Dragon Ball – 1986
Dragon Ball est la série d’animation japonaise adaptée du manga d’Akira Toriyama, produite par le studio Toei Animation. Un enfant à queue de singe, un vieux maître d’arts martiaux, sept boules magiques capables d’exaucer un vœu : Dragon Ball a commencé sa carrière à la télévision japonaise en 1986.
Dragon Ball : fiche technique
Titre original : Doragon Bōru
D’après : le manga d’Akira Toriyama, prépublié dans le Weekly Shōnen Jump de 1984 à 1995
Production : Toei Animation
Réalisation : Minoru Okazaki et Daisuke Nishio
Scénario : Takao Koyama
Musique : Shunsuke Kikuchi
Générique japonais : Makafushigi Adventure!, interprété par Hiroki Takahashi
Générique français : interprété par Ariane Carletti
Voix françaises : Brigitte Lecordier (Sangoku), Céline Monsarrat (Bulma), Pierre Trabaud (Tortue Géniale)
Format : 153 épisodes de 25 minutes
Diffusion japonaise : sur Fuji TV, du 26 février 1986 au 19 avril 1989
Diffusion française : sur TF1, à partir du 2 mars 1988, dans le Club Dorothée

Synopsis : Dragon Ball et les sept boules de cristal
Dragon Ball s’ouvre sur un garçon solitaire qui vit dans la montagne, d’une force surhumaine et doté d’une queue de singe : Sangoku. Sa rencontre avec Bulma, adolescente inventive lancée à la recherche des sept boules de cristal, le fait quitter sa forêt. Réunies, ces boules font apparaître le dragon Shenron, qui exauce un vœu avant de les disperser à nouveau aux quatre coins du monde.
Le voyage devient un apprentissage. Sangoku s’entraîne auprès de la Tortue Géniale, se lie d’amitié avec Krilin et Yamcha, affronte l’armée du Ruban Rouge puis le terrible Démon Piccolo, et revient tous les trois ans au tournoi des arts martiaux. Dragon Ball raconte moins la conquête d’un trésor que la construction d’un combattant, épisode après épisode, tournoi après tournoi.

D’Akira Toriyama au Voyage en Occident : la genèse de Dragon Ball
Akira Toriyama, déjà connu pour Dr Slump, s’inspire du roman chinois La Pérégrination vers l’Ouest et de son roi des singes, Sun Wukong. Il en garde le nom du héros, la queue, le bâton magique et le nuage volant, puis emmène le tout ailleurs : gags de cartoon, machines rondes, courses-poursuites dans le désert. Les premiers chapitres tiennent autant de la comédie d’aventure que du récit de combat.
Le succès du manga dans le Weekly Shōnen Jump conduit Toei Animation à lancer l’adaptation dès février 1986. La série suit fidèlement les dix-sept premiers volumes et s’arrête au moment où Sangoku devient adulte, laissant la suite à Dragon Ball Z. Le style visuel, lisible et rond, doit tout au trait de Toriyama, que le studio reproduit sans le trahir.

Le générique français de Dragon Ball, interprété par Ariane
En France, le générique de Dragon Ball ne reprend pas le thème japonais. Comme la plupart des séries du Club Dorothée, la série reçoit une chanson originale produite par AB, interprétée par Ariane Carletti, l’une des animatrices de l’émission. Rythme entraînant, refrain immédiatement mémorisable, montage d’images de combat : le morceau a fait plus pour la notoriété de la série auprès des enfants français que n’importe quelle campagne.
Ce générique fait aujourd’hui figure de madeleine à part entière, au point d’être régulièrement repris en concert et dans les conventions. Il rappelle une époque où chaque anime importé recevait sa chanson française, avec ses propres codes, très éloignés de la version originale composée par Shunsuke Kikuchi.
Dragon Ball au Club Dorothée, un choc pour toute une génération
Le 2 mars 1988, TF1 diffuse le premier épisode de Dragon Ball dans le Club Dorothée. L’accueil est immédiat. La série devient l’un des piliers de l’émission et y restera jusqu’au milieu des années 1990, portée ensuite par le raz-de-marée Dragon Ball Z. Elle ouvre la voie à toute une vague d’animation japonaise sur les chaînes françaises, aux côtés de séries comme Cobra.
Cette popularité s’accompagne d’une polémique durable. Accusée d’être trop violente par une partie de la presse et des associations de parents, la série subit des coupes et des adaptations de dialogues. Les enfants de l’époque, eux, retiennent surtout les combats, les transformations et le vocabulaire qui les accompagne : le Kaméhaméha, le nuage magique, le bâton magique de Sangoku. Les cours de récréation s’organisent autour de la série, les albums d’images s’échangent, et les premières traductions du manga arrivent en librairie française au début des années 1990, chez Glénat, avec un sens de lecture inversé qui fera longtemps débat parmi les lecteurs.

Dragon Ball, un classique intemporel du dessin animé
Le manga d’origine s’est vendu à plus de 260 millions d’exemplaires dans le monde, et la franchise n’a jamais cessé de s’étendre : Dragon Ball Z en 1989, puis GT et Super, des dizaines de films, des jeux vidéo et une industrie de produits dérivés considérable. La mort d’Akira Toriyama, en mars 2024, a donné lieu à des hommages dans le monde entier, jusqu’aux plus hautes autorités japonaises.
Reste la série de 1986, plus légère et plus drôle que ses suites, souvent redécouverte par ceux qui n’ont connu que les affrontements spectaculaires de Dragon Ball Z. Aux côtés d’Albator, le corsaire de l’espace, Dragon Ball a durablement installé l’animation japonaise dans la culture française. Le studio qui l’a produite présente toujours son catalogue sur le site officiel de Toei Animation.





