Dallas – 1978
Dallas est le feuilleton texan créé par David Jacobs pour CBS, dont le tout premier épisode a été diffusé aux États-Unis en 1978. Chapeaux de cow-boy, derricks à perte de vue, piscine de Southfork et coups bas en famille : pendant treize ans, Dallas a imposé le soap opera aux heures de grande écoute et transformé une dynastie de fiction en obsession planétaire.
Dallas : fiche technique
Création : David Jacobs
Production : Lorimar Productions
Producteurs exécutifs : Leonard Katzman, Philip Capice
Avec : Larry Hagman (J.R. Ewing), Patrick Duffy (Bobby Ewing), Linda Gray (Sue Ellen Ewing), Victoria Principal (Pamela Barnes Ewing), Jim Davis (Jock Ewing), Barbara Bel Geddes (Miss Ellie), Ken Kercheval (Cliff Barnes), Charlene Tilton (Lucy Ewing), Steve Kanaly (Ray Krebbs)
Genre : soap opera familial, saga du pétrole
Chaîne d’origine : CBS
Diffusion américaine : du 2 avril 1978 au 3 mai 1991
Format : 14 saisons, 357 épisodes d’environ 45 minutes
Musique : Jerrold Immel
Tournage : Southfork Ranch, à Parker (Texas), et studios de Culver City (Californie)
Première diffusion française : le 24 janvier 1981 sur TF1

Synopsis
Au ranch de Southfork, aux portes de Dallas, règne la famille Ewing, enrichie par le pétrole. Le patriarche Jock et son épouse Miss Ellie veillent sur trois fils que tout oppose. Bobby, le cadet idéaliste, vient d’épouser Pamela Barnes, fille de l’ennemi juré du clan. J.R., l’aîné, dirige la Ewing Oil avec un cynisme souriant et trompe ouvertement sa femme Sue Ellen, ancienne reine de beauté qui sombre dans l’alcool.
Autour d’eux gravitent Lucy, la petite-fille rebelle, Ray Krebbs, le contremaître au passé encombrant, et Cliff Barnes, éternel adversaire de J.R. Rachats hostiles, testaments contestés, mariages ratés et vengeances patiemment mûries : la guerre des Ewing et des Barnes occupera Dallas pendant quatorze saisons.
Dallas : d’une mini-série de cinq épisodes à un empire
Rien ne destinait Dallas à durer. En avril 1978, CBS ne commande à David Jacobs qu’une mini-série de cinq épisodes, conçue au départ comme une histoire de mésalliance à la Roméo et Juliette transposée au Texas. Le succès immédiat pousse la chaîne à transformer l’essai en feuilleton hebdomadaire, et le personnage secondaire de J.R. Ewing prend rapidement toute la place. Larry Hagman, que le public américain connaissait surtout en gentil astronaute de Jeannie de mes rêves, compose un salaud magnifique, souriant et sans remords, qui devient le premier grand méchant que l’on aime détester.
Le vrai Southfork Ranch, à Parker, appartenait alors à une famille texane : la production y tournait chaque été toutes les scènes d’extérieur, avant de rejoindre les studios californiens pour les intérieurs. Dès 1979, un premier dérivé de Dallas, Côte Ouest, quitte le nid, et la concurrence riposte en 1981 avec Dynastie.

« Qui a tiré sur J.R. ? », le cliffhanger qui a fait de Dallas un événement mondial
Le 21 mars 1980, la troisième saison s’achève sur deux coups de feu tirés dans le bureau de J.R. Pendant huit mois, la question « Who shot J.R. ? » devient un phénomène mondial : tee-shirts, unes de magazines, paris chez les bookmakers britanniques, spéculations jusque dans les campagnes électorales. La réponse arrive le 21 novembre 1980 : la coupable est Kristin Shepard, la belle-sœur et maîtresse de J.R., interprétée par Mary Crosby, fille de Bing Crosby.
L’épisode réunit près de 83 millions de téléspectateurs aux États-Unis et bat le record d’audience de la télévision américaine pour une fiction. Le procédé du cliffhanger de fin de saison, jusque-là réservé aux feuilletons de l’après-midi, s’installe définitivement dans les séries de prime time : toute la grammaire des séries modernes doit quelque chose à Dallas et à cette nuit de mars 1980.

Le 24 janvier 1981, Dallas débarque sur TF1
En France, l’aventure de Dallas commence le 24 janvier 1981 sur TF1. Le pays n’a alors que trois chaînes, et le feuilleton texan devient très vite un rendez-vous collectif : on organise sa soirée autour de lui, on en parle au bureau le lendemain, on prend parti pour Bobby ou pour J.R. La série installe dans le vocabulaire courant des expressions et des images qui n’appartenaient pas à la culture française, du ranch aux réunions d’actionnaires en passant par le whisky servi dès le petit-déjeuner.
Ce goût nouveau pour les séries américaines ne retombera pas : trois ans plus tard, une autre production venue des États-Unis, Deux flics à Miami, viendra prouver que la télévision pouvait aussi avoir le style d’un clip. Dallas, lui, aura ouvert la brèche.

La saison du rêve, ou l’art d’effacer une année entière
En 1985, Patrick Duffy quitte Dallas : Bobby Ewing meurt renversé par une voiture. L’audience chute, et la production le rappelle. Restait à justifier la résurrection. La solution, restée célèbre, tient en une scène : Pamela entend l’eau couler dans la salle de bains, ouvre la porte, et découvre Bobby sous la douche, bien vivant. Toute la saison précédente n’était qu’un rêve.
Le coup de force a fait grincer des dents, mais il est entré dans la légende télévisuelle au même titre que le tireur de 1980. Sur le plateau, l’ambiance était pourtant tout sauf sinistre : Larry Hagman et Patrick Duffy passaient leur temps à se faire rire mutuellement entre deux prises, l’un apparaissant parfois en costume de Superman au beau milieu d’une scène dramatique.
Dallas, un classique intemporel de la télévision
Après 357 épisodes, Dallas tire sa révérence le 3 mai 1991, laissant J.R. seul face à ses démons. La série a été vendue dans plus de quatre-vingt-dix pays et a durablement associé le Texas, dans l’imaginaire mondial, au pétrole et aux fortunes sans scrupules. Une suite portée par la chaîne TNT a réuni en 2012 Larry Hagman, Patrick Duffy et Linda Gray, avant que la disparition de l’interprète de J.R., en novembre de la même année, ne referme définitivement le chapitre.
Southfork, elle, n’a jamais fermé. Le ranch de Parker accueille chaque année des dizaines de milliers de visiteurs venus du monde entier voir la piscine, la chambre de J.R. et le pistolet de la vitrine : le site du Southfork Ranch en détaille encore les visites.

