Les Mystérieuses Cités d’or – 1982
Les Mystérieuses Cités d’or est la série d’animation franco-japonaise créée par Jean Chalopin et Bernard Deyriès, animée par le Studio Pierrot, diffusée à partir de 1982. Un enfant à la recherche de son père, un navigateur ambigu, un continent englouti et sept cités légendaires : Les Mystérieuses Cités d’or a marqué durablement la génération qui l’a découverte à la télévision.
Les Mystérieuses Cités d’or : fiche technique
Titre japonais : Taiyō no ko Esuteban (« Esteban, l’enfant du soleil »)
Création : Jean Chalopin et Bernard Deyriès
Réalisation : Hisayuki Toriumi, avec Bernard Deyriès
Production : DiC Audiovisuel, Studio Pierrot, MK, NHK et la CLT
D’après : le roman La Route de l’or (The King’s Fifth, 1966) de Scott O’Dell
Musique de la version française : Haim Saban et Shuki Levy
Générique français : interprété par Jacques Cardona
Commentaire des documentaires : Jean Topart
Format : 39 épisodes de 26 minutes
Diffusion japonaise : sur NHK, à partir du 29 juin 1982
Diffusion française : sur Antenne 2, à partir du 28 septembre 1983, dans Récré A2

Synopsis
Les Mystérieuses Cités d’or commence à Barcelone, en 1532. Esteban, orphelin recueilli après un naufrage et surnommé l’enfant du soleil, porte au cou un médaillon d’or dont il ignore tout. Le navigateur Mendoza lui propose de partir pour le Nouveau Monde : son père y serait vivant, et le médaillon ouvrirait la route des cités d’or.
Sur le bateau puis en Amérique du Sud, Esteban rencontre Zia, jeune Inca enlevée par les Espagnols, et Tao, dernier descendant de l’empire englouti de Mu, accompagné de son perroquet Pichu. Poursuivis par les conquistadors, aidés par les marins Pedro et Sancho, les trois enfants traversent la jungle, les Andes et les ruines mayas à bord du Grand Condor, une machine volante actionnée par le soleil. Ce qu’ils trouvent au bout du voyage n’est pas exactement un trésor.
Un roman américain, une équipe française, un studio japonais
Le point de départ de la série est un roman pour la jeunesse de l’Américain Scott O’Dell, La Route de l’or, paru en 1966 : le récit d’un jeune Espagnol embarqué dans la conquête et rongé par l’appât du métal jaune. Jean Chalopin et Bernard Deyriès, qui viennent de réussir Ulysse 31 avec des animateurs japonais, en tirent une odyssée enfantine et confient l’animation au Studio Pierrot, sous la direction de Hisayuki Toriumi.
Le résultat est une coproduction rare pour l’époque, financée par DiC, la NHK et la CLT luxembourgeoise. Les Mystérieuses Cités d’or est diffusée au Japon dès le 29 juin 1982, avant d’arriver sur Antenne 2 à la rentrée 1983, dans Récré A2. Contrairement à des séries plus frontalement japonaises comme Albator, le corsaire de l’espace, elle est pensée dès l’origine pour le public européen.

Une série qui refusait de prendre les enfants pour des enfants
Ce qui frappe encore aujourd’hui, c’est la noirceur assumée du récit. La série parle de colonisation, d’esclavage, de civilisations détruites et d’adultes qui mentent aux enfants. Mendoza n’est ni un héros ni un traître, mais un homme intéressé qui apprend lentement l’attachement. Quant à l’or annoncé par le titre, il se révèle moins un trésor qu’une source d’énergie et de convoitise, avec les catastrophes qui vont avec.
La structure feuilletonnante y est pour beaucoup : 39 épisodes forment une seule histoire, avec une progression géographique et une véritable fin. À une époque où la plupart des dessins animés se regardaient dans le désordre, Les Mystérieuses Cités d’or exigeait d’être suivie épisode après épisode. Des générations d’enfants ont ainsi appris la frustration du « la suite au prochain épisode ».
Le générique et les documentaires de fin d’épisode
Le générique français, signé Haim Saban et Shuki Levy et interprété par Jacques Cardona, fait partie des rares chansons de dessin animé que l’on entend encore dans les soirées entre trentenaires et quinquagénaires. Ses chœurs d’enfants et son ouverture au synthétiseur ont fixé pour toujours l’image du Grand Condor s’élançant au-dessus des montagnes.
L’autre marque de fabrique tient aux petits documentaires en prises de vues réelles produits par la NHK, deux à trois minutes placées à la fin de chaque épisode et commentées en français par la voix grave de Jean Topart. On y voyait de vraies ruines incas, des momies, des céramiques olmèques. Cette pastille documentaire a donné à la série une légitimité rare auprès des parents et des enseignants.

Les Mystérieuses Cités d’or, un classique intemporel du dessin animé
Rediffusée sans relâche pendant quarante ans, la série a gardé un public que peu de programmes jeunesse peuvent revendiquer. Les Mystérieuses Cités d’or a fait vendre des coffrets, des bandes dessinées, des jeux vidéo, et surtout entretenu une attente : celle de la suite, que les spectateurs de 1983 ont réclamée pendant trois décennies. Elle est arrivée en 2012 sur TF1, avec une nouvelle production française qui reprend le voyage là où il s’était arrêté et se prolongera jusqu’en 2021.
Son influence dépasse la nostalgie. Aux côtés d’Capitaine Flam et des autres grandes séries de l’âge d’or de Récré A2, Les Mystérieuses Cités d’or a prouvé qu’un dessin animé du goûter pouvait raconter l’Histoire, les civilisations précolombiennes et la perte, sans jamais ennuyer son public. Le studio qui l’a animée présente toujours son catalogue sur le site officiel du Studio Pierrot.





