Bob Sinclar – World, Hold On – 2006

Bob Sinclar World Hold On, c’est le son des étés du milieu des années 2000, une ritournelle sifflée et une voix soul qui ont fait danser les plages comme les stades : deuxième extrait de l’album Western Dream, Bob Sinclar World Hold On a transformé un DJ parisien en ambassadeur planétaire de la house française, sorti en 2006.

Bob Sinclar World Hold On : présentation du single

Publié le 17 avril 2006 sous le titre complet World, Hold On (Children of the Sky), le morceau paraît chez Yellow Productions, le label fondé par l’artiste, et bénéficie de la distribution du label britannique Defected. Il s’agit du deuxième single de Western Dream, quatrième album studio de Bob Sinclar, sorti une semaine plus tôt en France, le 10 avril 2006. La chanson est créditée à trois auteurs : le chanteur Steve Edwards, Christophe Le Friant, de son vrai nom, et Michaël Tordjman. La production est signée Bob Sinclar, fidèle à la formule qui avait fait le succès de Love Generation l’année précédente.

Les classements donnent la mesure du raz-de-marée. Bob Sinclar World Hold On se hisse à la première place en Italie, à la deuxième en France, à la quatrième de l’Eurochart Hot 100, à la cinquième du Top 40 néerlandais et à la neuvième au Royaume-Uni, avec des sommets également en Hongrie, en Pologne et en Roumanie. Aux États-Unis, le titre décroche la tête du classement Dance Club Songs du Billboard en juillet 2006. Le single obtient un disque d’argent britannique et un disque de platine en Italie, tandis que Western Dream sera certifié double platine en France.

Bob Sinclar World Hold On – pochette du single 2006

De Chris the French Kiss au héros du Magnifique

Né le 10 mai 1969 à Paris, Christophe Le Friant commence à mixer dans les années 1980 sous le pseudonyme de Chris the French Kiss, nourri de hip-hop et de jazz. Il monte le label Yellow Productions, multiplie les projets, de The Mighty Bop au collectif Africanism, puis emprunte en 1998 son nom d’artiste au personnage incarné par Jean-Paul Belmondo dans Le Magnifique (1973).

Il devient l’une des figures de la French touch, cette école hexagonale qui filtre les cordes disco pour en tirer des tubes de dancefloor, aux côtés de Daft Punk et de son Around the World ou de Modjo et son Lady (Hear Me Tonight). Après Gym Tonic (1998), I Feel for You (2000) et The Beat Goes On (2002), le triomphe de Love Generation, chanté par le Jamaïcain Gary Pine à l’été 2005, l’installe au premier rang mondial. Un an plus tard, Bob Sinclar World Hold On vient confirmer que le succès n’était pas un accident.

Bob Sinclar World Hold On – Bob Sinclar aux platines en 2006

Bob Sinclar World Hold On : la voix de Steve Edwards

Le timbre chaud qui porte le refrain appartient à Steve Edwards, chanteur et auteur anglais originaire de Sheffield, actif sur la scène house depuis le début des années 1990. Le public des clubs l’avait découvert en 2002 sur The Sound of Violence du duo français Cassius, déjà numéro un des classements dance américains, puis en 2005 sur Watch the Sunrise du Suédois Axwell.

La recette de Bob Sinclar World Hold On tient en quelques éléments simples, assemblés avec une évidence redoutable : une boucle de guitare acoustique, une mélodie sifflée qui s’imprime dès la première écoute, une basse ronde et un chœur d’enfants qui répond aux vers de Steve Edwards. Le texte, lui, adresse un message d’espoir aux « enfants du ciel », dans la droite ligne du credo affiché par l’artiste depuis ses débuts, celui d’une house généreuse et fédératrice. La collaboration se prolongera l’année suivante avec Together, signé cette fois Bob Sinclar & Steve Edwards.

Bob Sinclar World Hold On – Steve Edwards et Bob Sinclar sur scène

Bob Sinclar World Hold On : le clip de l’enfant qui sauve la Terre

Le clip de Bob Sinclar World Hold On raconte une petite fable enfantine. Un garçon, interprété par le jeune David Beaudoin, apprend qu’une météorite menace de détruire la Terre. Dans sa chambre, il entreprend de construire une fusée avec l’aide de son chien pendant que ses jouets se mettent à danser autour de lui, Bob Sinclar apparaissant lui-même en version miniature derrière des platines improvisées, des biscuits ronds tenant lieu de vinyles.

L’enfant décolle, pulvérise le corps céleste à coups de ballons de basket, puis rentre chez lui en héros, avant qu’un réveil final ne rétablisse la vérité : tout cela n’était qu’un rêve. Cette imagerie candide colle au message universaliste du morceau et explique en partie la diffusion massive de Bob Sinclar World Hold On sur les chaînes musicales de l’été 2006.

L’été 2006, une domination sans partage

L’année est proprement insolente. À peine Bob Sinclar World Hold On installé au sommet des ventes européennes, le DJ enchaîne avec Rock This Party (Everybody Dance Now), réalisé avec Cutee B, qui s’invite à son tour dans les dix premières places de la plupart des pays européens. Pendant plusieurs mois, deux titres du même album occupent simultanément les ondes, les compilations et les clubs, performance rare pour un artiste français.

La reconnaissance dépasse d’ailleurs le seul terrain commercial : le remix signé E-Smoove décroche en 2007 une nomination aux Grammy Awards dans la catégorie du meilleur enregistrement remixé non classique. Peu de productions de dancefloor françaises peuvent se prévaloir d’une telle distinction, et Bob Sinclar World Hold On reste, avec Love Generation, le sommet de cette période dorée.

Bob Sinclar World Hold On, un classique intemporel

Vingt ans après, le morceau n’a jamais quitté les platines. Les relectures se sont succédé au fil des modes : Vintage Culture en 2018, Tom Staar puis DJ Kone & Mark Palacios en 2021, et surtout le rework de l’Australien Fisher en 2022, qui a offert au titre une seconde carrière spectaculaire. Cette version a été certifiée disque de platine au Royaume-Uni comme en Australie, soit davantage que l’originale, preuve qu’une mélodie bien taillée traverse les générations de clubbeurs.

Il suffit pourtant des premières mesures sifflées pour que remontent les étés de 2006, les terrasses, les autoradios et les compilations dance achetées en supermarché. Bob Sinclar World Hold On appartient à cette poignée de refrains qui ne demandent aucun effort de mémoire : ils reviennent intacts, avec leur optimisme un peu naïf et leur invitation à tenir bon, que l’on entende l’originale ou l’une de ses innombrables relectures.

Pour suivre l’actualité de l’artiste, rendez-vous sur son site officiel.

Vous aimerez aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *