Top Gun – 1986
Top Gun est un film d’action américain réalisé par Tony Scott et produit par Don Simpson et Jerry Bruckheimer, sorti en 1986. Avec ses chasseurs en contre-jour, ses blousons de cuir et sa bande originale synthétique, Top Gun a fait de Tom Cruise la plus grande star de sa génération et fixé pour longtemps la grammaire du blockbuster estival.
Top Gun : fiche technique
Réalisateur : Tony Scott
Scénario : Jim Cash et Jack Epps Jr., d’après l’article Top Guns d’Ehud Yonay
Avec : Tom Cruise, Kelly McGillis, Val Kilmer, Anthony Edwards, Tom Skerritt, Michael Ironside, Meg Ryan
Musique : Harold Faltermeyer
Production : Don Simpson et Jerry Bruckheimer, pour Paramount Pictures
Budget : environ 15 millions de dollars
Durée : 110 minutes
Sortie : le 16 mai 1986 aux États-Unis, le 17 septembre 1986 en France

Synopsis
Pete Mitchell, dit « Maverick », est un pilote de chasse aussi doué qu’indiscipliné, hanté par la disparition de son père au Viêt Nam. Avec son navigateur et ami Nick « Goose » Bradshaw, il est envoyé à l’école d’excellence de l’US Navy, la fameuse Top Gun, où s’affrontent les meilleurs aviateurs de la flotte. Face à l’impeccable « Iceman », sous le regard sévère du commandant « Viper » et sous le charme de Charlie, une instructrice civile en astrophysique, Maverick va devoir apprendre que le talent ne suffit pas. Un accident en plein vol d’entraînement le confrontera brutalement à ses propres limites.
Un article de magazine à l’origine du film
Tout part d’un reportage. En mai 1983, le journaliste Ehud Yonay publie dans le magazine California un article intitulé Top Guns, consacré à la Navy Fighter Weapons School de la base de Miramar. Don Simpson et Jerry Bruckheimer, alors au sommet de leur art après Flashdance, en achètent les droits presque immédiatement : ils y voient un décor inédit et un sujet parfaitement calibré pour le public jeune.
Restait à trouver un réalisateur. Tony Scott, venu de la publicité comme son frère Ridley, n’avait signé qu’un long métrage, Les Prédateurs, mais son sens du cadre et de la lumière emporta la décision. Quant au rôle principal, Tom Cruise ne l’accepta qu’après avoir volé lui-même en avion de chasse, expérience qui acheva de le convaincre.

Un tournage sous le contrôle de l’US Navy
Le tournage commence le 26 juin 1985 en Californie, à Oceanside puis sur la base aéronavale de Miramar, avant de se poursuivre à Fallon, dans le Nevada. La marine américaine, séduite par le portrait flatteur que dessinait le scénario, mit à disposition ses F-14 Tomcat, ses pilotes et le porte-avions USS Enterprise, moyennant environ 7 800 dollars l’heure de vol. On raconte que Tony Scott, contrarié par la lumière lors d’une séquence de catapultage, paya de sa poche près de 25 000 dollars pour que le navire change de cap et lui offre cinq minutes de soleil bien orienté.
Faute de caméras anamorphiques assez compactes pour les cockpits, l’équipe tourna en Super 35, et de simples Northrop F-5 tinrent le rôle des MiG-28 ennemis, appareils totalement fictifs.
Le film paya cette recherche d’authenticité au prix fort. Le 16 septembre 1985, le pilote de voltige Art Scholl, chargé de filmer des vrilles depuis son appareil, s’abîma en mer au large de Carlsbad. Son corps ne fut jamais retrouvé et Top Gun lui est dédié.
Une bande originale devenue un phénomène
La musique de Top Gun compte autant que ses images. Harold Faltermeyer, à qui l’on doit déjà le thème du Flic de Beverly Hills, signe un score aux synthétiseurs dont l’« Anthem », relevé par la guitare de Steve Stevens, est devenu instantanément reconnaissable. Autour de lui gravitent « Danger Zone » et « Playing with the Boys », interprétés par Kenny Loggins, ainsi que la ballade Take My Breath Away du groupe Berlin, composée par Giorgio Moroder sur des paroles de Tom Whitlock. Cette dernière remporta l’Oscar et le Golden Globe de la meilleure chanson originale et s’installa en tête des classements dans une dizaine de pays.
L’album, lui, occupa cinq semaines la première place du Billboard 200 et fut certifié neuf fois disque de platine aux États-Unis.

Un triomphe mondial et une machine à recruter
Produit pour une quinzaine de millions de dollars, Top Gun en rapporta plus de 353 millions à travers le monde et devint le plus gros succès de l’année 1986, avec près de 3,6 millions d’entrées en France. La critique se montra pourtant réservée, dénonçant un scénario mince et une propagande militaire à peine voilée, quand le public lui attribuait la note maximale dans les sondages de sortie.
La marine américaine installa des stands de recrutement dans les cinémas ; si le chiffre souvent cité d’une hausse de 500 % des engagements reste très contesté, l’effet du film sur l’image de l’aéronavale, lui, ne fait aucun doute. Trois ans plus tard, l’équipe Scott, Cruise, Simpson et Bruckheimer se reformait pour transposer la même recette sur les circuits de la NASCAR avec Jours de Tonnerre, surnommé « Top Gun sur quatre roues ».

Un classique intemporel du cinéma des années 80
Quarante ans plus tard, Top Gun a largement débordé du cadre du film d’action. Sa réplique culte, « I feel the need, the need for speed », a inspiré le nom d’une saga de jeux vidéo de course, ses lunettes d’aviateur et son blouson sont redevenus des objets de mode, et le film a été inscrit en 2015 au National Film Registry de la Bibliothèque du Congrès pour son importance culturelle.
Il a été parodié sans relâche, de Hot Shots! à Team America, avant de connaître en 2022 une suite triomphale, Top Gun: Maverick, qui réunissait Tom Cruise et Val Kilmer trente-six ans après. Peu de longs métrages auront à ce point résumé une décennie. Pour en savoir plus sur le film, vous pouvez consulter sa fiche sur IMDb.






