Capitaine Flam – 1981
Capitaine Flam est la série d’animation japonaise produite par Toei Animation d’après les romans d’Edmond Hamilton, diffusée pour la première fois en France en 1981. Un savant roux au sourire tranquille, un robot, un androïde et un cerveau volant : rarement équipage aura autant marqué les mercredis après-midi d’une génération.
Capitaine Flam : fiche technique
Titre original : Captain Future
Œuvre d’origine : le cycle de romans d’Edmond Hamilton, publié aux États-Unis à partir de 1940
Studio : Toei Animation
Format : 52 épisodes de 24 minutes, découpés en aventures de quatre épisodes
Musique originale : Yūji Ohno
Diffusion japonaise : sur NHK, du 7 novembre 1978 au 18 décembre 1979
Première diffusion française : le 7 janvier 1981 sur TF1, dans Les Visiteurs du mercredi
Générique français : musique de Jean-Jacques Debout, paroles de Roger Dumas, interprété par Richard Simon
Voix françaises : Philippe Ogouz (Curtis Newton), Georges Atlas (Crag), Albert Augier (Mala), Serge Lhorca (le professeur Simon Wright)

Synopsis
Curtis Newton a grandi sur la Lune, seul avec trois compagnons hors du commun. Ses parents, savants réfugiés loin de la Terre, ont été assassinés alors qu’il n’était qu’un nourrisson. Il a été élevé par Crag, robot de métal à la force colossale, par Mala, androïde capable de prendre l’apparence de n’importe qui, et par le professeur Simon Wright, dont le cerveau, sauvé de la mort, flotte dans un caisson transparent. Devenu adulte, Curtis met son génie scientifique au service du gouvernement du système solaire sous le nom de Capitaine Flam.
À bord du Cyberlab, épaulé par l’agente Joan Landor, il vole de Mars à Pluton pour affronter savants fous, tyrans galactiques et civilisations oubliées, dans des enquêtes qui tiennent autant du roman policier que du space opera.
Le 7 janvier 1981, rendez-vous du mercredi
Trois ans après le débarquement de Goldorak sur Antenne 2, TF1 veut sa part de l’engouement. La chaîne programme Capitaine Flam le mercredi 7 janvier 1981, dans Les Visiteurs du mercredi, l’émission jeunesse qui régnait alors sur les après-midi sans école. Le rendez-vous hebdomadaire colle parfaitement à la construction de la série : chaque aventure se déroule sur quatre épisodes, ce qui installe un vrai suspense de feuilleton et fait patienter les enfants d’une semaine sur l’autre.
Le ton, lui, tranche avec celui des séries de robots. Capitaine Flam parle de science, de systèmes planétaires, de peuples disparus. On y résout des énigmes, on y explore, et la violence y est bien plus rare que dans les productions contemporaines. Ce classicisme rassurant lui a sans doute évité les polémiques dont d’autres séries japonaises faisaient les frais à la même époque.

D’un pulp américain de 1940 à l’animation japonaise
L’origine du personnage est bien plus ancienne que la série. Edmond Hamilton, l’un des pionniers américains du space opera, crée Captain Future en 1940 pour un magazine populaire qui porte son nom. Ces romans à quatre sous, écrits à toute vitesse, imaginent déjà un système solaire entièrement habité et un héros savant flanqué d’un robot, d’un androïde et d’un cerveau vivant. Près de quarante ans plus tard, Toei Animation reprend cette matière et lui donne une ampleur inattendue.
La partition japonaise y est pour beaucoup. Elle est signée Yūji Ohno, le compositeur de Lupin III, qui installe sur ces aventures spatiales des nappes de claviers et des lignes de basse très marquées par le jazz et le disco de l’époque. Cette bande originale, longtemps restée confidentielle en France, est aujourd’hui recherchée par les collectionneurs.
Un générique plus célèbre que la série
Il suffit de trois notes. Le générique français de Capitaine Flam, composé par Jean-Jacques Debout sur des paroles de Roger Dumas et interprété par Richard Simon, fait partie de ces chansons que l’on récite encore par cœur des décennies plus tard. Son ampleur orchestrale, ses chœurs et son refrain lancé comme un appel lui ont assuré une postérité que la série elle-même n’a pas toujours connue : des générations qui n’ont jamais vu un épisode entier savent le chanter.
Le doublage a lui aussi sa part de légende. Philippe Ogouz, voix française de Curtis Newton, était déjà la voix régulière de Dustin Hoffman ; on l’entendra ensuite dans quantité de séries japonaises, ce qui fait de son timbre l’un des repères sonores les plus familiers de la télévision des années 1980. Face à lui, le phrasé métallique de Georges Atlas en Crag reste inimitable.

Un classique intemporel de la science-fiction animée
Capitaine Flam appartient à ce trio de séries japonaises qui ont fondé, entre 1978 et 1981, le goût français pour la science-fiction animée, aux côtés de Goldorak et d’Albator, le corsaire de l’espace. Chacune a occupé une place bien distincte : le robot pour l’action, le corsaire pour le romantisme, et Capitaine Flam pour l’aventure scientifique et le goût de l’exploration.
Rediffusée à plusieurs reprises, éditée en vidéo puis en DVD, la série continue de circuler, portée par la fidélité de ceux qui l’ont découverte enfants et par un générique devenu patrimoine. Elle rappelle surtout une époque où l’on pouvait proposer à des enfants un héros dont la principale arme était l’intelligence. Le studio qui l’a produite présente son catalogue sur le site officiel de Toei Animation.




