Le Magicien (The Magician) – 1973
Le Magicien est la série américaine produite par Paramount Television pour NBC, portée par Bill Bixby dans le rôle d’un illusionniste qui met ses tours au service des victimes d’injustice. Un avion privé, une Corvette blanche et des numéros de magie exécutés sans trucage de caméra : Le Magicien a fait son apparition sur les écrans américains en 1973.
Le Magicien : fiche technique
Titre original : The Magician
Création et production : Bruce Lansbury, pour Paramount Television
Pilote : écrit par Joseph Stefano, réalisé par Marvin J. Chomsky
Conseiller magie : Mark Wilson
Avec : Bill Bixby (Anthony Blake), Keene Curtis (Max Pomeroy), Todd Crespi (Dennis Pomeroy), Jim Watkins (Jerry Anderson), Joseph Sirola (Dominick)
Format : un téléfilm pilote puis une vingtaine d’épisodes d’une cinquantaine de minutes, en une seule saison
Diffusion américaine : sur NBC, pilote le 17 mars 1973, série à partir d’octobre 1973 et jusqu’au printemps 1974
Diffusion française : sur Antenne 2, à partir du 27 juillet 1975, avec Bernard Murat pour voix française de Bill Bixby

Synopsis : Anthony Blake, l’illusionniste justicier
Le Magicien raconte l’histoire d’Anthony Blake, dit Tony, vedette des scènes de music-hall et homme fortuné. Des années plus tôt, il a été emprisonné en Amérique du Sud pour un crime qu’il n’avait pas commis. Son compagnon de cellule lui a appris l’art de l’évasion, et Blake s’est échappé avec lui. À sa mort, le vieil homme lui a légué une fortune. De cette épreuve, Blake a gardé deux choses : un talent d’artiste de l’évasion devenu métier, et une horreur viscérale de l’injustice.
Chaque épisode du Magicien suit donc le même principe : entre deux représentations, Blake vient en aide à des gens pris au piège d’une machination, d’un chantage ou d’une fausse accusation. Ses armes ne sont ni les poings ni le revolver, mais la prestidigitation, l’évasion, les faux-semblants et une mémoire photographique. Il est épaulé par Max Pomeroy, chroniqueur qui lui signale les affaires, par Dennis, le fils de Max, et par Jerry Anderson, le pilote de son avion.

Bill Bixby, un vrai magicien devant la caméra
Quand la série démarre, Bill Bixby est déjà un visage familier du public américain, grâce à la comédie Mon Martien favori puis à Courtship of Eddie’s Father. Le Magicien marque son passage vers des rôles plus dramatiques, quelques années avant qu’il ne devienne le docteur David Banner de L’Incroyable Hulk. Mais ce rôle-là lui tient particulièrement à cœur : Bixby est un magicien amateur passionné.
L’acteur exige d’exécuter lui-même les tours à l’écran, sans montage ni effet spécial. Pour cela, la production engage l’illusionniste Mark Wilson, figure de la magie à la télévision américaine, qui le forme aux illusions et supervise chaque numéro. Le parti pris donne au Magicien son cachet : quand une carte disparaît ou qu’un objet change de main, le spectateur sait que rien n’a été truqué au tournage. Revers de la médaille, cette exigence complique un tournage déjà serré.

Du Boeing « Spirit » au Magic Castle d’Hollywood
Dans les premiers épisodes, Tony Blake vit à bord d’un avion de ligne aménagé en résidence, un Boeing 720 baptisé le Spirit, et se déplace au sol dans une Corvette blanche immatriculée SPIRIT. Cet étalage de luxe ne survit pas à la saison. La grève des scénaristes d’Hollywood de 1973 désorganise la production, et le choc pétrolier de l’automne rend ce train de vie malvenu à l’écran. En cours de saison, Le Magicien change de décor sans la moindre explication.
Blake s’installe désormais dans un appartement du Magic Castle, le célèbre club privé consacré à la magie, niché sur les collines d’Hollywood. Le lieu existe bel et bien, et la série en profite pour glisser des apparitions de vrais magiciens. Un nouveau personnage fait alors son entrée, Dominick, joué par Joseph Sirola, tandis que l’avion et son pilote disparaissent de l’intrigue.

Une saison unique et un clin d’œil dans X-Files
Programmé face à des concurrents solides, Le Magicien ne trouve pas son public et NBC l’arrête au printemps 1974, après une seule saison. La série va pourtant marquer un spectateur célèbre : Chris Carter, futur créateur de X-Files, qui en était un fervent admirateur. Il lui rend un hommage discret dans sa propre série : le soir de novembre 1973 où Samantha, la petite sœur de Fox Mulder, est enlevée, les deux enfants regardent justement Le Magicien à la télévision.
En France, Antenne 2 diffuse la série, rediffusée plus tard sur La Cinquième. Seule une partie des épisodes a été doublée en français, ce qui explique que beaucoup de téléspectateurs n’en gardent que quelques images éparses, une cape, une carte à jouer, un sourire en coin de Bill Bixby.
Le Magicien, un classique intemporel des séries des années 70
Avec sa courte existence et ses épisodes jamais tous doublés, Le Magicien appartient à ces séries dont le souvenir a grandi avec le temps. Elle annonce une veine que la télévision exploitera longtemps, celle du héros aux talents singuliers qui redresse les torts sans jamais être payé, et que l’on retrouvera, sur un mode plus fantaisiste, avec Mr Merlin au début des années 80.
Surtout, Le Magicien reste le rôle où Bill Bixby a pu réunir ses deux passions, la comédie et l’illusion, avant que la créature verte de Hulk n’éclipse tout le reste de sa carrière. Revoir aujourd’hui Le Magicien, c’est retrouver une télévision élégante et un peu naïve, où l’on déjouait les complots d’un tour de main. Le club où Tony Blake avait élu domicile accueille toujours les magiciens du monde entier : le site officiel du Magic Castle.





