Lady Oscar – 1979
Lady Oscar est l’adaptation animée du manga de Riyoko Ikeda produite par le studio Tokyo Movie Shinsha : quarante épisodes à la cour de Versailles, une jeune femme élevée comme un homme pour commander la garde de Marie-Antoinette, et un destin qui finit au pied de la Bastille. Réalisée par Tadao Nagahama puis Osamu Dezaki, Lady Oscar a été diffusée au Japon sur Nippon TV à partir d’octobre 1979.
Lady Oscar : fiche technique
Titre original : Berusaiyu no Bara (ベルサイユのばら), « La Rose de Versailles »
Studio : Tokyo Movie Shinsha (TMS)
Réalisation : Tadao Nagahama (épisodes 1 à 13), puis Osamu Dezaki (épisodes 19 à 40)
Character design et direction de l’animation : Shingo Araki et Michi Himeno
Musique : Kōji Makaino
D’après : le manga La Rose de Versailles de Riyoko Ikeda, publié dans Margaret (Shūeisha) de 1972 à 1973
Format : 40 épisodes de 23 minutes
Diffusion japonaise : Nippon TV, du 10 octobre 1979 au 3 septembre 1980
Diffusion française : Antenne 2, dans Récré A2, à partir du 8 septembre 1986
Voix française d’Oscar : Nadine Delanoë
Générique français : Lady Oscar, par Marie Dauphin, paroles de Paul Persavon, musique de Richard De Bordeaux

Synopsis : une épée au service de la reine
Lady Oscar commence en 1755, le jour où le général de Jarjayes accueille une sixième fille. Faute de fils pour perpétuer la tradition militaire de la famille, il décide que l’enfant s’appellera Oscar François et sera élevée comme un garçon : escrime, équitation, uniforme. À ses côtés grandit André Grandier, le petit-fils de la gouvernante, compagnon de jeu devenu ombre fidèle.
À quatorze ans, Oscar prend le commandement de la garde royale chargée de protéger la jeune dauphine venue d’Autriche, Marie-Antoinette. La série suit ensuite la grande histoire de près : les intrigues de Madame du Barry, la passion de la reine pour le comte suédois Hans Axel de Fersen, l’affaire du collier montée par Jeanne de La Motte, et la misère parisienne que découvre Rosalie, jeune fille recueillie par Oscar.
Peu à peu, l’officière ouvre les yeux sur le peuple. Elle quitte la garde royale pour les Gardes françaises, se range du côté des insurgés en juillet 1789 et tombe le 14, sous les murs de la Bastille, au lendemain de la mort d’André. Pour un dessin animé du goûter, la fin de Lady Oscar reste l’une des plus sombres jamais diffusées.

Lady Oscar, du manga culte à l’écran
Au Japon, La Rose de Versailles est un phénomène avant même d’être un dessin animé. Riyoko Ikeda s’inspire de la biographie de Marie-Antoinette écrite par Stefan Zweig et invente le personnage d’Oscar pour donner un regard sur la cour. Le manga se vend par millions, et la troupe entièrement féminine de la Takarazuka Revue en tire dès 1974 une comédie musicale vue par plus d’un million et demi de spectateurs en trois saisons.
En mars 1979, Jacques Demy signe même une adaptation en prises de vues réelles, tournée en anglais et en partie à Versailles, sous le titre Lady Oscar. C’est ce titre que la version française du dessin animé reprendra sept ans plus tard.
La série animée démarre la même année sous la direction de Tadao Nagahama, dans un style assez classique. Après quelques épisodes de transition, Osamu Dezaki prend la relève et change tout : pluie de pétales, écrans partagés, arrêts sur image peints à la main qui figent l’émotion comme une gravure. Ce même Dezaki, que l’on retrouvera aux commandes de Cobra, donne à Lady Oscar son lyrisme et sa noirceur. Les dessins de Shingo Araki et Michi Himeno, grands yeux et chevelures dorées, feront ensuite la gloire des Chevaliers du Zodiaque.

Le générique de Lady Oscar, par Marie Dauphin
Lady Oscar arrive en France le 8 septembre 1986 sur Antenne 2, dans Récré A2, l’émission jeunesse animée par Dorothée et sa bande. C’est d’ailleurs une figure de la bande qui prête sa voix au générique : Marie Dauphin. Les paroles sont signées Paul Persavon, pseudonyme derrière lequel se cache Antoine de Caunes, auteur d’une série de génériques célèbres de l’époque. La musique est de Richard De Bordeaux, l’arrangement d’Alain Mouysset, et le 45 tours sort la même année chez Disques Adès.
Le doublage français est à la hauteur : Nadine Delanoë donne à Oscar une voix grave et tenue, Jean Topart assure la narration avec la solennité d’un livre d’histoire, et André est doublé successivement par Gérard Lartigau puis Éric Legrand. Avec Candy, Lady Oscar a offert aux filles des années 80 une héroïne de dessin animé japonais qui ne ressemblait à aucune autre.
Des larmes à l’heure du goûter
Beaucoup d’enfants de 1986 se souviennent d’avoir appris la Révolution française avant l’école, avec des perruques poudrées et des roses qui tombent au ralenti. Les derniers épisodes ont laissé des traces durables : André qui perd peu à peu la vue, la nuit où Oscar lui avoue enfin son amour, puis les deux morts successives des 13 et 14 juillet 1789. La scène finale, avec Marie-Antoinette qui marche vers l’échafaud, montrait sans détour ce que les manuels racontaient en une ligne.
Autre surprise pour les jeunes spectateurs : découvrir, bien plus tard, qu’Oscar n’a jamais existé, alors que presque tous les personnages qui l’entourent (Fersen, la comtesse de La Motte, le cardinal de Rohan) sont historiques.

Lady Oscar, un classique intemporel du dessin animé
Lady Oscar n’a jamais vraiment quitté les écrans français : rediffusion sur France 3 en 1998 dans Les Minikeums, sur France 5 en 2004, puis sur la chaîne Mangas en 2005 et 2011, avant les éditions DVD qui ont permis de revoir la série en intégralité. Au Japon, l’œuvre a connu une nouvelle adaptation en long métrage d’animation en 2025.
Près d’un demi-siècle après sa création, Lady Oscar reste une série à part : un drame historique, une héroïne qui choisit son camp, une histoire d’amour sans fin heureuse, le tout servi par la mise en scène la plus audacieuse de l’animation japonaise de son temps. C’est pour tout cela que Lady Oscar demeure un classique intemporel. Le catalogue du studio est consultable sur le site officiel de TMS Entertainment.





