The Sentinel – 1996
The Sentinel est la série qui a fait entrer dans les foyers français un flic capable de repérer un chuchotement à l’autre bout d’un entrepôt et de lire une plaque d’immatriculation à huit cents mètres. Créée par Danny Bilson et Paul De Meo pour le réseau américain UPN, The Sentinel est une série policière fantastique américaine sortie en 1996.
The Sentinel : fiche technique
Titre original : The Sentinel, diffusée aussi sous le titre La Sentinelle
Création : Danny Bilson et Paul De Meo
Production : Pet Fly Productions et Paramount Network Television, avec Gail Morgan Hickman parmi les producteurs
Musique : John M. Keane
Format : 4 saisons et 65 épisodes d’environ 45 minutes, en couleur
Tournage : Vancouver et sa région, en Colombie-Britannique
Distribution : Richard Burgi (détective Jim Ellison), Garett Maggart (Blair Sandburg), Bruce A. Young (capitaine Simon Banks), Ken Earl (détective Joel Taggert), Anna Galvin (Megan Connor), Kelly Curtis (Carolyn Plummer), Leigh Taylor-Young (Naomi Sandburg), Perry King (William Ellison)
Voix françaises : Bernard Lanneau (Richard Burgi), Lionel Tua (Garett Maggart), Thierry Desroses (Bruce A. Young), Jean-François Lalet (Ken Earl), Rafaèle Moutier (Anna Galvin)
Diffusion américaine : UPN, du 20 mars 1996 au 24 mai 1999
Diffusion française : M6, du 17 novembre 1997 au 1er octobre 1999, dans La Trilogie du samedi

Deux scénaristes de comics aux commandes
Avant de créer cette série, Danny Bilson et Paul De Meo avaient déjà un solide passé de raconteurs d’histoires à super-pouvoirs : le scénario de Rocketeer pour Disney en 1991, et surtout la série Flash pour CBS en 1990, une adaptation de comic book restée culte malgré sa saison unique. Avec The Sentinel, le duo troque le costume moulant contre un blouson de flic : pas de cape, pas de masque, seulement cinq sens poussés au maximum.
L’idée de départ vient de l’anthropologie, ou plutôt de l’usage romanesque qu’en fait la fiction. Dans la série, le jeune chercheur Blair Sandburg s’appuie sur les écrits de l’explorateur victorien Richard Burton, qui aurait décrit chez certaines peuplades des guetteurs aux perceptions hors norme, chargés de veiller sur leur tribu. Ces sentinelles constituent le sujet de sa thèse, et Jim Ellison en est le spécimen vivant qu’il cherchait depuis des années.

Synopsis : The Sentinel, un flic et un anthropologue
The Sentinel s’ouvre sur un souvenir de jungle. Ancien officier des forces spéciales, Jim Ellison a survécu dix-huit mois dans la forêt péruvienne après le crash de son hélicoptère, seul rescapé de son unité. De retour aux États-Unis, il devient inspecteur à la criminelle de Cascade, ville portuaire imaginaire de l’État de Washington, et reprend une vie ordinaire jusqu’au jour où ses sens se dérèglent : les odeurs l’assaillent, les bruits le paralysent, la lumière le brûle.
C’est là qu’intervient Blair Sandburg, étudiant chevelu, bavard et parfaitement inadapté au monde policier, qui s’impose comme consultant pour observer son sujet d’étude de près. Le capitaine Simon Banks, patron sceptique mais loyal, ferme les yeux sur cet arrangement peu réglementaire. La mécanique de The Sentinel tient dans ce duo mal assorti : le taiseux et le volubile, le soldat et l’universitaire, une enquête par épisode et un secret à protéger.

The Sentinel sur M6, un rituel du samedi soir
Aux États-Unis, The Sentinel démarre le 20 mars 1996 sur UPN, jeune réseau lancé un an plus tôt par Paramount et qui cherche alors son public avec des séries de genre. En France, M6 l’installe à partir du 17 novembre 1997 dans La Trilogie du samedi, ce bloc de trois épisodes d’affilée qui a formé le goût de toute une génération pour le fantastique télévisuel, aux côtés de Buffy contre les vampires, Highlander ou Roswell.
Le public français retrouvait là une formule qu’il connaissait bien depuis les années 1980, celle du héros doté d’un don impossible mis au service de la police, déjà exploitée par Manimal une quinzaine d’années plus tôt. The Sentinel y ajoute le ton ironique et la caution pseudo-scientifique des années 1990. La diffusion française s’achève le 1er octobre 1999, avant de longues années de rediffusions sur W9, Jimmy, France 4 et TFX.

Une quatrième saison arrachée par les fans
Le moment le plus marquant de l’histoire de la série ne se joue pas à l’écran, mais dans les boîtes aux lettres de Paramount. En mai 1998, après trois saisons et un final en forme de cliffhanger cruel, Sentinel Too, qui laissait Blair Sandburg entre la vie et la mort, UPN annonce l’arrêt du programme. Les spectateurs refusent le verdict et s’organisent : campagnes de courriers, pétitions, site dédié baptisé Support Our Sentinel, relances coordonnées vers la chaîne, la production et la presse.
La mobilisation paie, en partie. UPN commande huit épisodes supplémentaires, diffusés du 1er février au 24 mai 1999, qui forment une quatrième saison réduite mais permettent de conclure proprement. Danny Bilson lui-même remerciera publiquement les fans pour leur soutien. Le dernier épisode, The Sentinel by Blair Sandburg, règle la question centrale de la série : pour protéger le secret de son ami, Sandburg se déclare publiquement imposteur, sacrifie sa carrière universitaire et prend la plaque d’inspecteur.
The Sentinel, un classique intemporel
Trente ans après son lancement, The Sentinel tient une place particulière dans la mémoire des amateurs de séries fantastiques : celle d’un programme modeste, tourné loin d’Hollywood avec des moyens comptés, qui doit sa survie à l’attachement de son public. La série a nourri l’une des communautés de fans les plus actives de la fin des années 1990, prolifique en fanfictions et en fanzines, longtemps avant que ce vocabulaire ne devienne courant.
Ses deux interprètes ont pris des chemins opposés : Garett Maggart s’est peu à peu éloigné des plateaux, quand Richard Burgi est devenu un visage familier des séries américaines, d’Alerte à Malibu à 24 heures chrono et surtout Desperate Housewives, où il incarne Karl Mayer. Les 65 épisodes ont été édités en coffrets DVD en Amérique du Nord et circulent depuis sur les plateformes. La fiche complète de la série est consultable sur sa page officielle IMDb.





