Automan – 1983

Automan est la série américaine créée par Glen A. Larson pour la chaîne ABC, diffusée à partir de décembre 1983. Un informaticien de la police relégué au sous-sol, un hologramme en combinaison lumineuse capable de sortir des écrans, une voiture qui prend les virages à angle droit : Automan a marqué les esprits bien au-delà de sa saison unique.

Automan : fiche technique

Titre original : Automan
Création : Glen A. Larson
Production : The Kushner-Locke Company
Musique : Morton Stevens, avec Peter T. Meyers, Ken Harrison et J.A.C. Redford
Avec : Desi Arnaz Jr. (Walter Nebicher), Chuck Wagner (Automan), Robert Lansing (lieutenant Jack Curtis), Heather McNair (Roxanne Caldwell), Gerald S. O’Loughlin (capitaine E. G. Boyd)
Voix françaises : Vincent Violette (Walter Nebicher), Thierry Ragueneau (Automan), Nathalie Regnier (Roxanne Caldwell)
Format : 13 épisodes d’environ 50 minutes, dont 12 diffusés
Diffusion américaine : sur ABC, du 15 décembre 1983 au 2 avril 1984
Diffusion française : sur La Cinq, à partir du 25 décembre 1987

Automan – jaquette de la série – 1983

Synopsis : Walter Nebicher et le programme Automan

Walter Nebicher est officier de police à Los Angeles, mais on ne le laisse jamais sortir sur le terrain : sa place est devant les ordinateurs du service. Programmeur de talent, il consacre ses nuits à écrire un logiciel de lutte contre le crime, jusqu’au jour où celui-ci prend forme humaine. Ainsi naît Automan, hologramme d’un bleu électrique, tour à tour partenaire, garde du corps et enquêteur.

Le personnage a ses règles. Automan n’apparaît que la nuit, lorsque la consommation électrique de la ville baisse et libère assez de puissance de calcul. Il fusionne avec Walter pour se déplacer discrètement, ignore les conventions sociales et découvre le monde avec une candeur qui fournit à la série une bonne partie de son humour. Le capitaine Boyd, lui, ne comprend rien à ce nouvel équipier apparu de nulle part.

Automan – l'hologramme en combinaison lumineuse – série 1983

Automan, un héritier direct de Tron

La série arrive un an après Tron, et l’influence saute aux yeux. La combinaison d’Automan est réalisée dans un film rétroréfléchissant 3M, la même technique que celle employée pour le film de Disney : éclairée dans l’axe de la caméra, la matière renvoie la lumière et donne cet effet de contour néon impossible à obtenir autrement à l’époque. Le résultat coûte cher et impose des contraintes de tournage considérables, chaque plan devant être éclairé et cadré en fonction de cet effet. Le rôle de Walter Nebicher échoit par ailleurs à Desi Arnaz Jr., fils de Desi Arnaz et de Lucille Ball, deux figures majeures des débuts de la télévision américaine.

Glen A. Larson, alors auteur de K2000 et de Manimal, applique à Automan sa recette habituelle : un héros ordinaire, un partenaire extraordinaire, un secret à garder. La différence tient au sujet. En 1983, l’informatique domestique arrive à peine dans les foyers, et une série qui met en scène un programme devenu personnage relève encore de l’anticipation pure.

Automan – Cursor, le curseur volant – série 1983

Cursor, l’Autocar et les effets spéciaux d’Automan

Le comparse le plus mémorable d’Automan n’est pas humain : c’est Cursor, petit polyèdre volant et clignotant, capable de dessiner en l’air n’importe quel objet et de lui donner une existence matérielle. Il génère notamment l’Autocar, bolide directement inspiré de la Lamborghini Countach, et l’Autochopper, hélicoptère modelé sur un Bell JetRanger.

Ces véhicules donnent à Automan ses images les plus étonnantes : la voiture qui prend un virage à 90 degrés sans ralentir, l’hélicoptère qui se matérialise sur un toit. Les cascades combinent maquettes, effets optiques et voitures réelles préparées pour la production. C’est aussi ce qui condamne la série : chaque épisode revient à un prix que la chaîne juge vite déraisonnable au regard de l’audience.

Automan – l'Autocar inspirée de la Lamborghini Countach – série 1983

Douze épisodes et une case horaire mortelle

Lancée le 15 décembre 1983, la série se retrouve programmée face à Les Deux font la paire sur CBS, alors en pleine ascension. Les chiffres ne décollent pas. ABC arrête les frais au printemps 1984 : treize épisodes ont été produits, douze seulement sont diffusés, le dernier le 2 avril 1984. Comme pour d’autres séries de la même écurie, la facture des effets spéciaux pèse autant que l’audience dans la décision.

La France découvre la série bien plus tard, le 25 décembre 1987, sur La Cinq. Comme Tonnerre mécanique deux ans plus tôt, Automan y trouve un public d’enfants et d’adolescents qui n’ont aucune idée de son échec américain et qui retiennent surtout la silhouette bleue et la voiture impossible.

Automan, un classique intemporel des séries des années 1980

Quarante ans plus tard, la série jouit d’un statut particulier : celui d’un objet trop en avance sur ses moyens. Son imagerie de grilles lumineuses et de mondes numériques a fini par devenir la signature visuelle de toute une décennie, reprise depuis par la vague synthwave et par les hommages à l’esthétique des débuts de l’informatique. L’intégrale a été éditée en coffret DVD en 2015, rendant enfin accessibles les treize épisodes, y compris celui resté inédit à l’antenne.

Reste une série courte, drôle et curieusement attachante, qui posait à sa manière une question devenue banale : que se passe-t-il quand un programme se met à agir tout seul. Le catalogue qui a permis de ressortir Automan en vidéo est présenté sur le site officiel de Shout! Factory.

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