Candy – 1976

Candy est la série d’animation japonaise adaptée du manga de Kyoko Mizuki et Yumiko Igarashi, produite par le studio Toei Animation et diffusée pour la première fois au Japon en 1976. Une orpheline blonde à taches de rousseur, un pré fleuri, une colline et un prétendant en kilt : Candy a fait pleurer toute une génération devant son goûter.

Candy : fiche technique

Titre original : Candy Candy (キャンディ・キャンディ)
D’après le manga de : Kyoko Mizuki (pseudonyme de Keiko Nagita), dessins de Yumiko Igarashi, prépublié dans Nakayoshi (Kodansha) de 1975 à 1979
Studio : Toei Animation
Réalisation : Hiroshi Shidara
Musique : Takeo Watanabe
Format : 115 épisodes d’environ 25 minutes
Diffusion japonaise : sur NET (futur TV Asahi), du 1er octobre 1976 au 2 février 1979
Première diffusion française : le 23 novembre 1978 sur Antenne 2, dans Récré A2
Générique français : Au pays de Candy, adaptation de Charles Level, interprété par Dominique Poulain
Voix française de Candy : Amélie Morin

Candy – l'héroïne du dessin animé japonais de 1976

Synopsis

Amérique du Nord, au tout début du XXe siècle. Candice White, dite Candy, a été abandonnée bébé devant la Maison de Pony, un orphelinat perdu dans la campagne, où elle grandit aux côtés de son amie Annie. Un jour de chagrin, sur la colline qui domine l’orphelinat, un jeune garçon en kilt joue de la cornemuse et la console : ce « prince de la colline » ne quittera plus jamais ses pensées.

Placée comme servante chez les Leagan, humiliée par la cruelle Éliza et son frère Neil, Candy est finalement adoptée par la richissime famille Ardlay. Sa route croise alors Anthony, Alistair, Archibald, puis le tumultueux Terrence Granchester, rencontré sur le bateau qui la mène vers un collège de Londres. Deuils, séparations, retrouvailles manquées et Première Guerre mondiale : Candy traversera tout cela pour devenir infirmière, sans jamais cesser de sourire.

Du manga de Nakayoshi à l’écran

À l’origine, Candy est un manga pour jeunes filles publié dans le mensuel Nakayoshi à partir de 1975. Kyoko Mizuki en écrit le récit, Yumiko Igarashi le dessine, et l’ensemble s’inspire ouvertement de Papa Faucheux, le roman de Jean Webster dont Candy reprend la figure du bienfaiteur anonyme. Le succès est immédiat : la série reçoit en 1977 le tout premier prix Kodansha du manga dans la catégorie shôjo.

Toei Animation en tire dès octobre 1976 une adaptation fleuve de 115 épisodes, réalisée par Hiroshi Shidara et mise en musique par Takeo Watanabe. Le format feuilletonnant, avec ses arcs longs et ses personnages qui vieillissent, tranche avec les séries à histoires indépendantes de l’époque et installe durablement le mélodrame au cœur de l’animation destinée aux filles.

Candy – scène de la série animée de Toei Animation, 1976

Le 23 novembre 1978, Candy entre dans Récré A2

La France découvre Candy le 23 novembre 1978 sur Antenne 2, dans Récré A2. La même émission avait ouvert la voie quelques mois plus tôt avec Goldorak : en une seule année, l’animation japonaise s’empare ainsi des deux territoires de la cour de récréation, la science-fiction guerrière d’un côté, le grand roman sentimental de l’autre. Les garçons ont leur robot, les filles ont leur héroïne, et beaucoup regardent les deux.

L’émotion est d’un genre nouveau à la télévision française pour la jeunesse. On y meurt vraiment, on y pleure sans que rien ne vienne rattraper la scène, et il faut attendre le lendemain pour savoir. Le doublage y est pour beaucoup : la voix claire d’Amélie Morin, qui prête ses intonations à Candy, reste l’une des plus reconnaissables du patrimoine télévisuel français.

« Au pays de Candy », un générique dans toutes les mémoires

« Au pays de Candy, comme dans tous les pays, on s’amuse, on pleure, on rit » : rares sont les génériques dont le premier vers se récite encore de mémoire quarante-cinq ans plus tard. Adaptée par Charles Level sur la mélodie japonaise de Takeo Watanabe, la chanson est confiée à Dominique Poulain, ancienne choriste de Claude François et voix de plusieurs génériques de l’époque.

Le succès du disque dépasse largement celui de la série : l’interprète est invitée sur les plateaux pour la chanter, ce qui n’était alors pas courant pour un générique de dessin animé. Dix ans plus tard, quand Candy passe au Club Dorothée sur TF1, un nouveau générique interprété par Dorothée lui succède, sans jamais tout à fait détrôner l’original dans le cœur du public.

Candy – image du dessin animé diffusé dans Récré A2

Anthony, Terrence, Albert : la première grande histoire d’amour des cours d’école

Peu de séries pour enfants ont autant fait débattre. Fallait-il préférer Anthony, le doux jardinier de roses, Terrence, l’écorché vif au regard sombre, ou Albert, le protecteur mystérieux ? La question a occupé des récréations entières, et la disparition brutale d’un des prétendants au détour d’un épisode a constitué, pour beaucoup d’enfants de 1978, le premier véritable chagrin télévisuel.

Cette gravité assumée explique la longue vie de la série. Candy n’est pas une héroïne à pouvoirs : elle encaisse l’injustice sociale, le deuil et la guerre, et sa seule arme est une obstination joyeuse à se relever. C’est ce mélange de larmes et d’optimisme, résumé par le fameux « je suis mieux quand je souris », qui a fidélisé un public bien au-delà des seules petites filles.

Candy – personnages de la série animée de 1976

Un classique intemporel du dessin animé

Candy a été diffusée dans des dizaines de pays, d’Italie en Espagne et du Mexique au monde arabe, et y a partout laissé la même trace. Son destin est pourtant singulier : un long conflit judiciaire, ouvert dans les années 1990 entre la scénariste et la dessinatrice sur la propriété de l’œuvre, a abouti au début des années 2000 à des décisions japonaises qui ont gelé toute exploitation commerciale. Résultat : plus de rediffusions, plus d’éditions vidéo officielles, plus de produits dérivés.

Cette absence a paradoxalement renforcé le mythe. Keiko Nagita a offert en 2010 une suite romanesque à son héroïne, Candy Candy Final Story, traduite en français en 2019, où elle donne enfin des nouvelles de Candy adulte. Pour le reste, la série survit dans les mémoires et dans les génériques que l’on fredonne encore. Le studio qui l’a mise en images présente son catalogue sur le site officiel de Toei Animation.

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