La Folle journée de Ferris Bueller – 1986
La Folle journée de Ferris Bueller (Ferris Bueller’s Day Off) est une comédie américaine écrite, produite et réalisée par John Hughes en 1986. Portée par un Matthew Broderick au sommet de son charme, elle est devenue au fil des années l’une des comédies adolescentes les plus cultes des années 80 et un véritable hymne à la liberté et à l’insouciance de la jeunesse. Revoir La Folle journée de Ferris Bueller, c’est retrouver toute la fraîcheur et l’énergie du cinéma pour ados des années 80.
La Folle journée de Ferris Bueller : fiche technique
Réalisateur : John Hughes
Scénario : John Hughes
Avec : Matthew Broderick, Alan Ruck, Mia Sara, Jeffrey Jones, Jennifer Grey, Cindy Pickett, Ben Stein, Charlie Sheen
Musique : Ira Newborn
Photographie : Tak Fujimoto
Durée : 103 minutes
Sortie : 1986

Synopsis
Par une magnifique journée de printemps, Ferris Bueller, lycéen aussi malin que charmeur de la banlieue de Chicago, décide de sécher les cours. Feignant la maladie pour tromper ses parents, il entraîne sa petite amie Sloane et son meilleur ami Cameron, angoissé et hypocondriaque, dans une escapade inoubliable à Chicago, au volant de la précieuse Ferrari de collection du père de Cameron. Entre le sommet de la Sears Tower, un match de baseball, un restaurant chic et un défilé improvisé, les trois amis vont vivre une journée de rêve. Pendant ce temps, le proviseur Ed Rooney, persuadé que Ferris ment une fois de plus, et Jeanie, sa sœur jalouse, sont bien décidés à le prendre en flagrant délit.
La Ferrari, véritable star du film
La superbe Ferrari 250 GT California rouge décapotable qui traverse La Folle journée de Ferris Bueller n’est en réalité pas une vraie Ferrari. Seuls 56 exemplaires authentiques ayant été produits au début des années 60, la production ne pouvait se permettre d’en risquer une, surtout pour la fameuse scène finale où la voiture passe à travers la baie vitrée.
Trois répliques en fibre de verre, dotées de moteurs Ford, furent donc construites par le carrossier Modena Design & Development : une pour les gros plans, une pour les scènes d’action, et une sacrifiée pour la chute vertigineuse. L’une de ces répliques s’est d’ailleurs vendue plusieurs centaines de milliers de dollars aux enchères des années plus tard, preuve que la légende du film a fini par dépasser celle de la voiture qu’il imitait.
Ben Stein et son improvisation devenue culte
La scène de l’appel monotone en cours d’économie (« Bueller… Bueller… ») est l’une des plus mémorables de La Folle journée de Ferris Bueller. Elle doit tout à Ben Stein, qui n’était au départ pas prévu au casting : présent sur le plateau pour rendre visite à un ami producteur, il fut remarqué par John Hughes pour sa voix profondément soporifique.
Le réalisateur lui demanda d’improviser un cours d’économie, et l’acteur, ancien conseiller économique à la Maison-Blanche, se lança dans une véritable leçon sur la politique douanière américaine des années 30. Les rires des figurants dans la scène sont d’ailleurs authentiques : les jeunes acteurs riaient sincèrement devant ce discours interminable.
Charlie Sheen et le grand défilé
Pour son bref caméo dans le rôle du jeune paumé croisé au commissariat, Charlie Sheen aurait volontairement passé plus de 48 heures sans dormir afin d’obtenir naturellement son air hagard et défait, plutôt que de compter sur le maquillage. Autre morceau de bravoure : la scène du défilé où Ferris chante « Twist and Shout » sur un char fut tournée lors d’une vraie parade de rue de Chicago, à laquelle furent ajoutés des danseurs chorégraphiés par Kenny Ortega, le futur maître d’œuvre des chorégraphies de Dirty Dancing et de High School Musical. Matthew Broderick, blessé au genou pendant le tournage, dut composer avec la douleur pour cette séquence endiablée devenue mythique.
Un casting promis à de belles carrières
Avant que Matthew Broderick ne soit choisi, le rôle de Ferris avait un temps été envisagé pour John Cusack. La Folle journée de Ferris Bueller réunit autour de lui une bande de jeunes comédiens dont plusieurs allaient connaître de belles carrières. Alan Ruck, inoubliable en Cameron dépressif, avait en réalité près de trente ans lorsqu’il incarnait cet adolescent tourmenté.
Le film révèle aussi Jennifer Grey dans le rôle de Jeanie, la sœur jalouse de Ferris : l’actrice allait connaître la consécration dès l’année suivante avec Dirty Dancing, dont la bande originale contient notamment le tube Hungry Eyes d’Eric Carmen. Quant à Mia Sara, qui interprète la douce Sloane, elle venait tout juste de tourner dans un autre film de 1985 aux côtés de Tom Cruise, Legend de Ridley Scott.
Ferris, le roi du quatrième mur
L’une des grandes originalités du film tient à la façon dont Ferris s’adresse directement à la caméra, prenant le spectateur à témoin et le transformant en complice de ses combines. Ce procédé, le fameux « bris du quatrième mur », donne au personnage son charme irrésistible et cette impression de connivence unique. La Folle journée de Ferris Bueller regorge par ailleurs de scènes devenues cultes, comme la contemplation silencieuse des œuvres de l’Art Institute of Chicago, où Cameron reste fasciné devant le tableau pointilliste de Georges Seurat, moment de grâce qui contraste avec l’énergie folle du reste du récit.
Une comédie devenue intemporelle
Tournée en grande partie dans Chicago et sa région, La Folle journée de Ferris Bueller rend un hommage éclatant à la ville, dont elle fait presque un personnage à part entière. À sa sortie, le film rencontre un franc succès commercial, rapportant plus de 70 millions de dollars pour un budget d’environ 5 millions, et devient rapidement une référence de la comédie adolescente.
Fidèle à l’esprit facétieux de son héros, John Hughes glissa même une ultime réplique après le générique : Ferris, en peignoir, revient à l’écran lancer « Vous êtes encore là ? C’est fini. Rentrez chez vous. » Le slogan « Save Ferris », inscrit sur le château d’eau de la ville dans le film, est depuis passé dans la culture populaire. Quarante ans après, La Folle journée de Ferris Bueller reste une invitation joyeuse à profiter de l’instant présent. Pour en savoir plus sur le film, vous pouvez consulter sa fiche sur IMDb.



