Manimal – 1983

Manimal est la série américaine créée par Glen A. Larson et Donald R. Boyle pour la NBC, produite par 20th Century Fox Television. Un professeur d’université new-yorkais, héritier d’un secret africain, capable de se changer en faucon ou en panthère noire pour aider la police : Manimal a fait son apparition sur les écrans américains en 1983.

Manimal : fiche technique

Titre original : Manimal
Création : Glen A. Larson et Donald R. Boyle
Production : Glen A. Larson Productions et 20th Century Fox Television
Musique : Paul Chihara pour le pilote, Alan Silvestri pour les épisodes suivants
Effets spéciaux : Stan Winston
Avec : Simon MacCorkindale (Jonathan Chase), Melody Anderson (Brooke McKenzie), Michael D. Roberts (Ty Earl)
Narration originale : William Conrad
Format : un pilote de 90 minutes et sept épisodes de 45 minutes
Diffusion américaine : sur NBC, du 30 septembre au 17 décembre 1983
Diffusion française : sur FR3, à partir du 26 juin 1985

Manimal – jaquette de la série – 1983

Synopsis : Jonathan Chase, l’homme qui se changeait en animal

Jonathan Chase enseigne la criminologie à l’université de New York. Fortuné, élégant, apparemment sans histoires, il tient de son père un savoir transmis de génération en génération sur le continent africain : la faculté de prendre la forme de n’importe quel animal. Deux personnes seulement partagent ce secret, l’inspectrice Brooke McKenzie, de la police de New York, et Ty Earl, ancien militaire et ami de toujours.

Chaque épisode de Manimal suit la même trame : une enquête que la police ne peut pas résoudre par les voies habituelles, et un Chase qui disparaît discrètement pour revenir sous une autre forme. La série s’inscrit dans la grande vague des héros à pouvoir unique des années 1980, où le gadget ou le don remplace l’arme de service, tout comme K2000, autre création de Glen A. Larson.

Manimal – Simon MacCorkindale dans le rôle de Jonathan Chase – série 1983

Manimal, une idée de Glen A. Larson

Glen A. Larson est alors l’un des producteurs les plus prolifiques de la télévision américaine, auteur de Galactica, de L’Homme qui tombe à pic et de K2000. Sa méthode ne varie pas : un concept résumable en une phrase, un héros charismatique, un secret à préserver. Manimal pousse la formule vers le fantastique pur, ce qui constitue à la fois son originalité et sa fragilité auprès du public de la NBC.

Le rôle-titre revient à l’acteur britannique Simon MacCorkindale, vu au cinéma dans Mort sur le Nil. Sa diction posée et son allure de gentleman donnent au personnage une distinction inhabituelle dans une série d’action américaine. Face à lui, Melody Anderson, qui venait d’incarner Dale Arden dans Flash Gordon, apporte à Manimal une partenaire qui n’est jamais réduite au rôle de faire-valoir.

Manimal – Simon MacCorkindale, Melody Anderson et Michael D. Roberts – série 1983

Les transformations de Manimal, signées Stan Winston

La vraie curiosité technique de la série tient aux séquences de métamorphose, confiées à Stan Winston, futur oscarisé pour Terminator 2 et Jurassic Park. Prothèses, maquillages en plusieurs couches, fondus enchaînés image par image : la transformation en faucon et celle en panthère noire ont demandé un travail considérable pour l’époque, et sont réutilisées d’un épisode à l’autre tant leur coût est élevé.

Chase se change aussi, plus brièvement, en cheval, en dauphin, en ours ou en taureau. Les fidèles de Manimal ont également retenu un détail resté fameux : le costume trois-pièces qui se déchire au moment de la métamorphose et se retrouve parfaitement intact au retour à la forme humaine, sans que la série ne se soit jamais donné la peine de l’expliquer.

Manimal – Melody Anderson dans le rôle de Brooke McKenzie – série 1983

Un échec américain, un succès français

Aux États-Unis, la programmation est fatale. Placée le vendredi à 21 heures face à Dallas sur CBS, la série termine autour de la quatre-vingt-dixième place des audiences. La NBC l’arrête après huit épisodes, le dernier étant diffusé le 17 décembre 1983. La presse est féroce : TV Guide placera plus tard Manimal à la quinzième position de son classement des cinquante pires séries de tous les temps, et l’émission de David Letterman lui consacrera un sketch de neuf minutes, resté célèbre, qui fera plus pour la notoriété de la série que ses huit épisodes réunis.

En France, l’accueil est tout autre. Diffusée sur FR3 pendant l’été 1985, du 26 juin au 22 août, la série trouve un public d’enfants et d’adolescents en vacances, puis revient régulièrement sur TF1 dans La Une est à vous et sur M6. Huit épisodes suffisent à installer un souvenir tenace, comme pour Tonnerre mécanique, autre série brève devenue culte de ce côté-ci de l’Atlantique.

Manimal, un classique intemporel des séries des années 1980

Le personnage n’a pas complètement disparu. En 1998, Simon MacCorkindale reprend le rôle de Jonathan Chase le temps d’un épisode de Night Man, autre série de Glen A. Larson, offrant à Manimal une conclusion inespérée quinze ans après son annulation. Un projet d’adaptation au cinéma a été annoncé en 2012 par Sony Pictures Animation, avant de s’enliser puis d’être abandonné après la mort du créateur en 2014.

Reste une série de huit épisodes que beaucoup se rappellent bien plus longue, portée par un générique efficace et par une image qui a marqué : celle d’un homme en costume se transformant en panthère au coin d’une rue. Le studio fondé par le maître d’œuvre de ces effets perpétue son enseignement sur le site de la Stan Winston School.

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