Wham! – Freedom – 1984
Avec Wham! Freedom, le duo britannique le plus solaire de la décennie signe un hymne soul et pop irrésistible, une déclaration d’amour aussi enjouée que déchirante, sortie en 1984.
Wham! – Freedom : présentation du single
Publié le 1er octobre 1984 chez CBS, Freedom est le troisième single extrait de Make It Big, le deuxième album de Wham!. Comme la quasi-totalité des titres du duo, la chanson est entièrement écrite, composée et produite par George Michael, enregistrée aux studios Miraval, en Provence. Sous ses cuivres pétillants et son refrain immédiat, ce Wham Freedom rend un hommage assumé à la grande tradition de la soul de Detroit, un pastiche du son Motown mené par la voix chaude et déjà virtuose d’un chanteur de vingt et un ans.
Le succès est immédiat et planétaire. Au Royaume-Uni, Freedom s’installe trois semaines en tête des ventes, devenant le deuxième numéro un consécutif de Wham! après Wake Me Up Before You Go-Go, et le dixième single le plus vendu de l’année 1984 outre-Manche, où il est certifié disque d’or. Le titre grimpe aussi au sommet des classements en Irlande, en Norvège et en Islande, atteint la troisième place en Australie et, lors de sa sortie américaine en 1985, culmine à la troisième position du Billboard Hot 100.

George Michael et Andrew Ridgeley, les enfants du soleil
En 1984, Wham! règne sans partage sur la pop de la jeunesse. Formé quelques années plus tôt à Bushey, dans la banlieue de Londres, le duo réunit deux amis d’enfance : George Michael, le compositeur surdoué et la voix du groupe, et Andrew Ridgeley, guitariste, complice et véritable moitié de l’aventure. Ensemble, ils incarnent une insouciance ensoleillée, bronzage, sourires éclatants et shorts fluo, à mille lieues du spleen post-punk ambiant. Derrière cette image légère se cache pourtant un auteur d’une maturité rare, qui transforme chaque tube en petite mécanique de précision. Freedom arrive au moment où le groupe bascule du statut de phénomène adolescent à celui de machine à succès mondiale.
Sur le plan des paroles, Freedom joue habilement avec son titre : loin de célébrer la liberté, la chanson raconte au contraire un amoureux prisonnier de ses sentiments, prêt à renoncer à toute indépendance pour rester fidèle. Ce contraste entre la joie contagieuse de la musique et la mélancolie du texte deviendra l’une des signatures de George Michael, de Careless Whisper jusqu’à sa carrière solo.
Un clip tourné derrière le rideau de bambou
Le clip de Wham Freedom reste indissociable d’un exploit historique. En avril 1985, Wham! devient le premier groupe pop occidental à donner un concert en République populaire de Chine, un événement soigneusement négocié par leur manager Simon Napier-Bell. Les images de cette tournée, paysages chinois, rues de Pékin et Canton, membres du duo évoquant leur voyage, nourrissent la vidéo diffusée pour la sortie américaine. Bien que la chanson ne porte aucun message politique, ce décor lui confère une portée symbolique inattendue, celle d’un pont culturel jeté entre deux mondes.
L’anecdote veut que MTV ait souhaité couper la première minute du clip, jugée trop longue pour l’attention des téléspectateurs. Simon Napier-Bell refusa catégoriquement le moindre montage, et la chaîne finit par diffuser la version intégrale, séquence chinoise comprise.
Le déclic d’un compositeur de génie
Freedom occupe une place particulière dans le cœur de son auteur. George Michael a confié qu’à dix-neuf ans, en écrivant ce morceau, il avait pris conscience de son propre talent : « Je me suis dit : je n’arrive pas à croire que je viens de faire ça ! » C’est ce titre, plus qu’aucun autre, qui le convainquit de se prendre enfin au sérieux comme compositeur. Les mélomanes attentifs remarqueront d’ailleurs que la mélodie du refrain de Freedom réapparaît, jouée à l’orgue d’église, en introduction de Faith, son immense tube solo de 1987, comme un clin d’œil à ses propres débuts.
Le succès du single fut tel qu’une version remaniée, aux paroles modifiées, servit même de bande-son à une publicité pour les cassettes audio Maxell en 1984, preuve de l’omniprésence de Wham! dans la culture populaire de l’époque. Pour prolonger l’écoute dans le même esprit ensoleillé, on pourra revenir à l’autre grand triomphe de cette année-là, l’increvable Wake Me Up Before You Go-Go.
Un classique intemporel de la pop des années 80
Plus de quarante ans après sa sortie, Freedom demeure l’un des titres les plus aimés de Wham! et l’un des sommets de la pop des années 80. Sa recette, cuivres joyeux, chœurs entêtants et voix soul, n’a pas pris une ride, et le morceau reste un incontournable des radios, des compilations et des soirées rétro. En 2020, le chanteur country britannique Tommy Atkins en proposa une reprise aux paroles ouvertement homosexuelles, saluée comme le premier tube country doté d’un tel texte à obtenir une large diffusion au Royaume-Uni et en Europe.
Écouter aujourd’hui ce Wham Freedom, c’est retrouver intacte l’énergie d’un duo au sommet et d’un jeune homme qui découvrait, presque étonné, l’étendue de son génie. De la même veine soul et élégante, on redécouvrira avec bonheur le somptueux Careless Whisper, où George Michael confirmait déjà qu’il était bien plus qu’une idole pour adolescents.
Pour en savoir plus sur l’œuvre de George Michael, rendez-vous sur son site officiel.





