sur Heidi’s Land, le site de référence consacré à la série de 1978.





