Gala – Freed from Desire – 1996

Gala Freed from Desire, c’est le refrain qui a mis l’Europe entière debout et qui, trente ans plus tard, fait encore trembler les tribunes : Gala Freed from Desire reste l’un des plus grands succès dance de la décennie, sorti en 1996.

Gala – Freed from Desire : présentation du single

Gala Freed from Desire paraît en 1996 sur le label italien Do It Yourself, avant d’être relayé dans toute l’Europe par ZYX Music en Allemagne puis par Nitelite au Royaume-Uni. Le titre est co-écrit par la chanteuse elle-même, Gala Rizzatto, avec Filippo Andrea Carmeni et Maurizio Molella ; la production est signée DJ Molella et Phil Jay, deux figures de la scène dance milanaise de l’époque. Le morceau figurera ensuite sur Come into My Life, premier album de la chanteuse publié en 1997, qui dépassera les six millions d’exemplaires dans le monde.

Le succès est foudroyant. Gala Freed from Desire se hisse à la première place des ventes en France et en Belgique, s’installe deuxième en Italie, en Irlande et au Royaume-Uni, cinquième aux Pays-Bas, et grimpe jusqu’à la quatrième place de l’Eurochart Hot 100 en décembre 1996. En France, Gala Freed from Desire décroche un disque de diamant pour plus de 750 000 exemplaires écoulés ; il sera certifié triple platine outre-Manche, double platine en Italie et en Belgique. Rarement un titre eurodance aura autant fédéré, des radios généralistes aux clubs les plus bruyants.

Gala Freed from Desire – la chanteuse italienne – 1996

De Milan à New York : qui est Gala ?

Née à Milan en 1975, Gala Rizzatto n’a rien de la chanteuse fabriquée en studio que la vague eurodance produisait alors à la chaîne. Adolescente, elle part étudier l’art aux États-Unis, y enregistre ses premières maquettes, et revient en Italie avec des textes qu’elle écrit elle-même. Le pari est payant : dès 1996, le magazine Musica e Dischi l’élit meilleure chanteuse italienne de l’année, et en juillet 1997 elle repart du Midem de Cannes avec le prix de la meilleure artiste étrangère.

Suivront Let a Boy Cry, Come into My Life et Suddenly, tous placés dans les premières places des classements européens, sud-américains et russes. Puis, après la disparition de son manager en 2001, la chanteuse choisit de tout reprendre à zéro : elle s’installe à Brooklyn, fonde son propre label, Matriarchy Records, en 2008, et redevient une artiste indépendante, loin des machines à tubes. Elle chantera encore lors des Jeux olympiques de Paris, en 2024.

Le clip de Gala Freed from Desire, tourné à Hambourg

Le clip de Gala Freed from Desire est tourné dans la Speicherstadt, le quartier des entrepôts de brique rouge de Hambourg, sous la direction de la photographe allemande Nina Bittel. Image sépia, ruelles humides, une Austin-Healey 3000 de 1962 garée là comme un accessoire de cinéma : rien n’y évoque le clinquant habituel des productions dance de 1996. On y voit surtout une jeune femme poursuivie par une file de prétendants qu’elle ignore superbement, ce qui résume assez bien le propos de la chanson.

Car le texte n’est pas celui qu’on croit. Derrière la basse et le piano house, Gala y raconte un amour qui se passe d’argent, de maison et de bijoux : « mon amour n’a besoin ni d’or ni de diamants ». Une revendication d’affranchissement, presque un manifeste, glissée dans un refrain de discothèque. Cette manière de faire passer un propos dans un tube dansant rapproche le morceau des grandes réussites du genre, du Snap! de Rhythm Is a Dancer aux premières explorations de la French touch.

Gala Freed from Desire : la version acoustique d’Un homme à la hauteur

Vingt ans après, Gala accepte de rouvrir le dossier. En 2016, elle réenregistre Gala Freed from Desire dans une version acoustique, aux Studios Saint-Germain à Paris, pour la bande originale d’Un homme à la hauteur, la comédie romantique de Laurent Tirard portée par Jean Dujardin et Virginie Efira. Le film sort le 4 mai 2016, la bande originale une semaine plus tôt, aux côtés de titres de Donna Summer, Antony and the Johnsons et Shake Shake Go.

Le résultat est saisissant : tempo ralenti de moitié, guitare sèche, voix presque nue. Débarrassé de sa grosse caisse et de ses nappes de synthétiseur, le refrain révèle une mélancolie qu’on ne soupçonnait pas et devient une véritable chanson d’amour. C’était la première fois en deux décennies que la chanteuse touchait à l’arrangement de Gala Freed from Desire, et cette relecture reste sans doute la plus belle réponse aux innombrables remixes qui ont suivi.

Anecdote : quand les stades s’enflamment

La deuxième vie de Gala Freed from Desire, personne ne l’avait vue venir. En 2012, les supporters de Stevenage détournent le refrain pour célébrer leur milieu de terrain Luke Freeman : « Freeman’s on fire ». La formule circule, jusqu’à ce que les fans de Wigan Athletic l’adaptent en 2016 pour Will Grigg. « Will Grigg’s on Fire » devient un phénomène pendant l’Euro 2016, entre chez les disquaires britanniques et se décline pour chaque héros du moment, de Aleksandar Mitrović à Jamie Vardy et Antoine Griezmann.

La chanteuse, loin d’y voir un détournement, s’en est réjouie : la musique et le sport, dit-elle en substance, rassemblent des gens venus d’horizons différents. Le refrain a d’ailleurs largement dépassé les pelouses, jusqu’à servir d’hymne aux manifestations contre la corruption en Serbie en 2024 et 2025.

Un classique intemporel : Gala Freed from Desire

Trente ans après sa sortie, Gala Freed from Desire n’a rien perdu de son pouvoir d’ignition. La reprise du DJ allemand Drenchill, en 2018, l’a propulsé numéro un en Pologne ; les magazines spécialisés le classent régulièrement parmi les tout meilleurs morceaux dance des années 1990, et le titre continue de figurer dans les playlists de mariage comme dans celles des salles de sport. Peu de chansons de 1996 peuvent se targuer d’un tel parcours, aux côtés des rares tubes de la fin de la décennie devenus des standards, comme Daft Punk et son Around the World.

Le secret tient peut-être à cette ligne de basse increvable, ou à ce paradoxe : un hymne à la liberté amoureuse devenu, sans le vouloir, la bande-son de la ferveur collective. Que ce soit dans un stade anglais, sur une piste de danse ou en version guitare-voix dans une salle de cinéma, Gala Freed from Desire produit toujours le même effet : personne ne reste assis.

Pour suivre l’actualité, les concerts et les nouveaux projets de la chanteuse, rendez-vous sur le site officiel de Gala.

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