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Chagrin d’amour – Chacun fait (c’qui lui plaît) – 1981

    Paroles

    Cinq heures du mat’ j’ai des frissons
    Je claque des dents et je monte le son
    Seul sur le lit dans mes draps bleus froissés
    C’est l’insomnie, sommeil cassé
    Je perds la tête et mes cigarettes
    Sont toutes fumées dans le cendrier
    C’est plein d’Kleenex et d’bouteilles vides
    J’suis tout seul, tout seul, tout seul
    Pendant qu’Boulogne se désespère
    J’ai d’quoi m’remplir un dernier verre
    Clac fait le verre en tombant sur le lino
    J’m’coupe la main en ramassant les morceaux
    Je stérilise, les murs qui dansent
    L’alcool ça grise et ça commence
    (Yeah, yeah, yeah, yeah)
    Font les moutons, sur le parquet

    Et à c’moment là, qu’est-ce que vous avez fait?
    J’crois qu’j’ai r’mis la radio
    (Chacun fait, fait, fait c’qui lui plaît, plaît, plaît!)
    L’précipice est au bout
    (L’précipice on s’en fout, chacun fait, fait, fait c’qui lui plaît, plaît, plaît)
    (Toutes les étoiles qui brillent) qu’est-ce qu’elles ont à m’dire, les étoiles?

    Six heures du mat’ faut qu’j’trouve à boire
    Liqueur forte ou café noir
    J’brûle un feu rouge, police patrouille
    Je serre les fesses, y a rien qui presse
    « Quatre, cinq francs ma rose »
    Crie le p’tit chose dans le matin rose
    J’gare mon ondine sous ses comptines

    Ah, qu’est-ce t’as là, qu’est-ce t’as?

    Tout près d’une poste y a un p’tit bar
    Je pousse la porte et je viens m’asseoir
    Trois, quatre patibulaires
    Tapent le carton dans les waters
    Toute seule au bar dans un coin noir
    Une blonde platine sirote sa fine
    Elle m’dit « champagne? » je l’accompagne
    Elle m’dit « cinquante? » j’lui dis « ça m’tente »

    Et vous êtes rentré comment?
    Dans ma voiture
    Ah, et y avait toujours l’même air à la radio
    (Chacun fait, fait, fait c’qui lui plaît, plaît, plaît)
    Que d’pression dans les bars
    (Personne te pousse à boire, chacun fait, fait, fait c’qui lui plaît, plaît, plaît)
    Les gens ont d’ces manies
    La décalcomanie!

    Sept heures du mat’, l’hôtel
    Je paie, j’abrège
    Je fouille mes poches
    Je sais c’est moche

    Son sourire rouge, son corps qui bouge
    Elle fait glisser son cœur croisé
    Sur sa peau bronzée
    T’as les bas nylon qui filent sur l’édredon
    Ses ongles m’accrochent « tu viens chéri? »
    Le lit qui craque et les volets claquent
    Seuls dans le lit dans ses draps bleus froissés
    Sur sa peau glisse mes doigts glacés
    Elle prend la pose, j’pense à autre chose
    Ses yeux miroirs renvoient mon regard
    Les anges pressés dans ce bleu glacé
    Me disent « c’est l’heure » j’leur dis « quelle heure? »

    Et vous, vous souvenez vraiment pas de c’qui s’est passé?
    Non, vraiment pas
    (Chacun fait, fait, fait c’qui lui plaît, plaît, plaît)
    Sous mes pieds, y a la terre
    (Sous tes pieds, y a l’enfer, chacun fait, fait, fait c’qui lui plaît, plaît, plaît)
    Mon Dieu, j’peux même pas jouir
    Tant pis pour toi, il faut dormir

    Alors j’me sauve dans le matin gris
    C’est plein d’cageots et pas d’taxi
    Les chats qui s’tapent leurs p’tits ronrons
    Des éminences, des p’tits bateaux
    Porte d’la Chapelle je m’sens pas belle
    Mes bigoudis sont plus en plis
    Dans mon studio, j’aspirateur
    La vidéo m’fait un peu peur

    Madame pipi a des ennuis
    Monsieur papa s’fait du tracas
    Dans les logis des mal lotis
    Bébé vomit sa bouillie

    Huit heures du mat’ j’ai des frissons
    Je claque des dents et je monte le son
    Seule sur le lit dans mes draps bleus froissés
    C’est l’insomnie, sommeil cassé
    Je perds la tête, mes cigarettes
    Sont toutes fumées dans le cendrier
    C’est plein d’Kleenex et d’bouteilles vides
    J’suis toute seule, toute seule, toute seule
    Pendant qu’Boulogne se désespère
    J’ai d’quoi m’remplir un dernier verre
    Clac fait le verre en tombant sur le lino
    J’m’coupe la main en ramassant les morceaux