Air – Sexy Boy – 1998
Avec Air Sexy Boy, le duo français révèle en 1998 l’une des plus belles pépites de l’électro hexagonale, un morceau planant et sensuel qui allait imposer son style unique et faire d’Air l’un des groupes les plus influents de sa génération, aussi bien en France qu’à l’étranger.
Air Sexy Boy : présentation du single
Air Sexy Boy est le premier single du duo de Versailles, formé par Nicolas Godin et Jean-Benoît Dunckel. Extrait de leur album début Moon Safari, publié le 16 janvier 1998, le titre propulse le groupe sur la scène internationale et s’impose immédiatement comme un classique. Avec ses nappes de synthétiseurs vintage, sa mélodie rêveuse et sa voix traitée, Sexy Boy incarne à lui seul le son downtempo et rétro-futuriste qui fera la renommée d’Air partout dans le monde. Dès sa sortie, la presse musicale salue une élégance nouvelle, à mille lieues de l’électro tapageuse de l’époque.

La naissance d’un titre culte
La genèse d’Air Sexy Boy tient presque du hasard. Nicolas Godin raconte avoir utilisé une basse Höfner des années 60, le fameux modèle que jouait Paul McCartney chez les Beatles, qu’il a branchée sur un ampli de guitare pour obtenir ce son à la fois froid et velouté. Lorsqu’il fit écouter le riff à Jean-Benoît Dunckel, ce dernier lança spontanément les mots « sexy boy », et le titre était né. Autre signature du morceau, ses voix éthérées ne sont pas celles d’un chanteur invité mais bien celles des deux musiciens, passées à travers des vocodeurs vintage qui leur donnent cette texture si particulière. Le résultat, presque androgyne, ajoute au trouble et au mystère qui émanent de la chanson.
Air et la vague French Touch
À la fin des années 90, la France s’impose comme une terre d’élection de la musique électronique. Air appartient à cette génération dorée qui, aux côtés de Daft Punk ou plus tard de Modjo, fait rayonner la scène française sur toute la planète. Mais là où d’autres misent sur l’énergie du dancefloor, le duo de Versailles cultive un genre plus doux, contemplatif et cinématographique, nourri de la pop des années 60 et 70, de Serge Gainsbourg à Burt Bacharach. Cette singularité fera de Moon Safari un disque immensément influent, souvent cité parmi les grands déclencheurs de l’engouement mondial pour le downtempo.
Un clip signé Mike Mills
Le clip d’Air Sexy Boy fut confié à Mike Mills, futur cinéaste reconnu, qui signa également toute l’identité visuelle de Moon Safari. Son univers pop et légèrement décalé, où apparaît notamment une peluche de singe, colle parfaitement à l’esprit rêveur et ironique du morceau. Cette esthétique soignée, à la fois rétro et moderne, participa grandement à l’image raffinée du groupe et à son succès auprès d’un public bien plus large que celui des clubs. Air a toujours accordé un soin extrême à son identité visuelle, considérant pochettes et clips comme le prolongement naturel de sa musique.
Une musique tournée vers le cinéma
Le son ample et atmosphérique d’Air le prédestinait au grand écran. Dès 2000, le duo compose la bande originale de Virgin Suicides, premier long-métrage de Sofia Coppola, confirmant sa capacité à créer des ambiances envoûtantes. Cette dimension cinématographique, déjà présente dans Air Sexy Boy, deviendra une véritable marque de fabrique du groupe au fil d’albums comme Talkie Walkie. Air prouve ainsi qu’il n’est pas un simple projet de musique de danse, mais un authentique laboratoire sonore.
Un classique intemporel de l’électro française
Plus de vingt-cinq ans après sa sortie, Air Sexy Boy demeure une référence absolue de la musique électronique française. Régulièrement repris, samplé et cité comme influence par de nombreux artistes, le morceau n’a rien perdu de son charme hypnotique. Il rappelle qu’en 1998, deux musiciens de Versailles ont su inventer un son à part, élégant et intemporel, qui continue de séduire les nouvelles générations et d’inspirer bien au-delà des frontières de l’Hexagone.
Pour en savoir plus sur l’album Moon Safari dont il est extrait, vous pouvez consulter sa fiche sur Wikipédia.





