Chic – Le Freak – 1978

Chic Le Freak est le disco-funk irrésistible qui propulsa le groupe américain au sommet des hit-parades, un tube né d’un soir de réveillon houleux et sorti en 1978.

Chic – Le Freak : présentation du single

Chic Le Freak paraît en septembre 1978 chez Atlantic Records, en premier extrait du deuxième album du groupe, C’est Chic. Le morceau est écrit et produit par les deux cerveaux de la formation, le guitariste Nile Rodgers et le bassiste Bernard Edwards, et enregistré à New York avec le batteur Tony Thompson et les chanteuses Alfa Anderson, Luci Martin et Norma Jean Wright. Porté par sa guitare rythmique tranchante et son fameux cri « Aaahh, freak out ! », le single grimpe jusqu’à la première place du Billboard Hot 100, qu’il occupe six semaines. Avec près de treize millions d’exemplaires écoulés dans le monde, Chic Le Freak devient le plus gros succès de toute l’histoire du label Atlantic.

Chic – Le Freak – pochette du single 1978

Chic, l’élégance disco de Rodgers et Edwards

Fondé au milieu des années 1970 autour du duo Nile RodgersBernard Edwards, Chic voulait incarner un disco raffiné, chic comme son nom l’indique, à mille lieues des paillettes bon marché. Après le tube Dance, Dance, Dance (Yowsah, Yowsah, Yowsah) en 1977, le groupe impose une signature sonore reconnaissable entre toutes : une basse ronde et mélodique, une guitare percussive et des cordes soyeuses. Cette recette place Chic aux côtés des grands architectes du disco de l’époque, à l’image du Français Cerrone et de son planant Supernature, sorti un an plus tôt. Chic Le Freak allait pousser cette formule à son sommet commercial.

La genèse : une porte fermée au Studio 54

L’histoire de Chic Le Freak commence par une humiliation. Le soir du réveillon 1977, Nile Rodgers et Bernard Edwards sont invités par Grace Jones au mythique Studio 54. Mais leurs noms ne figurent pas sur la liste et le videur refuse de les laisser entrer, malgré leurs protestations. Vexés, les deux musiciens rentrent chez Rodgers et improvisent un morceau rageur dont le refrain claque : « Aaahh, fuck off ! ». Trouvant le juron trop cru pour la radio, ils le transforment d’abord en « Freak off », puis en « Freak out » — et le titre Le Freak s’impose de lui-même. Ironie du sort, la chanson invite finalement l’auditeur à « descendre au 54 », le club même qui leur avait claqué la porte au nez.

Le morceau qui a sauvé un label

Derrière son groove festif, Chic Le Freak a joué un rôle décisif dans l’industrie musicale. En pleine crise du disque, ses ventes colossales renflouent les caisses d’Atlantic Records et sauvent, dit-on, le label d’une passe difficile. Le disque se vend si vite qu’il devient un phénomène de société, diffusé sur toutes les pistes de danse de la fin des années 1970. Le riff de guitare de Nile Rodgers et la ligne de basse de Bernard Edwards, d’une précision d’horloger, deviennent un modèle étudié et copié par des générations de musiciens funk, pop et hip-hop.

Un classique intemporel du dancefloor

Près d’un demi-siècle plus tard, Chic Le Freak n’a rien perdu de sa puissance fédératrice : dès les premières notes, les pistes se remplissent. Consacré comme un jalon de la culture américaine, le titre a été inscrit en 2018 au National Recording Registry de la Bibliothèque du Congrès. L’influence de Nile Rodgers irrigue toute la pop moderne, de Daft Punk, avec qui il signera le triomphe Get Lucky, à Madonna ou David Bowie. Reprise, samplée et rejouée sans relâche, cette pépite reste l’un des sommets absolus du disco, la preuve éclatante qu’une porte fermée peut ouvrir sur un chef-d’œuvre.

Pour prolonger l’écoute et suivre l’actualité du groupe, rendez-vous sur le site officiel de Nile Rodgers et Chic.

Publications similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *