Matt Houston – 1982
Matt Houston est la série policière américaine créée par Lawrence Gordon et produite par Aaron Spelling pour la chaîne ABC. Un héritier texan du pétrole installé à Los Angeles, une avocate qui fait tourner l’agence, un ordinateur surnommé Baby et une décapotable : Matt Houston a occupé les écrans américains à partir de 1982.
Matt Houston : fiche technique
Titre original : Matt Houston
Création : Lawrence Gordon
Production : Aaron Spelling Productions, avec Aaron Spelling et E. Duke Vincent comme producteurs exécutifs
Musique : Dominic Frontiere
Avec : Lee Horsley (Matlock « Matt » Houston), Pamela Hensley (C.J. Parsons), George Wyner (Murray Chase), Buddy Ebsen (oncle Roy Houston à partir de la saison 3)
Voix françaises : Mario Santini (Matt Houston), Élisabeth Wiener (C.J. Parsons)
Format : 69 épisodes répartis sur trois saisons, dont deux au format long
Diffusion américaine : sur ABC, de septembre 1982 à mai 1985
Diffusion française : sur TF1, à partir du 14 février 1985

Synopsis : un millionnaire texan détective à Los Angeles
Matlock Houston, que tout le monde appelle Matt, a hérité d’une fortune pétrolière texane. Envoyé en Californie pour surveiller les intérêts familiaux, il découvre une occupation nettement plus distrayante que les conseils d’administration : l’enquête privée. Rien ne l’y oblige, ce qui fait tout le sel du personnage. Matt Houston enquête parce que cela l’amuse, et parce qu’un ami a toujours un problème.
À ses côtés, C.J. Parsons, avocate de la maison, apporte la rigueur juridique et une complicité amoureuse jamais consommée qui alimente la série sur trois saisons. Murray Chase, le gestionnaire, passe son temps à rappeler qu’une entreprise pétrolière ne se dirige pas depuis une voiture de sport. Les affaires mêlent meurtres, chantages et milieux dorés de Los Angeles, dans le style que la production maison a codifié. Le rôle de C.J. échoit à Pamela Hensley, que les téléspectateurs connaissaient déjà pour son interprétation de la princesse Ardala dans Buck Rogers, et qui impose ici un registre bien plus sobre.

Matt Houston, produit de la fabrique Aaron Spelling
Au début des années 1980, Aaron Spelling règne sur la télévision américaine avec L’Île fantastique, La croisière s’amuse et Dynastie. Sa recette est identifiable entre toutes : décors luxueux, soleil, invités connus chaque semaine, intrigues résolues en cinquante minutes. Matt Houston applique ce cahier des charges au genre policier, en surfant sur la mode texane et pétrolière lancée par Dallas.
Le rôle-titre revient à Lee Horsley, alors quasi inconnu, dont la moustache et la nonchalance deviennent immédiatement la marque de fabrique de la série. L’acteur a raconté par la suite le peu d’affinités qu’il entretenait avec son personnage, résumant leur rapport d’une formule restée célèbre : Matt et lui, c’était le jour et la nuit. Le public, lui, a suivi.

Baby, l’oncle Roy et les virages de la série
La curiosité technologique de Matt Houston s’appelle Baby, l’ordinateur de l’agence, un Apple III doté d’une base de données qui semble tout savoir sur tout le monde. En 1982, l’engin relève encore de la science-fiction domestique, et la série s’en sert comme d’un personnage secondaire à part entière, sollicité à chaque impasse de l’enquête.
Le format évolue nettement au fil des saisons. Les premiers épisodes accordent une large place au monde des affaires et aux amis milliardaires ; la troisième saison resserre le récit sur l’enquête pure et fait entrer Buddy Ebsen dans le rôle de l’oncle Roy, ancien détective. Le choix n’est pas anodin : Ebsen venait d’incarner pendant huit ans le détective de Barnaby Jones, autre production de la même écurie.

Le générique de Matt Houston, signé Dominic Frontiere
La musique est l’œuvre de Dominic Frontiere, compositeur chevronné passé par Au-delà du réel, Les Envahisseurs et Shérif, fais-moi peur. Son thème pour Matt Houston mêle cuivres claquants et rythmique enlevée, dans cette veine orchestrale que la télévision américaine des années 1980 pratiquait encore avant de basculer vers le synthétiseur.
Le montage du générique tient de la carte postale : hélicoptères, gratte-ciel, chevaux, décapotable et sourire du héros. En moins d’une minute, il annonce exactement le programme, une série où l’enquête se déroule au soleil et où le luxe fait partie du décor. C’est aussi ce générique que les téléspectateurs français ont retenu bien plus que le détail des intrigues.
Matt Houston, un classique intemporel des séries des années 1980
Arrêtée au printemps 1985 après trois saisons, la série a connu en France une seconde vie considérable grâce aux rediffusions du début des années 1990, dans ces cases d’après-midi qui ont façonné la culture télévisuelle de toute une génération. Elle appartient à la même famille que Deux flics à Miami, celle des séries policières solaires où le cadre compte autant que l’énigme.
L’intégrale des trois saisons a été éditée en coffret DVD en juillet 2016, permettant de redécouvrir une série longtemps invisible. Reste l’image d’un détective qui n’avait aucune raison de travailler et qui enquêtait quand même, formule que peu de héros de fiction ont poussée aussi loin. La chaîne qui a diffusé Matt Houston pendant trois saisons présente toujours ses programmes sur son site officiel.





