a-ha – The Living Daylights – 1987

Avec a-ha The Living Daylights, le trio norvégien signe l’un des plus élégants génériques de la saga James Bond, une pop synthétique et racée mariée aux cuivres du grand cinéma, sorti en 1987.

a-ha – The Living Daylights : présentation du single

Publié à l’été 1987 chez Warner Bros., The Living Daylights est la chanson-titre du quinzième film de la série James Bond, Tuer n’est pas jouer, qui marque les débuts de Timothy Dalton dans le rôle de l’agent 007. Le morceau est écrit par le guitariste Pål Waaktaar et produit par le légendaire compositeur des musiques de Bond, John Barry, crédité comme coauteur. Ce a-ha The Living Daylights fond le son synthétique caractéristique du groupe dans l’orchestration cuivrée et dramatique propre à la franchise, sublimé par la voix et le falsetto spectaculaire de Morten Harket.

Le single connaît un beau succès international. Il atteint la cinquième place au Royaume-Uni, la troisième en France, et se hisse au sommet des ventes en Norvège et aux Pays-Bas. Une version retravaillée par le groupe figurera sur leur troisième album, Stay on These Roads, paru en 1988, distincte de la version signée par John Barry pour la bande originale du film.

La chanson existe d’ailleurs sous plusieurs formes : le montage d’un peu plus de quatre minutes retenu pour le générique, la relecture plus dense de l’album et un long remix étendu de près de sept minutes, prisé des clubs. Toutes conservent la même signature : une rythmique nerveuse, des nappes de synthétiseurs glacées et cette montée mélodique typique d’a-ha, à laquelle les cordes et les cuivres de John Barry ajoutent une tension digne d’une scène de poursuite. Le morceau s’inscrit ainsi dans la lignée des génériques pop des années 80, aux côtés d’A View to a Kill ou de Nobody Does It Better.

a-ha – The Living Daylights – pochette du single 1987

Les Norvégiens au sommet du monde

En 1987, a-ha vit une ascension fulgurante. Formé à Oslo par le chanteur Morten Harket, le guitariste Pål Waaktaar et le claviériste Magne Furuholmen, le trio a conquis la planète deux ans plus tôt avec l’inoubliable Take On Me et son clip en rotoscopie devenu culte. Se voir confier un générique de James Bond, c’est alors rejoindre un club très fermé, celui des artistes adoubés par la plus prestigieuse des franchises britanniques, après Paul McCartney, Shirley Bassey ou Duran Duran. Pour ces jeunes Scandinaves, la commande représente une véritable consécration.

La rencontre orageuse avec John Barry

La collaboration avec John Barry restera pourtant dans les mémoires pour ses tensions. Le compositeur, gardien du son Bond depuis Dr. No, et le jeune groupe s’accordent mal. Pål Waaktaar a raconté que Barry n’avait, selon lui, pas réellement contribué à l’écriture malgré son crédit de coauteur, se contentant de retoucher la mélodie d’un couplet. De son côté, Barry jugeait l’expérience épuisante, agacé par l’insistance du groupe à imposer sa propre version. Malgré cette brouille, Waaktaar a toujours reconnu la valeur de l’apport du maestro : ce sont ses ajouts orchestraux, disait-il, qui ont donné au titre sa véritable couleur de « chanson de Bond ».

Le désaccord a même viré à l’incident diplomatique. Attendu à la première londonienne du film, a-ha avait déjà programmé une tournée au Japon et ne s’y présenta pas, ce qui froissa durablement les producteurs. Morten Harket se souvient d’une réaction furieuse, allant jusqu’au retrait de la chanson de la version américaine du film. Une anecdote qui en dit long sur le fossé culturel entre l’establishment du cinéma britannique et l’insouciance de trois stars de la pop.

Un clip tourné sur le mythique 007 Stage

Le clip de ce a-ha The Living Daylights, réalisé par Steve Barron, l’homme derrière la vidéo de Take On Me, fut tourné sur le célèbre 007 Stage des studios de Pinewood, ce plateau géant spécialement construit pour les productions de la saga. Innovant pour l’époque, il incruste des extraits du film projetés sur le groupe en train de jouer, mêlant images d’action et performance dans un montage aussi ambitieux que coûteux. Le résultat associe visuellement le trio à l’univers de l’espionnage, renforçant l’aura cinématographique du morceau.

Un classique intemporel de la pop et de la saga 007

Près de quarante ans plus tard, The Living Daylights reste l’un des génériques les plus appréciés de l’ère James Bond des années 80 et un moment fort du répertoire d’a-ha. La chanson demeure un incontournable des concerts du groupe, souvent étirée en longs finals où Pål Waaktaar glisse malicieusement le fameux James Bond Theme dans ses solos de guitare. En 2017, le trio en livra même une version acoustique lors de son MTV Unplugged tourné à Giske, en Norvège, preuve de l’attachement durable qu’il porte à ce titre.

Écouter aujourd’hui ce a-ha The Living Daylights, c’est retrouver la rencontre improbable et réussie entre la fraîcheur de la synth-pop scandinave et la grandeur orchestrale d’un John Barry. Dans le même esprit des grands thèmes de cinéma des années 80, on redécouvrira avec plaisir un autre habitué de la saga Bond, Duran Duran, dont l’élégance new wave partageait la même ambition cinématographique.

Pour suivre l’actualité du groupe, rendez-vous sur le site officiel d’a-ha.

Vous aimerez aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *