Maya l’abeille – 1975
Maya l’abeille, c’est cette petite butineuse curieuse et intrépide, en robe rayée jaune et noir, qui a quitté sa ruche pour découvrir le monde et a appris à toute une génération d’enfants à regarder les insectes autrement. Adaptée d’un roman allemand et animée au Japon, Maya l’abeille a fait son apparition sur les écrans français en septembre 1978, le samedi matin sur TF1.
Maya l’abeille : fiche technique
Titre original : Mitsubachi Maya no bōken (Japon), Die Biene Maja (Allemagne)
D’après : le roman Die Biene Maja und ihre Abenteuer de Waldemar Bonsels (1912)
Production : coproduction entre le Japon, l’Allemagne et l’Autriche, avec la chaîne allemande ZDF, Taurus Film et Apollo Film
Animation : Zuiyo Enterprise, puis Nippon Animation à partir du septième épisode
Réalisation : Hiroshi Saitō et Masahiro Endō
Musique européenne : Karel Svoboda
Format : 104 épisodes de 25 minutes, en deux séries de 52
Diffusion japonaise : d’avril 1975 à avril 1976
Diffusion française : TF1, à partir du 16 septembre 1978
Voix française de Maya : Nadine Delanoë
Générique français : Maya l’abeille, chanté par Nadine Delanoë et Brigitte Winstel, 45 tours chez Adès (1978)

D’un roman allemand de 1912 aux studios japonais
Avant d’être un dessin animé, Maya l’abeille est un livre. L’écrivain allemand Waldemar Bonsels publie en 1912 Die Biene Maja und ihre Abenteuer, l’histoire d’une jeune abeille qui refuse la vie bien réglée de la ruche et part explorer la prairie. Le roman devient un classique de la littérature enfantine en Allemagne, traduit dans de nombreuses langues et adapté une première fois au cinéma dès les années 1920.
Au milieu des années 70, la télévision allemande ZDF cherche à porter l’œuvre à l’écran. Faute d’industrie capable de produire une longue série animée en Europe, elle s’associe au Japon. Le projet est confié à Zuiyo Enterprise, la société qui venait de produire Heidi, autre adaptation d’un grand classique européen. Pendant la production, la branche animation de Zuiyo prend son indépendance sous le nom de Nippon Animation, qui signe la suite de la série. Diffusée au Japon à partir d’avril 1975, elle arrive en Allemagne l’année suivante, où elle rencontre un succès immense.

Maya l’abeille et ses amis de la prairie
Le premier épisode raconte la naissance de Maya dans la ruche. Très vite, la petite abeille se montre trop curieuse pour se contenter des leçons de Mademoiselle Cassandre, l’institutrice chargée d’apprendre aux jeunes ouvrières à fabriquer le miel. Elle s’envole seule vers la prairie, où chaque rencontre devient une aventure : coccinelles, fourmis, scarabées, papillons, libellules, mais aussi quelques dangers bien réels, comme la redoutable araignée Thécla.
Maya l’abeille ne serait rien sans ses deux compagnons. Willy, son meilleur ami, est un faux-bourdon gourmand et paresseux, toujours prêt à faire la sieste et à se plaindre de la faim. Flip, la sauterelle, joue les grands frères protecteurs et les sages de la prairie. Ce trio attachant permet à la série de mêler humour et tendresse, tout en glissant chaque semaine une petite leçon de sciences naturelles sur la vie des insectes et le respect de la nature.

Maya l’abeille, un générique chanté par toute une génération
La musique européenne de la série est signée par le compositeur tchèque Karel Svoboda. En Allemagne, le générique interprété par Karel Gott devient un tube. Pour la France, les paroles sont confiées à Pierre Delanoë, l’un des paroliers les plus célèbres de la chanson française. Le générique de Maya l’abeille est chanté par Nadine Delanoë et Brigitte Winstel, et sort en 45 tours chez Adès en 1978.
Il suffit des premières notes pour que la mémoire se réveille : la mélodie sautillante et le refrain qui répète le nom de l’héroïne se sont gravés dans des millions de têtes. Nadine Delanoë ne se contente pas de chanter : elle prête aussi sa voix à Maya dans la version française. Comédienne de doublage reconnue, elle a transmis la passion du métier à sa fille, Sauvane Delanoë, devenue à son tour une voix familière du doublage français. Un livre-disque, Maya au secours de Flip, prolonge l’aventure dans les chambres d’enfants avec Maurice Baquet dans le rôle de Flip.
Le rendez-vous du samedi matin
En France, Maya l’abeille s’installe sur TF1 en septembre 1978, le samedi matin. Pour les enfants de la fin des années 70, c’est un rituel : on s’assoit devant le poste en pyjama, un bol de chocolat à la main, pour suivre les tribulations de la petite abeille. Dans les cours de récréation, on fredonne le générique et on se chamaille pour savoir qui sera Maya, Willy ou Flip. Les rediffusions des années 80 et 90 font découvrir la série à de nouvelles générations.
Le succès se prolonge bien au-delà de l’écran. Maya l’abeille envahit les rayons sous forme de peluches, d’albums, de disques, de puzzles et de figurines. Une seconde série de 52 épisodes, Les Nouvelles Aventures de Maya l’abeille, produite à la fin des années 70, porte l’ensemble à 104 épisodes.

Maya l’abeille, un classique intemporel du dessin animé
Plus d’un siècle après le roman de Waldemar Bonsels, la petite abeille n’a jamais cessé de voler. En 2012, le studio belge Studio 100 lance une nouvelle version de Maya l’abeille en images de synthèse, dont le générique français est interprété par Jenifer. Le personnage passe ensuite au cinéma avec Maya l’abeille, le film en 2014, suivi de deux autres longs métrages. Le trait est plus rond, les couleurs plus vives, mais Maya, Willy et Flip gardent le même caractère.
Pour ceux qui ont grandi avec la série de 1975, rien ne remplace pourtant l’original, sa douceur, ses paysages de prairie et la voix de Nadine Delanoë. Curiosité, amitié, courage et respect de la nature : les valeurs portées par Maya l’abeille n’ont pas pris une ride, ce qui en fait un classique intemporel. Toute l’actualité de la petite abeille se retrouve sur le site officiel de Maya l’abeille.





