L’Arme fatale – 1987
L’Arme fatale est le film policier réalisé par Richard Donner, écrit par Shane Black et porté par le duo Mel Gibson et Danny Glover, sorti en 1987. Un flic suicidaire, un père de famille à deux doigts de la retraite, un Noël à Los Angeles et des explosions : avec L’Arme fatale, le buddy movie moderne est né.
L’Arme fatale : fiche technique
Titre original : Lethal Weapon
Réalisation : Richard Donner
Scénario : Shane Black
Avec : Mel Gibson (Martin Riggs), Danny Glover (Roger Murtaugh), Gary Busey (Mr Joshua), Mitchell Ryan (le général Peter McAllister), Tom Atkins (Michael Hunsaker), Darlene Love (Trish Murtaugh), Traci Wolfe (Rianne Murtaugh)
Musique : Michael Kamen, avec Eric Clapton à la guitare et David Sanborn au saxophone
Production : Joel Silver et Richard Donner, pour Warner Bros.
Budget : environ 15 millions de dollars
Box-office : plus de 120 millions de dollars dans le monde, environ 1,8 million d’entrées en France
Durée : 1 h 50
Sorties : le 6 mars 1987 aux États-Unis, le 5 août 1987 en France

Synopsis
L’Arme fatale s’ouvre à Los Angeles, quelques jours avant Noël. Roger Murtaugh, inspecteur de la criminelle, vient de fêter ses cinquante ans entouré des siens et compte bien atteindre la retraite en un seul morceau. Martin Riggs, lui, a perdu sa femme dans un accident de voiture : ancien des forces spéciales, tireur d’exception, il boit seul dans sa caravane en bord de plage et pose chaque soir le canon de son arme contre sa tempe.
La hiérarchie les colle ensemble sur l’enquête ouverte après la chute mortelle d’une jeune femme du haut d’un immeuble. Ce qui ressemble à un suicide les conduit jusqu’à une organisation de trafiquants d’héroïne dirigée par d’anciens militaires, l’Ombre Company, et jusqu’à un tueur au regard vide, Mr Joshua. Le flic qui veut mourir et celui qui veut survivre vont devoir se supporter.
L’Arme fatale : un scénario vendu 250 000 dollars par un inconnu de 24 ans
Le point de départ de L’Arme fatale tient dans un scénario écrit en 1985 par un jeune homme de vingt-quatre ans, Shane Black, alors totalement inconnu à Hollywood. Le texte, sombre et violent, se vend 250 000 dollars et devient l’une des ventes de scénario les plus spectaculaires de la décennie. La première version, d’environ cent quarante pages, poussait beaucoup plus loin la noirceur du personnage de Riggs et s’achevait par un final délirant au-dessus des collines d’Hollywood, abandonné en cours de réécriture.
Richard Donner, qui venait de Superman et de Ladyhawke, allège le propos, y injecte de l’humour et donne à L’Arme fatale ce ton hybride où l’on rit deux minutes avant de voir un homme se faire torturer à l’électricité. Le réalisateur en profite aussi pour glisser dans ses films des convictions personnelles, du militantisme écologiste aux autocollants anti-apartheid collés sur les décors, une habitude qu’il conservera dans toute la saga.

Riggs et Murtaugh, le duo qui a fait L’Arme fatale
Mel Gibson a trente ans et sort de la trilogie Mad Max quand Donner lui propose Riggs. Danny Glover, remarqué dans La Couleur pourpre, est engagé pour Murtaugh. Le réalisateur a raconté que la première lecture commune avait suffi : en quelques pages, les deux acteurs avaient inventé entre eux une relation que le scénario ne faisait qu’esquisser. Le répertoire de répliques qui en découle, du « je suis trop vieux pour ces conneries » de Murtaugh aux provocations suicidaires de Riggs, entrera dans le langage courant.
Face à eux, Gary Busey traversait une période creuse et a demandé lui-même le rôle de Mr Joshua, tueur blond et impassible dont le combat final contre Riggs, sous la pluie et sur la pelouse des Murtaugh, reste l’une des bagarres les plus imitées du cinéma d’action. L’acteur a toujours dit que L’Arme fatale avait relancé sa carrière.
La musique de L’Arme fatale : Michael Kamen, Eric Clapton et un saxophone dans la nuit
La bande originale de L’Arme fatale, signée Michael Kamen, a fait beaucoup pour l’identité du film. Le compositeur confie le thème de Riggs à la guitare d’Eric Clapton, nerveuse et écorchée, et celui de Murtaugh au saxophone de David Sanborn, chaud et fatigué. Deux instruments, deux tempéraments : la musique raconte le duo avant même que les personnages ne se parlent.
Ce soin apporté à la partition tient à l’époque : depuis Top Gun, sorti l’année précédente, les studios américains ont compris qu’une musique identifiable pouvait porter un film d’action aussi loin que ses cascades. L’Arme fatale choisit pourtant la voie inverse du tube radiophonique, avec un score instrumental que l’on reconnaît aux premières notes.

L’Arme fatale, un classique intemporel du cinéma d’action
Pour 15 millions de dollars investis, L’Arme fatale en rapporte plus de 120 dans le monde et attire environ 1,8 million de spectateurs en France. Surtout, le film fixe une formule que le cinéma d’action passera vingt ans à recopier : deux flics que tout oppose, une intrigue policière prétexte, des dialogues qui font rire au milieu du chaos et une amitié qui se construit sous les balles. Trois suites suivront, en 1989, 1992 et 1998, avec le même réalisateur et le même duo, puis une série télévisée en 2016.
Son autre héritage est plus inattendu : décor de Noël, guirlandes et Jingle Bell Rock dès la première scène, L’Arme fatale est devenue avec Piège de cristal l’un des films que l’on ressort chaque hiver en prétendant qu’il s’agit d’un film de Noël. Quant à Shane Black, il fera de cette blague une signature, jusqu’à Iron Man 3. Le studio présente encore la saga de L’Arme fatale sur le site officiel de Warner Bros.






