Ulysse 31 – 1981

Ulysse 31 est la série d’animation franco-japonaise créée par Jean Chalopin et Nina Wolmark, réalisée par Bernard Deyriès et coproduite par DIC et Tokyo Movie Shinsha. Un héros grec propulsé au XXXIe siècle, un vaisseau perdu dans l’univers d’Hadès, un équipage figé dans le sommeil : Ulysse 31 est arrivé sur les écrans français en 1981.

Ulysse 31 : fiche technique

Titre japonais : Uchū densetsu Yurishīzu Sātīwan
Création : Jean Chalopin et Nina Wolmark
Réalisation : Bernard Deyriès, avec Tadao Nagahama puis Kyosuke Mikuriya
Production : DIC Audiovisuel et Tokyo Movie Shinsha
Character design : Shingo Araki
Design des vaisseaux : Shōji Kawamori et le Studio Nue
D’après : l’Odyssée d’Homère
Musique : Denny Crockett et Ike Egan, avec Haim Saban et Shuki Levy
Générique français : interprété par Lionel Leroy
Format : 26 épisodes de 26 minutes, d’abord découpés en 156 modules de 5 minutes
Diffusion française : sur FR3, à partir du 3 octobre 1981, dans la case de 19 h 55

Ulysse 31 – jaquette de la série – dessin animé 1981

Synopsis : Ulysse 31 et la colère de Zeus

Ulysse 31 transpose l’Odyssée au XXXIe siècle. De retour de la guerre de Troie, le commandant Ulysse découvre que son fils Télémaque a été enlevé avec deux jeunes extraterrestres, Thémis et Noumaïos, pour être sacrifié au Cyclope. Ulysse détruit la créature et libère les enfants. Le sacrilège est immédiat : les dieux de l’Olympe le condamnent.

La sentence donne à Ulysse 31 sa mécanique dramatique. L’équipage du vaisseau Odysseus est plongé dans un sommeil artificiel, la route de la Terre est effacée, et le navire dérive dans l’univers d’Hadès. Pour rendre la vie aux siens, Ulysse doit trouver le royaume d’Hadès, guidé par l’ordinateur de bord Shyrka, accompagné de son fils, de Thémis la télépathe et du petit robot Nono. Chaque épisode est une escale : les sirènes, Circé, Charybde, le Sphinx, revisités en science-fiction.

Ulysse 31 – le vaisseau Odysseus – dessin animé 1981

Ulysse 31, une coproduction franco-japonaise sans précédent

Au début des années 1980, Jean Chalopin imagine chez DIC un modèle inédit : des scénarios écrits en France, une animation confiée aux meilleurs studios japonais. Ulysse 31 en est le premier chantier, et le plus ambitieux. Nina Wolmark écrit les épisodes en s’appuyant réellement sur Homère, Bernard Deyriès supervise depuis Paris, et Tokyo Movie Shinsha fournit une qualité d’animation qui n’a alors aucun équivalent à la télévision française.

Le casting technique japonais explique beaucoup du prestige d’Ulysse 31. Shingo Araki, futur character designer des Chevaliers du Zodiaque, dessine les personnages. Shōji Kawamori et le Studio Nue, qui viennent de concevoir les vaisseaux de Macross, imaginent l’Odysseus et ses navettes. La même méthode donnera ensuite Les Mystérieuses Cités d’or, puis Inspecteur Gadget.

Ulysse 31 – le commandant Ulysse – dessin animé 1981

Le générique d’Ulysse 31, un thème resté dans toutes les mémoires

Le générique d’Ulysse 31 est signé Denny Crockett et Ike Egan, la musique de la série étant complétée par Haim Saban et Shuki Levy. Sa version chantée en français est interprétée par Lionel Leroy. Nappes de synthétiseur, chœurs solennels, batterie électronique : le morceau tient autant du space opera que de la variété du début des années 1980, et il est resté l’un des thèmes de dessin animé les plus reconnaissables de la décennie.

Les images du générique posent la promesse en moins d’une minute : l’Odysseus traversant un ciel violet, les visages de l’équipage, la silhouette de Zeus au-dessus des nuages. Toute la mélancolie d’Ulysse 31 tient dans cette ouverture, celle d’un homme qui traverse l’espace pour rentrer chez lui et réveiller ses compagnons. Édité en 45 tours dès 1981, le thème a connu depuis des reprises orchestrales, des versions électroniques et une seconde vie dans les concerts consacrés aux musiques de dessins animés, où il figure au même rang que les grands génériques de la période.

Nono, Thémis et les dieux de l’Olympe

Une série aussi sombre avait besoin d’un contrepoids : ce sera Nono, petit robot jaune et bleu, maladroit, geignard et attachant, chargé d’apporter la respiration comique et de dire tout haut la peur que les héros taisent. À l’inverse, Thémis, dotée de pouvoirs télépathiques, sert de lien avec le monde des dieux et annonce souvent les catastrophes à venir.

Ce qui frappe encore, c’est la noirceur du propos. Ulysse 31 met en scène des divinités capricieuses et cruelles, des compagnons réduits à l’état de gisants dans leurs caissons, un père hanté par sa faute. La série interroge le sacrifice, l’obstination et la culpabilité, thèmes rares dans un programme diffusé à l’heure du dîner. Les enfants de 1981 en ont gardé une inquiétude durable, et une familiarité précoce avec la mythologie grecque.

Ulysse 31 – Ulysse, Télémaque, Nono et Thémis – dessin animé 1981

Ulysse 31, un classique intemporel du dessin animé

Diffusée d’abord en modules quotidiens de cinq minutes, la série est très vite rediffusée en épisodes complets, puis reprise pendant des décennies sur France 3, France 2 et France 5. Ulysse 31 a été vendue dans une trentaine de pays, éditée en disques, en albums et en coffrets, et n’a jamais vraiment quitté l’antenne. Vingt-six épisodes seulement, aucune suite : la rareté a sans doute contribué au statut de la série.

Aux côtés d’Albator, le corsaire de l’espace et des grandes odyssées spatiales de l’époque, Ulysse 31 occupe une place à part : celle d’un dessin animé qui a fait découvrir Homère à toute une génération avant même le collège. Le studio japonais qui l’a animée présente toujours son catalogue sur le site officiel de TMS Entertainment.

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