Inspecteur Gadget – 1983
Inspecteur Gadget est la série d’animation créée par Andy Heyward, Jean Chalopin et Bruno Bianchi pour le studio DIC. Un policier cyborg parfaitement incompétent, un chapeau d’où sort un hélicoptère, une nièce de huit ans qui résout toutes les enquêtes à sa place : Inspecteur Gadget est arrivé sur les écrans français en 1983.
Inspecteur Gadget : fiche technique
Titre original : Inspector Gadget
Création : Andy Heyward, Jean Chalopin et Bruno Bianchi
Production : DIC Audiovisuel et Lexington Broadcast Services
Animation : Tokyo Movie Shinsha (Japon) et Wang Film Productions (Taïwan) pour la première saison, DIC pour la seconde
Musique : Haim Saban et Shuki Levy
Voix originale de Gadget : Don Adams
Voix françaises : Luc Durand (Gadget), Patricia Danot puis Barbara Tissier (Sophie)
Format : 86 épisodes de 22 minutes, répartis en deux saisons (65 puis 21 épisodes)
Diffusion américaine : à partir du 5 septembre 1983, en syndication
Diffusion française : sur FR3, à partir du 24 octobre 1983, dans la case quotidienne de 19 h 55

Synopsis : Inspecteur Gadget, Sophie et Finot contre le MAD
Inspecteur Gadget raconte les enquêtes d’un policier reconstruit en cyborg, truffé d’appareils dissimulés dans son chapeau, son imperméable, ses mains et ses chaussures. Chaque matin, le chef Gontier lui confie une mission écrite sur un message autodestructeur, invariablement caché dans un endroit improbable. Chaque fois, Gadget lui rend le papier avant l’explosion, et le chef termine la scène couvert de suie.
Face à lui, l’organisation criminelle MAD et son patron, le docteur Gang, dont on ne verra jamais que les mains gantées posées sur un fauteuil et le chat, Madchat, qu’il caresse en promettant sa revanche. Le vrai travail d’enquête, lui, revient à Sophie, la nièce de Gadget, munie d’un livre-ordinateur en avance de vingt ans sur son époque, et à Finot, le chien de la famille, équipé d’un collier émetteur. Gadget, persuadé d’avoir tout résolu seul, rentre chez lui satisfait.
Un studio français, une voix américaine : la genèse d’Inspecteur Gadget
L’idée d’un inspecteur bardé d’accessoires vient d’Andy Heyward, alors directeur de la création chez DIC. Bruno Bianchi lui donne sa silhouette, imperméable beige et chapeau mou empruntés à l’inspecteur Clouseau de La Panthère rose, et Jean Chalopin structure la série. DIC, studio fondé à Paris avant de s’installer en Californie, sortait alors d’Ulysse 31 et des Mystérieuses Cités d’or : Inspecteur Gadget est sa première grande réussite tournée vers le marché américain.
Le coup de génie tient au casting de la version originale. Pour prêter sa voix au héros, DIC engage Don Adams, l’interprète de Maxwell Smart dans la série Max la Menace, autre espion sûr de lui et catastrophique. Ce clin d’œil assumé installe immédiatement le ton. Vendue en syndication, c’est-à-dire directement aux stations locales, la série est diffusée aux États-Unis à partir du 5 septembre 1983, puis en France sur FR3 dès le 24 octobre suivant.

Le générique d’Inspecteur Gadget, signé Haim Saban et Shuki Levy
La musique d’Inspecteur Gadget est l’œuvre du duo Haim Saban et Shuki Levy, déjà responsable des thèmes d’Ulysse 31 et des Mystérieuses Cités d’or. Leur générique repose sur un motif de basse obsédant et une orchestration de série policière, quelque part entre le jazz des années 1960 et le synthétiseur du début des années 1980. Aucune parole n’est nécessaire : quelques notes suffisent aujourd’hui encore à faire lever une salle entière.
Les images qui l’accompagnent résument la série en une minute : Gadget file en Gadget-o-mobile, se prend les pieds dans ses propres accessoires, croise l’ombre du docteur Gang, pendant que Sophie et Finot travaillent dans son dos. Un 45 tours du thème est édité en France, et le générique d’Inspecteur Gadget figure depuis dans toutes les compilations consacrées aux dessins animés de la décennie.

« Gadgeto-hélicoptère ! » : les gags qui ont fait la série
Toute la mécanique comique d’Inspecteur Gadget tient dans une formule et un ratage. Le héros annonce l’accessoire qu’il appelle, « Gadgeto-hélicoptère », « Gadgeto-parapluie », « Gadgeto-ressorts », et le mauvais sort presque toujours. Le chapeau libère une pince à la place des pales, l’imperméable gonfle au plus mauvais moment, la Gadget-o-mobile se transforme en camionnette alors qu’il faudrait freiner. Les scénaristes ont tenu quatre-vingt-six épisodes sur ce principe sans jamais le rendre lassant.
L’autre rituel appartient au méchant. Chaque épisode s’achève sur le docteur Gang, hors champ à l’exception de son gant, jurant qu’il aura Gadget la prochaine fois. Ce visage jamais montré est resté l’un des mystères les plus commentés du dessin animé des années 1980 : le film de 1999 finira par lui donner les traits de Rupert Everett, au grand regret d’une partie des spectateurs de la première heure.

Inspecteur Gadget, un classique intemporel du dessin animé
Le succès est immédiat et durable. Inspecteur Gadget devient la locomotive commerciale de DIC, ouvre la voie à une industrie du jouet, du cartable et de la figurine, et se retrouve rediffusé pendant des décennies sur toutes les chaînes jeunesse. La série revient sous d’autres formes : Gadget et les Gadgetinis en 2001, un film en prises de vues réelles avec Matthew Broderick en 1999, sa suite en 2003, puis une relance en images de synthèse en 2015.
Aucune de ces reprises n’a effacé l’original. Comme Cobra ou les grandes séries du goûter des années 1980, Inspecteur Gadget appartient à la mémoire collective d’une génération entière, celle qui savait imiter la voix de Luc Durand dans la cour de récréation. Le catalogue DIC, dont fait partie Inspecteur Gadget, est aujourd’hui détenu par le groupe canadien WildBrain, qui présente ses licences sur son site officiel.






