L’Homme qui valait trois milliards (The Six Million Dollar Man) – 1974

L’Homme qui valait trois milliards est la série américaine produite par Universal Television pour ABC, adaptée du roman Cyborg de Martin Caidin, qui a transformé Lee Majors en premier héros bionique du petit écran. Un astronaute reconstruit, des courses au ralenti et un bruitage inoubliable : L’Homme qui valait trois milliards a fait son apparition sur les écrans américains en 1974.

L’Homme qui valait trois milliards : fiche technique

Titre original : The Six Million Dollar Man
D’après : le roman Cyborg de Martin Caidin (1972)
Production : Harve Bennett (producteur exécutif), pour Universal Television
Avec : Lee Majors (Steve Austin), Richard Anderson (Oscar Goldman), Alan Oppenheimer puis Martin E. Brooks (Dr Rudy Wells)
Format : trois téléfilms en 1973, puis cinq saisons et près d’une centaine d’épisodes d’une cinquantaine de minutes
Diffusion américaine : sur ABC, premier téléfilm le 7 mars 1973, série hebdomadaire du 18 janvier 1974 au 6 mars 1978
Diffusion française : sur Antenne 2, à partir du 11 janvier 1975 dans l’émission Un jour futur de Michel Lancelot, avec Dominique Paturel pour voix française de Lee Majors

L'Homme qui valait trois milliards – visuel de la série avec Lee Majors – 1974

Synopsis : Steve Austin, l’astronaute reconstruit

L’Homme qui valait trois milliards suit le colonel Steve Austin, astronaute qui a marché sur la Lune, devenu pilote d’essai. Aux commandes d’un prototype, il s’écrase dans le désert et perd les deux jambes, le bras droit et l’œil gauche. Oscar Goldman, patron de l’OSI, une agence gouvernementale secrète, autorise une opération hors de prix : le Dr Rudy Wells remplace les membres perdus par des implants bioniques. Steve court désormais à près de cent kilomètres à l’heure, soulève des voitures et dispose d’un œil capable de zoomer au loin.

En contrepartie, il devient agent de l’OSI et part en mission contre espions, saboteurs et savants dévoyés. Le générique résume tout : « Messieurs, nous pouvons le reconstruire. Nous en avons la technologie. » Les images du crash qui l’accompagnent sont authentiques : elles montrent l’accident de l’avion expérimental M2-F2 en 1967, dont le pilote d’essai Bruce Peterson était sorti vivant.

Ce qui rend L’Homme qui valait trois milliards attachant, c’est la modestie de son héros. Steve Austin n’a rien d’un surhomme arrogant : il doute, s’interroge sur la part de machine qui l’habite et refuse souvent la violence. Les scénaristes jouent de ce contraste entre une force hors norme et un homme ordinaire au caractère posé. L’Homme qui valait trois milliards installe ainsi un ton rassurant, idéal pour la diffusion familiale du samedi.

L'Homme qui valait trois milliards – Lee Majors dans le rôle de Steve Austin – 1974

Du roman Cyborg au titre en anciens francs

Le personnage naît en 1972 sous la plume de Martin Caidin, écrivain passionné d’aviation. ABC en tire un premier téléfilm en mars 1973, puis deux autres à l’automne dans une veine à la James Bond, avant de lancer la série hebdomadaire en janvier 1974. Sous l’impulsion de Harve Bennett, L’Homme qui valait trois milliards devient plus familial, et se tourne peu à peu vers la science-fiction, avec extraterrestres, robots et créatures.

Et ce titre français ? Six millions de dollars font environ trente millions de francs, soit trois milliards d’anciens francs, un chiffre bien plus spectaculaire en 1975, même si le nouveau franc circule depuis quinze ans. Côté distribution, Lee Majors sort du western La Grande Vallée. Il vient d’épouser Farrah Fawcett, qui fait quelques apparitions dans la série avant de devenir l’une des vedettes de Drôles de dames.

L'Homme qui valait trois milliards – Steve Austin et Oscar Goldman – 1974

Ralenti, bruitage et Bigfoot : les secrets d’un phénomène

Pour montrer la vitesse de Steve Austin, la production choisit un parti pris audacieux : le ralenti. Chaque exploit bionique est filmé au ralenti et souligné par un bruitage métallique que tous les enfants de l’époque imitaient dans les cours de récréation. En 1976, un épisode en deux parties oppose même le héros à Bigfoot, incarné par le catcheur André le Géant. Le fabricant Kenner commercialise dès 1975 une figurine de Steve Austin, avec un œil à travers lequel on regarde et un bras bionique à la peau retroussable.

En 1975, L’Homme qui valait trois milliards présente aussi Jaimie Sommers, l’amour de jeunesse de Steve, jouée par Lindsay Wagner. Le personnage séduit tant qu’il obtient sa propre série, Super Jaimie, et les deux héros se croisent régulièrement d’un programme à l’autre.

L'Homme qui valait trois milliards – Jaimie Sommers et Steve Austin – 1974

L’Homme qui valait trois milliards, un classique intemporel des séries des années 70

La série s’arrête en mars 1978, après cinq saisons. Lee Majors rebondit aussitôt avec L’Homme qui tombe à pic, puis retrouve Steve Austin dans trois téléfilms, en 1987, 1989 et 1994. En France, L’Homme qui valait trois milliards a été rediffusé sur Antenne 2, TF1 puis La Cinq, avant de revenir en version remastérisée en haute définition sur Paramount Channel en 2020. Un film de cinéma est annoncé depuis des années, sans avoir encore vu le jour.

Le rôle de Steve Austin colle à la peau de Lee Majors, qui l’a incarné pendant plus de vingt ans. Quant à Richard Anderson, disparu en 2017, il reste pour toujours le fidèle Oscar Goldman, patron bienveillant et un brin paternel. L’Homme qui valait trois milliards a aussi inspiré de nombreux clins d’œil dans la culture populaire, du cinéma aux jeux vidéo, sans oublier les parodies de la fameuse course au ralenti.

Cinquante ans plus tard, L’Homme qui valait trois milliards reste le premier super-héros bionique de la télévision, l’ancêtre de tous les cyborgs du petit et du grand écran. Revoir L’Homme qui valait trois milliards, c’est retrouver la course au ralenti de Lee Majors, que l’on peut suivre aujourd’hui sur son compte Instagram officiel.

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