Shérif fais-moi peur (The Dukes of Hazzard) – 1979
Shérif fais-moi peur est la série américaine créée par Gy Waldron pour CBS et produite par Warner Bros. Television, qui suit les cousins Duke dans leurs courses-poursuites à travers le comté de Hazzard. Une Dodge Charger orange, un shérif maladroit et un notable corrompu vêtu de blanc : Shérif fais-moi peur a fait son apparition sur les écrans américains en 1979.
Shérif fais-moi peur : fiche technique
Titre original : The Dukes of Hazzard
Création : Gy Waldron, d’après son film Moonrunners (1975)
Production : Warner Bros. Television, avec Paul R. Picard Productions puis Lou Step Productions
Avec : Tom Wopat (Luke Duke), John Schneider (Bo Duke), Catherine Bach (Daisy Duke), Denver Pyle (oncle Jesse), Sorrell Booke (Boss Hogg), James Best (shérif Rosco P. Coltrane), Ben Jones (Cooter)
Narrateur : Waylon Jennings
Format : 147 épisodes d’environ 50 minutes, en sept saisons
Diffusion américaine : sur CBS, du 26 janvier 1979 au 8 février 1985
Diffusion française : sur Antenne 2, à partir du 14 septembre 1980, puis rediffusions sur La Cinq, TMC, RTL9 et NRJ 12 ; Claude Joseph prête sa voix au shérif Rosco, Roger Carel puis Claude Nicot à Boss Hogg

Bo, Luke et Daisy, les Robin des bois de Géorgie
Shérif fais-moi peur se déroule dans le comté imaginaire de Hazzard, quelque part en Géorgie. Bo et Luke Duke y vivent à la ferme de leur oncle Jesse, un ancien bouilleur de cru, en compagnie de leur cousine Daisy, serveuse au Boar’s Nest. Condamnés autrefois pour transport d’alcool de contrebande, les deux garçons sont en liberté surveillée : interdiction de porter une arme à feu, d’où les fameux arcs et leurs flèches à la dynamite.
Face à eux règne Jefferson Davis Hogg, dit Boss Hogg, commissaire du comté aussi gourmand que malhonnête, qui multiplie les combines pour s’enrichir. Son beau-frère, le shérif Rosco P. Coltrane, et son adjoint Enos se lancent à chaque épisode aux trousses des Duke, qui déjouent les magouilles et finissent immanquablement par envoyer la voiture de police dans une mare.

Shérif fais-moi peur : d’un film de contrebandiers à la série culte
L’histoire de Shérif fais-moi peur commence en 1975 avec Moonrunners, un petit film de Gy Waldron inspiré par Jerry Rushing, un authentique transporteur d’alcool clandestin de Caroline du Nord. Le producteur Paul R. Picard convainc Waldron d’en tirer une série familiale : les contrebandiers deviennent de gentils garnements, la violence laisse place aux cascades et à l’humour.
Les cinq premiers épisodes sont tournés en Géorgie, autour de Covington et Conyers, avant que la production ne s’installe en Californie, sur le terrain de la Warner à Burbank. Pour le générique, le chanteur country Waylon Jennings compose et interprète Good Ol’ Boys, qui atteint la première place du classement country américain et la 21e du Billboard Hot 100 en 1980. Jennings est aussi la voix du narrateur, dont les commentaires malicieux ponctuent chaque épisode de Shérif fais-moi peur.

La General Lee, star à quatre roues
La vraie vedette de Shérif fais-moi peur roule en Dodge Charger de 1969. Peinte en orange, frappée du numéro 01 et d’un klaxon qui joue les premières notes de Dixie, la General Lee a les portières soudées : les cousins y entrent en se glissant par les fenêtres, un geste que des millions d’enfants ont imité. Ses sauts spectaculaires ont un prix, car la voiture ne se relève presque jamais d’une réception. Selon les estimations, plus de 300 Charger ont été utilisées pendant le tournage, et seule une poignée existe encore aujourd’hui. Les amateurs de voitures vedettes la placent volontiers aux côtés de KITT, la Pontiac de K2000.
En 1982, un conflit éclate en coulisses : Tom Wopat et John Schneider quittent le plateau pour protester contre leurs salaires et le partage des revenus tirés des produits dérivés. La production les remplace par deux cousins inventés pour l’occasion, Coy et Vance Duke, joués par Byron Cherry et Christopher Mayer. Le public boude l’échange, et Bo et Luke reviennent au bout de dix-neuf épisodes, au début de 1983.

Un triomphe d’audience et une longue descendance
Au sommet de sa gloire, lors de la saison 1980-1981, Shérif fais-moi peur se classe deuxième des audiences américaines, juste derrière Dallas, avec plus de 21 millions de téléspectateurs. La série engendre une avalanche de produits dérivés, un spin-off consacré à l’adjoint Enos (1980), une version animée signée Hanna-Barbera en 1983, deux téléfilms de retrouvailles en 1997 et 2000, puis un film de cinéma en 2005. Le short en jean de Catherine Bach laisse même son nom dans la langue : aux États-Unis, on parle encore de « Daisy Dukes ».
Shérif fais-moi peur, un classique intemporel des séries des années 80
En France, Shérif fais-moi peur a accompagné plusieurs générations, d’Antenne 2 aux rediffusions de La Cinq puis des chaînes du câble. Le rire tonitruant de Rosco, son basset Flash et les colères de Boss Hogg font partie de ces souvenirs d’enfance qu’on partage d’un simple « Yee-haw ! ». Dans la même veine d’action bon enfant et de cascades à la chaîne, L’Homme qui tombe à pic occupait les écrans à la même époque.
L’image du drapeau confédéré peint sur le toit de la General Lee a pourtant rattrapé la série : en 2015, la chaîne TV Land a retiré Shérif fais-moi peur de sa grille. Reste une série à l’énergie communicative, où personne ne meurt jamais et où chaque poursuite se termine par un éclat de rire. Revoir Shérif fais-moi peur aujourd’hui, c’est retrouver la liberté des routes de terre et l’insouciance d’une télévision qui ne se prenait pas au sérieux. L’univers de la série continue de vivre chez ses fans : Cooter’s Place, le musée de Ben Jones, l’interprète de Cooter.





