Catherine Lara – La Rockeuse de diamants – 1984

Catherine Lara La Rockeuse de diamants est le titre écrit en cinq minutes qui a offert à la violoniste son premier grand succès populaire, porté par une esthétique cuir et argent inédite dans la chanson française, sorti en 1984.

Catherine Lara – La Rockeuse de diamants : présentation du single

Sorti en single au début de l’année 1984 sur le label Tréma, après la parution de l’album éponyme en novembre 1983, Catherine Lara La Rockeuse de diamants est coécrite par la chanteuse et son fidèle collaborateur, le guitariste Claude Engel, sur un texte d’Élisabeth Anaïs, sous la direction artistique de Michel Coeuriot, avec Florence Davis aux chœurs.

Le titre grimpe progressivement dans les classements français pour culminer à la 34ème place après sept semaines, restant présent quinze semaines au total avant de quitter le classement début juin 1984. Le single s’écoule à plus de 80 000 exemplaires, un succès inédit pour Catherine Lara à cette époque, et l’album qui le porte dépasse les 310 000 ventes en France et au Canada.

Catherine Lara – La Rockeuse de diamants – pochette du single 1984

Catherine Lara, violoniste virtuose devenue rockeuse

Née Catherine Bodet le 29 mai 1945 à Poissy, Catherine Lara reçoit une formation classique exigeante et obtient un premier prix de violon au Conservatoire avant de se tourner vers la chanson dès le début des années 1970. Après une décennie d’expérimentations entre folk, rock psychédélique et pop baroque, elle amorce dès 1979 avec l’album Coup d’feel un virage plus rock, confirmé par Johan en 1981, qui lui permet de se produire devant des publics toujours plus nombreux lors de tournées de plus en plus longues.

C’est cependant l’album La Rockeuse de diamants, enregistré en seulement vingt jours, qui marque véritablement sa transformation en figure du rock français, grâce à une pochette en cuir noir et à des textes plus affirmés, signés notamment par Élisabeth Anaïs et Luc Plamondon. Cette époque voit émerger toute une génération d’interprètes féminines françaises affirmées, à l’image d’Rose Laurens et son tube Africa, sorti deux ans plus tôt.

Un titre écrit en cinq minutes, un jeu de mots emprunté à Raymond Queneau

L’histoire de Catherine Lara La Rockeuse de diamants tient en une anecdote savoureuse : la musique du titre a été composée par hasard, en à peine cinq minutes, par Catherine Lara et Claude Engel. Le titre lui-même est un clin d’œil assumé à l’expression « croqueuse de diamants » et à un texte de Raymond Queneau écrit pour la danseuse Zizi Jeanmaire, La Croqueuse de diamants. Élisabeth Anaïs, alors jeune parolière âgée de 23 ans et encore inconnue en France, propose ce jeu de mots à Catherine Lara, qui n’imaginait pas au départ que ce titre deviendrait le morceau phare de l’album.

La chanteuse racontera plus tard, dans son autobiographie Entre émoi et moi, avoir compris après coup pourquoi ce titre, qu’elle ne considérait pourtant pas comme le plus intéressant du disque, avait si bien fonctionné auprès du public.

Une esthétique cuir et argent devenue emblématique

Le clip de Catherine Lara La Rockeuse de diamants met en scène la chanteuse dans un look cuir noir et argenté spectaculaire pour l’époque, violon électrique à la main, reflétant l’image affirmée et flamboyante qu’elle souhaite désormais incarner.

Ce style visuel marquera durablement l’imaginaire du rock français des années 1980 et contribuera à installer Catherine Lara comme l’une des rares figures féminines du genre à s’imposer avec un violon électrique en guise d’instrument signature, aux côtés de sa voix reconnaissable entre mille. L’ensemble de l’album jouera d’ailleurs sur ce contraste visuel entre noir et blanc, ombre et lumière, jusque dans sa pochette conçue comme un triptyque.

Un tube devenu symbole de liberté artistique

Plus de quarante ans après sa sortie, Catherine Lara La Rockeuse de diamants reste l’un des titres les plus emblématiques de la carrière de la chanteuse, régulièrement cité comme un symbole de liberté artistique et d’affirmation de soi. La revue Chanson Magazine y voyait dès 1985 une véritable « psychanalyse en musique » à travers l’ensemble de l’album, dont les textes mêlent érotisme et revendication, notamment sur les titres Autonome et Fatale.

Catherine Lara poursuivra une carrière prolifique pendant plus de cinq décennies, entre chanson, musique classique et spectacles, devenant commandeure de la Légion d’honneur et l’une des artistes les plus respectées de la scène française.

Pour découvrir l’actualité de l’artiste, rendez-vous sur le site officiel de Catherine Lara.

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