L’Incroyable Hulk – 1977

L’Incroyable Hulk est la série américaine créée par Kenneth Johnson pour CBS, produite par Universal Television d’après le personnage imaginé par Stan Lee et Jack Kirby. Un médecin en fuite, un journaliste à ses trousses et une créature verte qui surgit dès que la colère l’emporte : L’Incroyable Hulk a fait son apparition sur les écrans américains en 1977.

L’Incroyable Hulk : fiche technique

Titre original : The Incredible Hulk
Création : Kenneth Johnson, d’après le personnage de Stan Lee et Jack Kirby
Production : Universal Television pour CBS
Musique : Joe Harnell
Avec : Bill Bixby (docteur David Banner), Lou Ferrigno (le Hulk), Jack Colvin (le journaliste Jack McGee)
Narration et voix de la créature : Ted Cassidy, puis Charles Napier
Format : deux téléfilms en 1977, puis quatre-vingts épisodes d’une cinquantaine de minutes répartis sur cinq saisons
Diffusion américaine : sur CBS, du 4 novembre 1977 au 12 mai 1982
Diffusion française : sur TF1, à partir du 20 décembre 1980

L'Incroyable Hulk – jaquette de la série – 1977

Synopsis : la fuite du docteur David Banner

L’Incroyable Hulk s’ouvre sur un deuil. Le docteur David Banner, médecin et chercheur, a perdu sa femme dans un accident de voiture dont il n’a pas réussi à la sortir. Obsédé par ces réserves de force que certains êtres humains libèrent dans l’urgence, il expérimente sur lui-même et s’expose à une dose massive de rayons gamma. Depuis, chaque accès de colère le transforme en une créature verte de plus de deux mètres, d’une puissance considérable et sans souvenir de sa vie d’homme.

La série adopte alors la structure du feuilleton itinérant. Officiellement mort, Banner va de ville en ville sous un faux nom, accepte des emplois précaires, aide ceux qu’il croise et repart avant que Jack McGee, reporter du National Register, ne le rattrape. McGee tient la créature pour un assassin et fait de cette traque le combat de sa vie. Comme dans Manimal, le héros doit dissimuler une métamorphose que personne ne doit voir, mais L’Incroyable Hulk en tire une tonalité nettement plus sombre : ici, le pouvoir est une malédiction, jamais un atout.

L'Incroyable Hulk – Bill Bixby dans le rôle du docteur David Banner – série 1977

L’Incroyable Hulk, une idée de Kenneth Johnson

Quand Universal lui propose d’adapter le comic book, Kenneth Johnson refuse : l’idée d’un monstre vert lui semble puérile. Il accepte finalement en la rapprochant de deux références qui n’ont rien de la bande dessinée, Les Misérables de Victor Hugo, dont McGee reprend la fonction de Javert lancé aux trousses de Jean Valjean, et L’Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde. Le format itinérant du Fugitif fait le reste, et L’Incroyable Hulk devient un drame adulte sur la culpabilité et la solitude.

Johnson rebaptise également son héros. Le Bruce Banner des comics devient David Banner, le producteur voulant échapper aux prénoms allitératifs chers à Stan Lee et signaler d’emblée que la série ne s’adresse pas qu’aux enfants. Le personnage conserve tout de même Bruce comme deuxième prénom, clin d’œil aux lecteurs. Pour l’incarner, Johnson choisit Bill Bixby, visage familier du public américain depuis Mon Martien favori, dont la retenue mélancolique donne au rôle une densité inattendue.

L'Incroyable Hulk – Bill Bixby et Lou Ferrigno – série 1977

Trois heures de maquillage pour devenir la créature

Le rôle de la créature revient d’abord à Richard Kiel, le Requin des James Bond, engagé pour sa taille impressionnante. Il est remplacé après une semaine et demie de tournage : sa silhouette longiligne ne traduit pas la puissance attendue. Arnold Schwarzenegger passe une audition et se voit écarté pour une raison inverse, il n’est pas assez grand. Le rôle échoit à Lou Ferrigno, culturiste couronné deux fois Mister Univers, dont la carrure impose immédiatement le personnage.

La préparation quotidienne relève de l’endurance. Le maquillage se fait en cinq étapes et demande près de trois heures : peinture verte sur tout le corps, perruque en poil de yak teint, prothèses de front et de nez, et surtout des lentilles de contact blanches si inconfortables qu’il faut les retirer tous les quarts d’heure. Les scènes de transformation de L’Incroyable Hulk combinent des gros plans de Bixby aux yeux blanchis, des vêtements qui craquent et des plans de Ferrigno, un artisanat de fondus enchaînés que la série répète quasiment à l’identique pendant cinq ans.

L'Incroyable Hulk – Lou Ferrigno dans le rôle de la créature – série 1977

L’Incroyable Hulk et le thème du solitaire

La musique compte pour beaucoup dans le souvenir laissé par la série. Joe Harnell signe The Lonely Man, ce thème de piano mélancolique qui accompagne, à la fin de chaque épisode, la silhouette de Banner marchant seul au bord d’une route, le pouce levé. Le générique d’ouverture, lui, est porté par la voix grave de Ted Cassidy et par une réplique devenue proverbiale : « Ne me mettez pas en colère. Vous ne m’aimeriez pas quand je suis en colère. »

Le public suit. L’Incroyable Hulk termine sa première saison à la vingt-sixième place des audiences américaines et remporte régulièrement sa case du vendredi soir jusqu’en 1982. La série récolte même une distinction rare pour un programme fantastique : Mariette Hartley obtient l’Emmy Award de la meilleure actrice dans une série dramatique pour l’épisode Married, où Banner épouse une psychiatre atteinte d’un mal incurable. En France, TF1 lance la série le 20 décembre 1980, avec Daniel Gall pour voix française de Bill Bixby.

L’Incroyable Hulk, un classique intemporel des séries fantastiques

CBS arrête la série en 1982 sans lui offrir de conclusion. NBC répare l’oubli six ans plus tard avec trois téléfilms où Bill Bixby et Lou Ferrigno reprennent leurs rôles : Le Retour de l’incroyable Hulk (1988), qui introduit Thor, Le Procès de l’incroyable Hulk (1989), qui révèle Daredevil au grand public bien avant les studios Marvel, et La Mort de l’incroyable Hulk (1990). Bill Bixby, passé derrière la caméra pour les deux derniers, disparaît en 1993.

Longtemps rediffusée sur les chaînes françaises, L’Incroyable Hulk reste l’adaptation la plus émouvante du personnage, celle qui a préféré la fuite d’un homme seul au spectacle de la destruction. Une génération entière garde en mémoire les mêmes images : deux yeux qui blanchissent, une chemise qui se déchire, puis ce piano dans le générique de fin. Le personnage poursuit sa carrière sur la fiche officielle Marvel de Hulk.

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