Last Action Hero – 1993

Last Action Hero est le film qui a osé démonter la mécanique du cinéma d’action au moment précis où celle-ci régnait sans partage sur les étés hollywoodiens. Porté par Arnold Schwarzenegger et réalisé par John McTiernan, Last Action Hero est une comédie d’aventures fantastique produite par Columbia Pictures, sortie en 1993.

Last Action Hero : présentation du film

Last Action Hero est présenté en avant-première à Westwood le 13 juin 1993 et sort dans les salles américaines le 18 juin, puis en France le 11 août de la même année. Derrière la caméra, John McTiernan arrive auréolé de Predator, Piège de cristal et À la poursuite d’Octobre rouge : personne, à l’époque, ne filme mieux que lui une fusillade. Il produit également le film aux côtés de Steve Roth.

L’histoire originale est signée Zak Penn et Adam Leff, le scénario définitif Shane Black et David Arnott. La musique est confiée à Michael Kamen, la photographie à Dean Semler. Au générique : Arnold Schwarzenegger dans le double rôle de Jack Slater et de lui-même, le jeune Austin O’Brien en Danny Madigan, Charles Dance en Mr Benedict, Anthony Quinn en parrain Tony Vivaldi, F. Murray Abraham, Tom Noonan, Mercedes Ruehl, Robert Prosky et Art Carney, dont ce sera le dernier rôle au cinéma.

Le budget atteint 85 millions de dollars, dont 15 millions pour le seul cachet de la vedette. Last Action Hero rapportera 137,3 millions de dollars dans le monde, dont 50 millions seulement en Amérique du Nord, et attirera 1 844 301 spectateurs en France.

Last Action Hero – affiche du film – 1993

Last Action Hero : bienvenue de l’autre côté de l’écran

Danny Madigan, onze ans, vit avec sa mère dans un New York gris et sèche les cours pour se réfugier dans un cinéma de quartier délabré tenu par Nick, vieux projectionniste qui lui offre des séances privées. Un soir, Nick lui tend un ticket doré ayant appartenu à Houdini et le laisse découvrir seul Jack Slater IV. Au milieu d’une explosion, le ticket s’illumine et Danny est aspiré à l’intérieur du film.

Le voilà passager d’un Los Angeles saturé de soleil où les voitures explosent en cascade, où les seconds rôles sont des personnages de dessin animé et où son héros, le lieutenant Jack Slater, refuse obstinément d’admettre qu’il est de fiction. Tout bascule quand le tueur Benedict s’empare du ticket et franchit l’écran dans l’autre sens : dans le monde réel, les balles font mal et Slater n’est plus invincible. C’est là que Last Action Hero cesse d’être une parodie pour devenir un vertige.

Last Action Hero – Danny Madigan seul dans la salle de cinéma – 1993

Last Action Hero, du pastiche au blockbuster

À l’origine, deux scénaristes débutants, Zak Penn et Adam Leff, écrivent une charge féroce contre les films d’action de la décennie précédente, et tout particulièrement contre l’écriture de Shane Black. L’ironie du sort veut que Columbia engage précisément Shane Black, le scénariste de L’Arme fatale, pour réécrire le script avec David Arnott. Suivront, sans apparaître au générique, William Goldman, Carrie Fisher et Larry Ferguson.

John McTiernan décline d’abord la proposition (Robert Zemeckis est un temps envisagé) avant d’accepter tardivement. Le calendrier devient alors intenable : le réalisateur confiera plus tard que Last Action Hero est « sorti en salles cinq ou six semaines après la fin du tournage », sans le temps de montage nécessaire. Shane Black, lui, résumera l’affaire d’une phrase : il y avait là un film qui se débattait pour exister.

Last Action Hero – Arnold Schwarzenegger en Jack Slater – 1993

Une galerie de caméos devenue légendaire

Le film s’amuse à faire défiler tout Hollywood : Sharon Stone et Robert Patrick échappés de leurs propres films, Jean-Claude Van Damme, Chevy Chase, Damon Wayans, Jim Belushi, Timothy Dalton, MC Hammer, Little Richard, Tina Turner pour sa dernière apparition à l’écran, Maria Shriver, et Ian McKellen en Mort sortie du Septième Sceau de Bergman. Danny DeVito prête sa voix à Whiskers, le chat policier en dessin animé.

Le gag le plus commenté de Last Action Hero ne dure pourtant que deux secondes : dans le vidéoclub du monde de fiction, l’affiche de Terminator 2 n’affiche pas Schwarzenegger mais Sylvester Stallone. Trente ans de rivalité entre les deux hommes résumés en un seul plan.

Last Action Hero – Jack Slater arme au poing – 1993

L’anecdote : une fusée dans l’espace et un tyrannosaure

Pour lancer la campagne, Columbia achète le flanc d’une fusée américaine et y fait peindre le titre du film, pour un demi-million de dollars : c’est la première publicité de l’histoire envoyée dans l’espace. Le studio inaugure aussi le procédé sonore Sony Dynamic Digital Sound, que très peu de salles savent alors exploiter correctement.

Mais une projection test en mai 1993 tourne au désastre et les cartons de commentaires sont détruits. Surtout, la sortie est fixée une semaine seulement après celle de Jurassic Park. Arnold Schwarzenegger supplie en vain la production de reculer la date. Résultat : 15,3 millions de dollars pour le premier week-end, une chute de 47 % le suivant, une note CinemaScore de C+ et une perte estimée à 26 millions. Six nominations aux Razzie Awards achèveront l’humiliation.

Last Action Hero – Arnold Schwarzenegger et Austin O'Brien à la première – 1993

Last Action Hero, un classique intemporel

Le temps a fait son travail. Ce que la critique de 1993 prenait pour une pantalonnade prétentieuse ressemble aujourd’hui à l’un des rares films à avoir disséqué son propre genre de l’intérieur, cinq ans avant la vague des parodies post-modernes. Charles Dance a toujours défendu le calendrier comme seul coupable, Arnold Schwarzenegger qualifie désormais Last Action Hero de film sous-estimé, et les chèques de droits d’auteur lui donnent raison.

Sa bande originale, elle, n’a jamais été en échec : disque de platine dès août 1993 et 7e place du Billboard 200, portée par le Big Gun d’AC/DC, dont le clip mettait déjà en scène Jack Slater aux côtés d’Angus Young. Adaptations en jeu vidéo, flipper Data East, rediffusions incessantes : Last Action Hero est devenu un objet culte, le genre de film que l’on redécouvre avec un plaisir coupable et que l’on finit par défendre sérieusement.

L’actualité d’Arnold Schwarzenegger est à suivre sur son site officiel.

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