Tonnerre mécanique (Street Hawk) – 1985
Tonnerre mécanique est la série américaine créée par Paul M. Belous et Robert Wolterstorff pour Universal Television, connue aux États-Unis sous le titre Street Hawk. Un policier motard mis sur la touche, un ingénieur bougon et un prototype militaire capable de dépasser les 480 km/h : Tonnerre mécanique a débarqué sur les écrans américains en 1985.
Tonnerre mécanique : fiche technique
Titre original : Street Hawk
Création : Paul M. Belous et Robert Wolterstorff
Développement : Bruce Lansbury
Production : Universal Television
Musique : Tangerine Dream
Avec : Rex Smith (Jesse Mach), Joe Regalbuto (Norman Tuttle), Richard Venture (capitaine Leo Altobelli)
Voix françaises : Edgar Givry (Jesse Mach), François Leccia (Norman Tuttle)
Format : 13 épisodes de 45 minutes
Diffusion américaine : sur ABC, du 4 janvier au 16 mai 1985
Diffusion française : sur La Cinq, à partir du 25 avril 1986

Synopsis : Jesse Mach et la moto de Tonnerre mécanique
Jesse Mach est un policier de Los Angeles passionné de moto, blessé à la jambe lors d’une intervention où son coéquipier trouve la mort. Relégué à un poste de relations publiques, il est discrètement approché par Norman Tuttle, ingénieur du gouvernement chargé d’un programme confidentiel. Tuttle a besoin d’un pilote pour son prototype, et Mach a besoin d’une raison de se lever le matin.
La série installe ensuite un rituel immuable. Le jour, Jesse Mach fait semblant de s’ennuyer au commissariat sous l’œil du capitaine Altobelli. La nuit, il rejoint le bunker souterrain, enfile sa combinaison et sort la moto pour intercepter trafiquants et braqueurs, guidé par Tuttle depuis ses écrans. Tonnerre mécanique appartient à cette famille de séries où le véhicule est un personnage à part entière, aux côtés de K2000.

La moto de Tonnerre mécanique, vraie vedette de la série
Le prototype est présenté comme une machine expérimentale bardée d’armement : mitrailleuses, laser, lance-roquettes, et surtout l’hyperpoussée, cette accélération surpuissante annoncée à près de 480 km/h. Des propulseurs lui permettent de franchir une trentaine de mètres dans les airs, ce qui donne à Tonnerre mécanique ses images les plus mémorables, la moto s’envolant au-dessus d’un canal asséché de Los Angeles.
La réalité de tournage est plus prosaïque et tout aussi fascinante. Quinze motos ont été préparées pour la production : une Honda XL 500 S de 1983, trois Honda XR 500 de 1984 et onze Honda CR 250 de 1984 destinées aux cascades. Quatorze d’entre elles ont disparu des radars après l’arrêt de la série ; la dernière identifiée a été adjugée 12 000 dollars aux enchères.

Le générique de Tonnerre mécanique, signé Tangerine Dream
La musique doit beaucoup au groupe allemand Tangerine Dream, pionnier de l’école électronique de Berlin. Le thème de Tonnerre mécanique est une version remaniée du morceau Le Parc, écrit par Christopher Franke et publié sur l’album du même nom en 1985. Séquenceurs, nappes froides, batterie électronique : le son colle exactement à l’imagerie nocturne de la série.
Ce choix n’a rien d’anodin. Tangerine Dream signait alors les bandes originales de plusieurs films américains, et sa présence donne au générique de Tonnerre mécanique une texture nettement plus adulte que celle de la plupart des séries d’action de l’époque. C’est aussi ce qui explique que le thème continue de circuler auprès d’amateurs de musique électronique qui n’ont jamais vu un seul épisode.

Treize épisodes, puis plus rien
Prévue pour l’automne 1984, la série est repoussée en milieu de saison par ABC et lancée le 4 janvier 1985. L’audience ne suit pas. Avec un coût avoisinant 850 000 dollars par épisode, la chaîne coupe court après treize numéros, le dernier étant diffusé le 16 mai 1985. Le producteur a lui-même reconnu que Rex Smith n’avait pas le charisme immédiat d’un David Hasselhoff.
Restent quelques curiosités que les rediffusions ont fait redécouvrir : parmi les invités des treize épisodes figurent un tout jeune George Clooney, Christopher Lloyd et Dennis Franz. En France, la série trouve un public bien plus large qu’aux États-Unis, portée par les rediffusions de La Cinq puis de Canal+, TF1, M6 et RTL9. La chaîne l’avait programmée dans un bloc consacré aux séries de véhicules, où Tonnerre mécanique voisinait avec les grands feuilletons d’action américains achetés au kilomètre à la fin des années 1980.
Tonnerre mécanique, un classique intemporel des séries des années 1980
L’échec commercial n’a pas empêché la postérité. Tonnerre mécanique fait partie de ces séries brèves dont la génération biberonnée aux véhicules héroïques se souvient dans le détail : le casque, le bunker, le compte à rebours avant l’hyperpoussée. L’intégrale a été éditée en coffret DVD en juillet 2010 par Shout! Factory, avec un documentaire consacré à la fabrication de la moto. Cette édition tardive, réclamée pendant des années par les collectionneurs, a permis de redécouvrir des épisodes que beaucoup n’avaient plus revus depuis leur enfance.
Treize épisodes, une seule saison, et pourtant une place durable dans la mémoire télévisuelle, aux côtés de séries autrement plus longues comme Deux flics à Miami. Le groupe qui a signé le thème de Tonnerre mécanique poursuit d’ailleurs sa route et présente son actualité sur son site officiel.



