J.J. Lionel – La Danse des canards – 1981

J.J. Lionel La Danse des canards est le tube inclassable qui a fait danser des générations entières et battu tous les records de vente en France, sorti en 1981.

J.J. Lionel – La Danse des canards : présentation du single

Sorti en 1981, J.J. Lionel La Danse des canards est la version française d’un air composé par l’accordéoniste suisse Werner Thomas en 1957 sous le titre Der Ententanz, plus tard renommé Der Vogeltanz. Les paroles françaises, quatre couplets et un refrain, sont écrites par Éric Genty, chanteur au sein de l’orchestre d’Hector Delfosse, crédité sous le pseudonyme Guy de Paris.

Le titre est enregistré au Studio DES de Pol Clark, rue aux Fleurs à Bruxelles, avec l’ingénieur du son Francis De Well, et produit par le Belge Marcel De Keukeleire, déjà découvreur du tube Born to Be Alive de Patrick Hernandez. En France, le single s’écoule à 2,5 millions d’exemplaires dès les premières années, et le chiffre atteint aujourd’hui 3,5 millions dans le monde.

J.J. Lionel – La Danse des canards – pochette du single 1981

Un bassiste de Binche devenu phénomène international

Derrière le nom de scène J.J. Lionel se cache Jean-Jacques Blairon, né le 9 août 1947 à Binche, en Wallonie. Diplômé du Conservatoire de musique de Mons, il est avant tout un musicien professionnel, principalement bassiste, qui a accompagné le chanteur Jacques Hustin ou encore le groupe Wallace Collection à la fin des années 1970.

C’est en tant que musicien dans l’orchestre de l’accordéoniste Hector Delfosse qu’il interprète un soir le morceau instrumental suisse Vogeltjesdans lors d’un concert en région bruxelloise. Face à l’enthousiasme immédiat du public, Hector Delfosse et son frère aîné Georges, directeur artistique chez Fonior, décident de faire écrire des paroles sur cet air. Jean-Jacques Blairon devient alors J.J. Lionel, à 34 ans, au moment de la sortie du 45 tours.

De Davos aux Pays-Bas, le long parcours d’un air à succès

L’histoire de J.J. Lionel La Danse des canards remonte donc à 1957, lorsque Werner Thomas compose cet air alors qu’il travaille comme musicien de restaurant à Davos, en Suisse. En 1973, le patron du label belge Intervox, en vacances au ski dans la station, rencontre le compositeur qui lui cède sa mélodie.

Une première version électro sort la même année sous le titre Tchip-Tchip, interprétée par le groupe Cash & Carry de Bobby Setter, sans rencontrer un grand succès. C’est finalement en 1980 que le morceau explose aux Pays-Bas sous le nom De Vogeltjesdans, avant que la version chantée en français ne déferle sur toute la francophonie l’année suivante.

Une chorégraphie qui a fait la moitié du succès

Si le titre doit beaucoup à sa mélodie et à ses paroles volontairement simples, presque enfantines, son succès tient surtout à la chorégraphie qui l’accompagne. La gestuelle imitant le bec du canard qui s’ouvre et se ferme, les battements d’ailes et les déhanchements ont été imaginés de toutes pièces par Éric Genty, le parolier lui-même.

C’est d’ailleurs ce mouvement de bras qui explique pourquoi la chanson, initialement associée aux oiseaux en général, est devenue en France celle des canards. La danse se répand alors de mariage en kermesse et de bal populaire en fête de village, s’installant durablement dans les rituels festifs francophones, aux côtés d’autres tubes bon enfant de la même époque comme La Vie en couleur de Rémy Bricka.

Un record au Guinness et un interprète modeste

En 1983, J.J. Lionel La Danse des canards entre au Livre Guinness des records grâce à ses 2,5 millions d’exemplaires écoulés. Une réussite qui n’aura pourtant pas fait la fortune de son interprète : J.J. Lionel n’étant ni compositeur ni parolier, il ne perçoit qu’une part limitée des droits. Éric Genty, en revanche, continuera de toucher grâce à ce titre ce qu’il décrira comme un complément de pension.

Le chanteur belge tentera de renouveler l’exploit avec d’autres 45 tours comme La Danse des petits chats ou Moi je dois faire pipi, sans jamais retrouver un tel succès. Il s’éteint le 14 juillet 2020 à Comines-Warneton, à l’âge de 72 ans, laissant derrière lui l’un des titres les plus dansants et les plus vendus de l’histoire de la chanson francophone.

Pour redécouvrir les archives télévisées de l’artiste, rendez-vous sur la page de l’INA consacrée à J.J. Lionel.

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