Bronski Beat – Smalltown Boy – 1984

Bronski Beat Smalltown Boy est le tout premier single d’un trio londonien qui a transformé une histoire intime en hymne générationnel, porté par la voix en falsetto de Jimmy Somerville, sorti en 1984.

Bronski Beat – Smalltown Boy : présentation du single

Sorti le 25 mai 1984 sur le label London Records, Bronski Beat Smalltown Boy est le premier single du groupe, extrait de leur album The Age of Consent paru en octobre de la même année. Le titre est coécrit par les trois membres du groupe, Steve Bronski, Jimmy Somerville et Larry Steinbachek, sous la production de Mike Thorne et enregistré aux studios The Garden de Londres. Le morceau atteint la première place des classements aux Pays-Bas, en Italie et en Belgique, le top 3 en Autriche, en Suisse, en Allemagne de l’Ouest et au Royaume-Uni. En France, il entre au Top 50 le 3 novembre 1984, y reste vingt-trois semaines consécutives et culmine à la 8ème place. Le single reçoit une certification d’argent de la BPI dès le 1er juillet 1984, et existe en trois versions distinctes : album, single et maxi 45 tours de neuf minutes.

Bronski Beat – Smalltown Boy – pochette du single 1984

Bronski Beat, un trio né dans un appartement de Brixton

Le groupe se forme à Londres en 1983, presque par hasard. Jimmy Somerville, né à Glasgow en 1961, avait quitté l’Écosse en 1980, à dix-neuf ans, pour descendre vers le sud. Après trois années passées dans des squats de l’ouest de Londres, il emménage dans un appartement partagé à Brixton, où vivaient déjà le claviériste écossais Steve Bronski et le musicien Larry Steinbachek. Le chanteur racontera plus tard que l’idée de monter un groupe n’était pas du tout l’objectif de départ, mais qu’elle est venue naturellement de cette cohabitation. Le trio signe rapidement chez London Records et sort The Age of Consent, un premier album qui devient une référence de la scène synth-pop et hi-NRG des années 1980, aux côtés d’autres formations britanniques de la même période comme Duran Duran et leur single The Wild Boys, sorti la même année, ou encore Pet Shop Boys et leur titre West End Girls, dont le tout premier concert se tiendra précisément à Brixton en septembre 1984.

Une chanson qui refusait le langage codé

Ce qui distingue Bronski Beat Smalltown Boy des autres productions synth-pop de l’époque tient à la clarté de son propos. Là où beaucoup de groupes usaient de métaphores ou de sous-entendus, le trio, dont tous les membres étaient ouvertement homosexuels, a choisi d’aborder frontalement la question du rejet et du départ. Le texte raconte l’histoire d’un jeune homme contraint de quitter sa petite ville de province pour rejoindre une grande ville plus tolérante, un récit largement inspiré du parcours personnel de Jimmy Somerville lui-même, qui avait vécu ce même exil de Glasgow vers Londres quelques années plus tôt. Cette sincérité, associée à une mélodie synthétique d’une grande douceur, explique en grande partie pourquoi le morceau est devenu un hymne pour la communauté gay bien au-delà des frontières britanniques.

Un clip narratif filmé comme un court-métrage

Le clip de Bronski Beat Smalltown Boy adopte une structure narrative rare pour l’époque. Jimmy Somerville y interprète lui-même le personnage central de la chanson, suivi depuis son départ en train jusqu’aux scènes de la piscine municipale et de ses vestiaires. La vidéo se conclut par un retour au train du début, mais cette fois le jeune homme n’est plus seul : Steve Bronski et Larry Steinbachek l’accompagnent, image d’une solidarité retrouvée. Cette mise en scène, presque cinématographique, a contribué à ancrer durablement le titre dans la mémoire collective des années 1980. Le groupe viendra d’ailleurs interpréter le morceau à la télévision française, notamment dans l’émission Décibels de nuit le 19 avril 1985.

Un titre repris et samplé pendant quarante ans

Bronski Beat Smalltown Boy a connu une postérité remarquable, traversant les genres musicaux les plus éloignés. Le chanteur suédois José González en enregistre une reprise acoustique en 2007, le groupe de metal allemand Atrocity s’en empare en 2008, la même année où la chanteuse suédoise September en sample la mélodie pour son titre Cry for You. En 2009, la violoniste irlandaise Sharon Corr, du groupe The Corrs, et le groupe de metal symphonique Delain proposent chacun leur version. Le titre connaît une nouvelle vie en 2017 grâce à un remix signé Arnaud Rebotini pour la bande originale du film 120 battements par minute de Robin Campillo. Jimmy Somerville quittera le groupe dès 1985 pour fonder The Communards puis mener une carrière solo, tandis que Steve Bronski s’éteindra le 9 décembre 2021 à l’âge de 61 ans, salué par son ancien complice comme l’auteur de la mélodie qui aura changé leurs vies.

Pour découvrir l’actualité de l’artiste, rendez-vous sur le site officiel de Jimmy Somerville.

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