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Renaud – Miss Maggie – 1985

    Paroles

    Femmes du monde ou bien putains qui, bien souvent, êtes les mêmes
    Femmes normales, stars ou boudins
    Femelles en tout genre, je vous aime

    Même à la dernière des connes
    Je veux dédier ces quelques vers
    Issus de mon dégoût des hommes
    Et de leur morale guerrière

    Car aucune femme sur la planète
    Ne sera jamais plus con que son frère
    Ni plus fière ni plus malhonnête
    À part peut-être, Madame Thatcher

    Femme je t’aime parce que
    Lorsque le sport devient la guerre
    Y’a pas de gonzesses, ou si peu
    Dans les hordes des supporters

    Ces fanatiques fous furieux
    Abreuvés de haine et de bière
    Défiant les crétins en bleu
    Insultant les salauds en vert

    Y’a pas de gonzesses hooligans
    Imbéciles et meurtrières
    Y’en a pas, même en Grande-Bretagne
    À part, bien sûr, Madame Thatcher

    Femme, je t’aime parce que
    Une bagnole entre les pognes
    Tu ne deviens pas aussi con qu’eux
    Ces pauvres tarés qui se cognent

    Pour un phare un peu amoché
    Ou pour un doigt tendu bien haut
    Y’en a qui vont jusqu’à flinguer
    Pour sauver leur auto-radio

    Le bras d’honneur de ces cons-là
    Aucune femme n’est assez vulgaire
    Pour l’employer à tour de bras
    À part, peut-être, Madame Thatcher

    Femme je t’aime parce que
    Tu vas pas mourir à la guerre
    Parce que la vue d’une arme à feu
    Fait pas frissonner tes ovaires

    Parce que dans les ranges des chasseurs
    Qui dégomment la tourterelle
    Et occasionnellement les beurs
    J’ai jamais vu une femelle

    Pas une femme n’est assez minable
    Pour astiquer un revolver
    Et se sentir invulnérable
    À part, bien sûr, Madame Thatcher

    C’est pas un cerveau féminin
    Qu’est sortie la bombe atomique
    Et pas une femme n’a sur les mains
    Le sang des Indiens d’Amérique

    Palestiniens et Arméniens
    Témoignent du fond de leurs tombeaux
    Qu’un génocide c’est masculin
    Comme un SS, un torero

    Dans cette putain d’humanité
    Les assassins sont tous des frères
    Pas une femme pour rivaliser
    À part peut-être, Madame Thatcher

    Femme je t’aime, surtout, enfin pour ta faiblesse et pour tes yeux
    Quand la force de l’homme ne tient
    Que dans son flingue ou dans sa queue

    Et quand viendra l’heure dernière
    L’enfer sera peuplé de crétins
    Jouant au foot ou à la guerre
    À celui qui pisse le plus loin

    Moi je me changerai en chien
    Si je peux rester la Terre
    Et comme réverbère quotidien
    Je m’offrirai Madame Thatcher

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