Barbapapa – 1974
Barbapapa, c’est cette grosse silhouette rose capable de prendre toutes les formes, née sous le crayon d’un couple franco-américain et devenue l’un des dessins animés les plus doux de l’enfance. Avec ses sept enfants multicolores et sa formule magique, Barbapapa a fait son apparition sur les écrans français le 2 octobre 1974.
Barbapapa : fiche technique
Création : Annette Tison et Talus Taylor, d’après leurs albums publiés à partir de 1970 à L’École des loisirs
Production : Polyscope (Pays-Bas), à l’initiative de l’éditeur néerlandais Frank Fehmers
Animation : studio japonais Topcraft
Musique : Joop Stokkermans
Format : une centaine d’épisodes de 5 minutes, en deux vagues (1974 et 1977)
Diffusion française : ORTF, première chaîne, à partir du 2 octobre 1974, le mercredi après-midi
Narration française : Ricet Barrier
Générique français : Barbapapa, chanté par Ricet Barrier et Bernard Leloup, 45 tours chez Philips (1974)

Une barbe à papa au jardin du Luxembourg
L’histoire commence au printemps 1970, dans les allées du jardin du Luxembourg, à Paris. Talus Taylor, professeur de sciences américain installé en France, se promène avec sa compagne Annette Tison, étudiante en architecture. Un enfant réclame à ses parents une « barbe à papa ». Taylor, qui ne parle pas encore français, demande ce que signifient ces drôles de mots. L’explication l’amuse tant que le couple griffonne aussitôt, sur une nappe en papier de restaurant, une créature ronde et rose : Barbapapa est né.
Le premier album paraît le 19 mai 1970 à L’École des loisirs. On y découvre Barbapapa qui pousse comme une fleur dans le jardin du petit François, grandit à vue d’œil puis cherche sa place dans un monde trop étroit pour lui, jusqu’au jour où il sauve des enfants d’un incendie. Au fil des albums, il rencontre Barbamama, toute noire et élégante, et le couple voit éclore sept enfants, chacun avec sa couleur et son caractère.

La famille Barbapapa, sept enfants et sept talents
Tous les enfants de l’époque connaissaient la famille Barbapapa par cœur. Barbidur, le rouge, est le sportif de la bande ; Barbibul, le bleu, le savant toujours plongé dans ses expériences ; Barbidou, le jaune, l’ami des animaux et de la nature. Barbalala, la verte, joue de la musique ; Barbouille, noir et poilu, est l’artiste peintre ; Barbabelle, la violette, soigne sa coquetterie ; Barbotine, l’orange, ne quitte jamais ses livres.
Leur point commun, c’est le pouvoir de se métamorphoser à volonté : escalier, bateau, cage, fauteuil ou pont, selon les besoins de l’aventure. La formule magique, « Hop hop hop, Barbatruc ! », est entrée dans le vocabulaire des cours de récréation. Derrière les transformations, Barbapapa porte des idées très modernes pour l’époque : la protection des animaux, la lutte contre la pollution, le respect de la nature et une maison aux formes arrondies, bâtie de leurs propres mains, qui doit sans doute beaucoup à la formation d’architecte d’Annette Tison.

Barbapapa, du livre à l’écran
Le passage à la télévision est une aventure européenne et japonaise. L’éditeur néerlandais Frank Fehmers monte la production avec le studio Polyscope, tandis que l’animation est confiée au studio japonais Topcraft, dont une partie des équipes rejoindra plus tard le studio Ghibli. La musique, légère et sautillante, est signée du compositeur néerlandais Joop Stokkermans. Les épisodes durent cinq minutes à peine, juste le temps d’une histoire simple, racontée avec la même tendresse que dans les albums.
En France, Barbapapa arrive le 2 octobre 1974 sur la première chaîne de l’ORTF, quelques semaines avant l’éclatement de l’Office. Comme Chapi Chapo, lancé la même année, il s’installe dans les rendez-vous jeunesse de l’après-midi. La version française doit beaucoup à Ricet Barrier : le chanteur prête sa voix gouailleuse à la narration et interprète, avec Bernard Leloup, le célèbre générique sorti en 45 tours chez Philips.
Un générique que tout le monde sait chanter
Il suffit de quelques notes pour que la mémoire se réveille. Le générique de Barbapapa, avec son refrain répété comme une comptine et la voix chaleureuse de Ricet Barrier, fait partie de ces airs que plusieurs générations fredonnent encore sans avoir besoin de réfléchir. La chanson existe en deux versions : une courte pour l’ouverture des épisodes, et une longue, avec des couplets supplémentaires, gravée sur le disque.
Le succès dépasse vite l’écran. Barbapapa envahit les chambres d’enfants sous forme de peluches, de figurines, de puzzles et d’albums à colorier, puis d’un magazine. Dans les années 80, la sortie des épisodes en cassettes vidéo prolonge le phénomène : plus de 300 000 VHS de Barbapapa se vendent en France.

Barbapapa, un classique intemporel du dessin animé
Barbapapa n’a jamais vraiment quitté l’antenne. Après l’ORTF, la série revient sur TF1 dans Les Visiteurs du mercredi puis Croque Vacances, sur Antenne 2 dans Récré A2 et Câlin Matin, puis sur Télétoon à la fin des années 90. Une deuxième série, Barbapapa autour du monde, est produite au Japon en 1999, et une troisième, Barbapapa en famille, voit le jour en 2019. Elle est portée par Alice Taylor, la fille des créateurs, et son mari Thomas Taylor, qui perpétuent l’œuvre familiale.
Annette Tison s’est éteinte en 2010 et Talus Taylor en 2015, mais leurs personnages continuent de voyager : les albums ont été traduits dans plus de trente langues et le dessin animé a été diffusé dans plus de quarante pays. Plus d’un demi-siècle après sa naissance au Luxembourg, Barbapapa garde intacte sa douceur et son message de tolérance, ce qui en fait un classique intemporel. Toute l’actualité de la famille se retrouve sur le site officiel de Barbapapa.





