Zora la rousse – 1979

Zora la rousse est la série européenne en treize épisodes qui a fait rêver les enfants de Récré A2 : une orpheline aux cheveux de feu, une bande de gamins des rues et une forteresse en ruine au bord de l’Adriatique. Adaptée du roman de Kurt Held par Fritz Umgelter, Zora la rousse a été diffusée à partir de 1979.

Zora la rousse : fiche technique

Titre original : Die rote Zora und ihre Bande
Réalisation : Fritz Umgelter
Scénario : d’après le roman de Kurt Held, paru en 1941
Musique : Christian Bruhn et Rolf Unkel
Production : Tele Norm Film, avec Bayerischer Rundfunk, Südwestfunk et la télévision suisse
Coproduction : Allemagne de l’Ouest, Suisse, Yougoslavie
Format : 13 épisodes de 25 minutes environ, en couleur
Distribution : Lidija Kovačević (Zora), Nedeljko Vukasović (Branko Babić)
Voix françaises : Catherine Lafond (Zora), Jackie Berger (Branko)
Diffusion allemande : Das Erste, à partir de 1979
Diffusion suisse : TV DRS
Diffusion française : Antenne 2, à partir du 9 janvier 1981, dans Récré A2

Zora la rousse – jaquette de la série – 1979

Synopsis : Zora la rousse et la bande des Uscoques

Nous sommes dans les années 1930, à Senj, un petit port de la côte croate écrasé de soleil et balayé par la bora. Branko vient de perdre sa mère. Sans famille, sans toit, le garçon est accusé d’un vol qu’il n’a pas commis et se retrouve traqué par toute la ville, jusqu’à ce qu’une main se tende.

C’est là qu’intervient Zora, une orpheline rousse au caractère de feu qui règne sur une bande de garçons livrés à eux-mêmes. Ils se sont installés dans les ruines du château des Uscoques, du nom des anciens corsaires de l’Adriatique, et se sont donné ce nom en héritage. Zora la rousse raconte leur quotidien de débrouille : les rapines pour manger, les pêcheurs qui les protègent, les notables qui veulent les envoyer à l’orphelinat, et cette solidarité farouche qui vaut mieux qu’une famille. Chaque épisode tient en vingt-cinq minutes et se referme sur une victoire minuscule : un repas gagné, un adulte berné, un camarade tiré d’affaire.

Zora la rousse – la bande des Uscoques – 1979

Kurt Held, l’exilé qui a rencontré la vraie Zora

L’histoire de Zora la rousse est née d’une rencontre. Kurt Held est le pseudonyme de Kurt Kläber (1897-1959), écrivain allemand arrêté au lendemain de l’incendie du Reichstag et réfugié en Suisse, à Carona, dans le Tessin. Encouragé par son épouse, l’auteure pour la jeunesse Lisa Tetzner, il se met à écrire pour les enfants.

En 1940, un voyage en Croatie lui fait croiser à Senj une bande d’enfants abandonnés menée par une fille. Le livre paraît l’année suivante à Aarau, sous le titre Die rote Zora und ihre Bande, et devient son plus grand succès, traduit dans le monde entier et lu en classe pendant des décennies. Kurt Held sera naturalisé suisse en 1948 et passera la fin de sa vie près de Lugano.

Zora la rousse – Lidija Kovačević dans le rôle de Zora – 1979

Le générique de Zora la rousse, de Christian Bruhn à Kity Palm

La musique est signée Christian Bruhn, l’un des compositeurs allemands les plus prolifiques de sa génération, également auteur du thème de Capitaine Flam et de plusieurs génériques restés célèbres en France, épaulé ici par Rolf Unkel. Pour Zora la rousse, il écrit un thème ample et légèrement mélancolique, quelque part entre la chanson populaire et la musique de film d’aventure.

La version française, sur des paroles de Pierre Carrel, est interprétée par Kity Palm et sort en 45 tours en 1981. Ce générique a fait beaucoup pour la légende de la série : des milliers d’enfants ont su chanter le refrain de Zora la rousse bien avant de savoir situer la Croatie sur une carte.

Zora la rousse, l’orpheline qui a remplacé San Ku Kaï

En France, la série arrive le vendredi 9 janvier 1981 vers dix-huit heures sur Antenne 2, dans Récré A2. Elle y prend la place de San Ku Kaï, retiré de l’antenne parce qu’il était jugé trop violent : un feuilleton d’enfants pauvres tourné en décors naturels succède ainsi aux combats spatiaux, et le public suit sans broncher. Zora la rousse sera rediffusée les étés 1983 et 1985.

Pour tenir le rôle-titre, la production choisit Lidija Kovačević, quatorze ans, dont les cheveux bruns sont teints en roux pour l’occasion. Ce sera son unique rôle à l’écran : elle quittera ensuite le métier pour devenir enseignante. Comme La Pierre Blanche quelques années plus tôt, Zora la rousse appartient à cette famille de séries européennes lentes et vraies, tournées loin des studios, qui ont marqué les après-midi de télévision des enfants français.

Zora la rousse – scène de la série à Senj – 1979

Zora la rousse, un classique intemporel de la télévision jeunesse

Le succès du personnage a largement dépassé la série. En Suisse, un prix Zora a récompensé de 1991 à 2006 les projets médias pour la jeunesse qui font avancer l’égalité entre filles et garçons, et le roman a connu une nouvelle adaptation au cinéma en 2007. En France, l’intégrale a été éditée en DVD et les épisodes continuent de circuler parmi les nostalgiques de Récré A2.

Il faut dire que Zora la rousse proposait quelque chose de rare à la télévision de 1981 : une héroïne qui décide, qui se bat, qui commande à des garçons et qu’aucun adulte n’arrive à faire rentrer dans le rang. Quarante ans plus tard, c’est encore cette image qui remonte en premier, avec la mer, les pierres chaudes et le refrain de Kity Palm. La musique de la série est présentée sur le site officiel de Christian Bruhn.

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